‹ Traite D'Artillerie Theorique et PratiqueChapitre 91 sur 113 · Après le combat, les officiers d'artillerie en · texte numérisé non relu

Après le combat, les officiers d'artillerie en

38G OUGaNISATIOK , EMPLOI ET SERVICE. ■

> voÎDut recueillir l'arlillcrie, les armes, les cuirasses eC 1

> la buUlctcric restées sur le champ de bataille, s I Chaque cWf de batterie fait rassembler ses pièces, ses 1

caissons cl les voitures <le la réserve ; tl en forme un petit I parc, joiat le camp des troupes avec lesquelles il amarcbé I ou près desquelles il a combattu, et attend les ordres du I commaadaut de rarliitene nu du clicf d^état-majot de Is I divisioD. I

Il fait travailler avec activité aux réparations de son I matériel , et fait remplacer les armemens détruits ou bon- É d'état d'être réparés. Tous les caissons vides sont envoyés I au parc pour être cbargés ou échangés. ' M

450. j4lla(jue et défense des positions. Les inouv&- 1 mens de deux armées ennemies dans un pays accidenté,' I donnent Heu à des cngagcmens partiels, dans lesqud*..! rartilleric peut avoir à jouer, comme dans les bataillei(| générales , un rôle important ; cela a surtout lieu dani^ I Tattaquc et dans la défense d^unc position retraucbéey 1 d'un village ou d'un poste. I

Pour attaquer une position retranchée, le commandant de l'artillerie accompagne l'officier cliargé de diriger l'opération^ pour en faire la reconnaissance. 11 observe avec soin les chemins qui y conduisent , la nature des ouvrages et du terrain qui les environnent, et détermine en conséquence la position à donner à ses pièces.

Dans Taltaque des ouvrages de fortification , on place les bouches à feu et surtout les obusicrs , dans le prolongement des branches , pour les enfiler et pour ruiner les défenses accessoires. Les obus qui entrent dans l'ouvrage , parcourent toute la face et frappent un grand nombre d'Kommcs, ou des pièces (If^fi , 171) , soit pendant leur trajet, soit an éclatant (173)j les autres péuëtrent dans la face couvrante (172) et par leur explosion , dispersent les tcciTs (173) et découwent rintécieur de l'ouvrage.

SERVICé EN CAMPAGNE. 38^

Lés canons du plus fort calibre, sont places le plus à portée des attaques y pour tirer non-seulemeirt sur les retranchemens y mais encore sur les troupes en arrière , lorsque les oui^rages sont soutenus.

L^artillerie continue sou feu pendant que les colonnes d^attaque marchent sur les capitales des saillans et tant qu^elles ne sont pas masquées ; puis elle se met en disposition de soutenir les trotfpes , en cas de non réussite ou d'aune attaque de Fennemi, ou de suivre ces troupes, lorsque les ouvrages sont emportés.

431. Pour défendre une position retranchée, Ta disposition de Tartillerie doit être telle quelle puisse croiser ses feux sur toutes les avenues qui conduisent S cette position.

On place les pièces des plus forts calibres sur Fes points inaccessibles, sous la protection des ouvrages les plus susceptibles d^une longue résistance , et de manière à pouvoir tirer sans incommoder aucune partie des troupes.

Dans les postes les plus avancés , on met les pièces de petits calibres , afin de pouvoir les en retirer plus facilement. On emploie les obusiers à b&ttre les ravins, les chemins creux , les bois , les fourrés et les villages à portée de la position.

On place une plus grande quantité dWtillerie aux points dont Taccès est te plus facile, mais il n^en faut pas laisser d^arnies les parties qui paraissent le moins accessibles.

Si Tennemi est repoussé , Tartillerie continue de tirer sur lui , tant qu^il est à portée , à moins qu^elle ne soit masquée par les troupes envoyées à sa poursuite; si au contraire il faut céder, ou retire les pièces à mesure quMles peuvent être compromises , et ou les place en arrière de la position, dans des lieux choisis et reconnus d^avance , afin d^arrétcr ou de retarder la marche de Tennemi..

ORGANISATIOa ,

432. L'atUtquc ou la défense d'ua village est analogue ù celle d'une posiliuii ic tranchée ; on emploie surtout le tir à obus pour l'incûndier et forcer l'ennemi à l'évacuer. ,

AÔ3. Passade des rivières à force ouverte. Dans xa% j>i>ssagc de rivière à force ouverle, rarlilleric doit être disposée de maniùrc à battre, avec beaucoup de pièces , l'espace que reiincmi peut occuper pour s'opposer au passage, u la formation ou an déploiement des troupes sofla rive opposée. L'emploi de l'artillerie est iodispentiible pour que lea premières troupes puissent cfTcctucr leur passage.

kVl. Dans la défense d'un passage de rivière , on dispose les pièces du plus fort calibre, de manière à pouvoir tirer sur les porils et sur leurs débouchés , et prendre eu liane les troupes qui auraient déjà traversé. Les autres pièces seront disposées ciroulairement, pour rëuuir tous les feux sur les troupes. Si l'on peut reprendre l'offensive, l'artillerie continue sou feu , de manière à jeter le désordre dans les troupes, surtout sur les pouts et sur leurs abords.

iSS, Moyens de mettre une bouche à Jeu hors de service. Quand ou est force d'abaodouner des bôuclies à feu à l'enaeini , il làut chercher à les mettre bus d'état de lui servir, du moins dans les premiers momens.

Le moyen U plus expéditif , est de les enckiuer , c^està-dire , d'enfoncer un dou d'acier dans le canal de la lumière. Il existe de ces clous de dilTérentcs sortes , les uns sont de forme ordinaire , les autres ont des entailles à envie , qui empêchent de les retirer ; d'antres sont taillés en vis. On rive le bout de ces clous dans l'intérieur de l'âme par uu coup de refouloir , et pour cela la pointe est recaite ; ou brise leur léte , à fleur de la partie extérieure de la bouche à feu , pour empêcher de les saisir quand oti veut les r^rer. Pour augmenter les obstacles , on peut mettre âans la bouche à fiau , lorsqu'elle eft en*

clouée I d^ la terr« .glaise ott vn cylindre de b<w di^r d9^ le fond , et paidessul u& boulet dé calibre ^avet^ loppé de feàtre et enfoncé avec foroe.

436. Pour désenclouec une bouche à fisu, on peut quelquefois enfoncer entièrement le dou, en employant des repoussoir^, ou poinçons , do^ot la longueur est de plus en plus grande* Pour faire sortir le dou, on peut charger la pièce , puis y mettre «n ou dewç boulets enveloppés d^itoupes saupoudrées, el plusieurs bouchons, en ménageant toutefois une «epmmunicatîon arv^c la charge, i Taide d^unè aiguille qu^on i^etire ensuite $ on met le fiea au moyen d^iine traînée de poudre ou d^n brin de micbe à étoupilles et on répète cette opération pkiBients fois s^il est nécessaii^e ; on réassit «vdinairement après deux ou troi$ ooups«

On peut faciliter la sortie du clou en faisant avec une lime, une petite rainure autour de la téle^ et en j yeriant un peu dWde nvHÂquej pour ^r^oderle ctûvre* et élargir le canal de kiiaière. E^nfin , lors^e le elou vi^ siste à toùa ces mojr^ns , on creuse im carré dans le grain , on le dévisse et on en remet uft autre.

b5i7. On peut mettre une pièce h^rs de service en brisant ou en sciant un tourillon > o|i &ik tirant nti cotp à boulet conAre la volée $ mais avec une forte diarge , oii pourrait ne faire quW trcis sàni bavure, qui nVmpèckcM> raît pas dWe manîève absolue, de se servir de la bouche h feu; il faut employer utie cierge médiocre > pour tie produire dansTàme^iuWfiM enfonoeçient do métal , qui ne permet plus dlnlrddtiire un projectile ^ ce moyeu est dangereiix, attendu que le projectile sebri»^ eti éclats.. Oli peut aussi mettre une pièce hors deiiérvice, en tirant quelques coups av^o de» fragmene de boulets cassés, qui déchirant Tàme et produisant des éraflemens, empêchent dlutrodtiire des boulets de calibre. Un moyen sûr, mais

39* OBCANISHTION , «HPI.01 ET SERVICE.

puisse y inlroduirc un levier pour ic charger pur derrière ; le corps de robasicr repose dans des échancrures faites aux arçons du bât , les tourilluDs sont logés dans des eneastrcmens pratiqués dans les eutretoiscs et l'obusier est brèlé sur le bât, au moyen do courroies. L'aflut est placé sur le baut du Làt eutre les parties saillantes des cnli'etoises , Tessieu en avant de Parçoa de devant, ÏI est brèlé comme Tobusicr. Les roues sont appliquées sur les cAtés, le petit l>out des moyeux contre le bât, cliaquc fusée de l'essieu passée dans le Irianglcs formé par deux rais et uue jante ; elles sont reliées eu dessus et en dessous par des cordages. Les caisses à mtuiitîona sont suspendues de chaque côté du mulet au moyen d'anneaux. Les armemens sont fixés sur le corps de l'afiut , OU sur la cbarge d'un innlel portant des munitions.

kH. Le mode de porter à dos, le plus avantageux lorsqu'on est en terrain très- accidenté , n'est pas toujours nécessBirc ; comme il csige beaucoup de soins et de surveillance, pour que les animaux ne soient pas blessés, oo emploie avec avantage l'autre mode de transport, lorsqu'oa a une certaine étendue à parttourir, dans un terraia qui n'exige pas le transport à dos. On adapte la limonière à l'afràt chargé de l'ofaueicr et l'on y attelle un mulet.

443. Eu marche, chaque mulet est surveillé par att canennier qui observe le mouvement de la chai^ , surtout daas les montées et dans les descentes, pour en rétablir VéqttiDbre dans le cas où il se romprait; dans les pasEages dangereux , on lif l'obosiec avee des cordages qae Iss CBDOODiers tiennent eu retraite; quelquefois daosles passages diOlciles les caDonniers partent Is matériel à bras> Dès qu'on est arrivé au gîte , on doil décharger les muJels , mais il làut les laisser bâtes pendant deux heures , afin qae les partaos de l'animal , couvertes pac le bat et qui sont ea sueur, ne se refuoidîsseDt pasi trop rapidement.

SERVICE DANS LA GUERRE DE MONTAGNE. SgB

On visite alors les mulets , et si Ton aperçoit quelque Wcssure légère , on regarde la partie correspondante du bât et on corrige le rembourrage 5 deux heures après, et le matin avant de les bâter , on les visite de nouveau ; ce n'est qu'en prenant beaucoup de soins qu'on s'oppose aux progrès des blessures récentes ; les remèdes pourraient être sans effets > si les blessures existaient depuis long-temps.

445. Les pays montueux offrant continuellement des parties saillantes , et les chemins et les lieux où l'on peut s'établir se trouvant naturellement dans les vallées, les mouvemens d'une troupe peuvent être cachés facilement; aussi les surprises sont-elles les principales enti*eprises de la guerre de montagne ; il faut donc tout disposer pour en faire et pour ne pas êjre supris par celles de l'ennemi. Dans le choix très-important des positions , il faut chercher à remplir plusieurs conditions : enfiler les chemins et les communications ; éviter de se placer devant des tournans trop courts ; bien découvrir et pouvoir battre à bonne portée le pied des hauteurs où l'on est établi , c'est-à-dire à 400", et jamais à plus de 800" pour le tir à obus , et de 200" pour le tir à balles (175).

Si l'on n'occupe pas tous les défilés que l'ennemi doit parcourir pour arriver à la position où l'on est , il faut pouvoir les battre convenablement, ainsi que les ravins et les chemins creux ; on cherche à découvrir tous les replis de terrain et à faire éclater les obus dans ceux qu'on ne peut pas battre directement.

Pour défendre l'entrée d'une vallée , on se place* eu arrière et, «î-^'cnnemi s'y enfonce, on le prend d'enfilade ou de revers ; on veille avec soin à la conservation de ses communications avec les différentes parties de la position qu'on occupe.

3^( oRbAiiiwTiciit , nruii rr imticii,

•IKVICK UW TOUn tu CAMPACHII.

h'th. l.espoyt Jant Ici^ncli iinr amu^e peu! «voir J tnarclier ii* iiouva/it cou|)«!> par <lrt coiin d'can cjni | •enleot dct ubitadu ù ion passage, il faut qu'pllc f lea iDoyent du Iranclii.- cci oI>slacIn , boU m réparant I cotniniinicationa que IVnnnni a întcrrotnpnei , toit en en éUlilisuDt de nouvi-ll«i sur du potnU déterminés.

L'artillerie étant cliargér de la conitnictinn rt de I*«talttiMemetitdcapontade bateaux, et no ponvant compter sur Ici msourcet du pajm, fjue IVnnemi a soin <le iii~ truiro , conduit i 1» (uiledel'annL-e un «cjuipage depopl, OQ du raoini lei oLjcls indiipcntable* pour cette coulruetlon et qu'on ne peut pai ordinairement ac proncirer inr les lieux.

I.a cnmpoiiîtion d'un t-ijuipage pour un pnnagp délrrtniné, M) rl-^\r d'aprj:* la connaiMance, qu'on doit avoiri Tavance, do l'etpèce et de la nature de* cours d'eau h Ira» verser et du pnidi des pli» louids objets , ai)xqucl» le pool doit donner pasung'-.

IA-q-ni.i.;:<- -1.- (..ml .!<■ :i" b-itintix (TtH'i) mI siinisanl pour travencT un cours d*eau de 180 i 900", oa pour établir deux ponts de go à 1 00', qui sont souvent néceasatres pour faire passer l'armée sur deux colonnes, l'une pour l'infanterie, l'autre.pour les voitures.

'l'iS. Personnel. L'équipage de pont est commande par un oHîcier supéneur ayant sous ses ordres d'autrea oflicters et dei gardes. On attache deux compagnies de pontonniers à un équipage de 3o bateaux et une compagnie aux diverses portions d'armée , pour le passage des petites rivières , soit avec une partie de l'équipage de pont , loit en moyen d'une nacelle et des agrès , outils , cordages les plus nécessaires , portés par un baquet et une voiture, et en profitant des resource* locales.

SEâTlCB DES PO!ITS. SgS

Un équipage de quatre bateaux peut serrir pour élaMIr un pont de 36 a 87"^ de longueur, en pontant a grande portée (317) , et un équipage de huit bateaux suffit pour un pont de 66 à 67"^ destiné au passage dHine armée, ou de 53" pour le pa»age dHm équipage de si^.

&46. Conduite des équipages de ponMs. Le choix de remplaoementdu parc d^un équipage de pont et la cou* duite des toitures, demandait les mêmes soins que ceux des autres équipages d^artillerie (407 a itS):

Uordre de mardie déterminé par edui des besoins dans la construction du pont , doit être constamment le même dans les mouTcmens en atant et dans ceux en arrière : I* les baquets diargés de nacdles ; a* un diariot de parc diaigé dW corps mort, de piquets , de masses et dW dieraletà diapean molHle; 3* altematiTemait deux baquets diaigés de bateaux et un diariot de parc diargé de madriers ; ^ un diariot de parc diargé d^un corps mort , le baquet de rediangeetles autres diariots de parc chargés d^agrés ; 5* les diariots de parc avec les caisses d^outils et les fbfges. Si cependant on repliait le pont en présence de Fennemi , les Toitures fileraient à mesure qn*dles seraient diaigées, et on rétaUirait, aussiiftt quV>n le pourrait, l-wdre r^ulier prescrit qui içsl nécessaire pour établir un pont arec câérité.

L^équipage de pont doit toujours être prtt à se porter le plus promptement possible aux endroits ou Ton doit effectuer le passage, ou le simuler, et la position du parc doit être dioisie en conséquence.

hkl. PriemtMons à prendre en rouie. Si Féquipage marche afacTarmée, les compagnies de pontonniers suffisent pour former Fescorte et la garde du parc ; mais si les mauvais chemins ou si toute autre cause fi>rcent Féquipage à rester en arrière, et que Fon craigne des partis ennemis , on doit le fiire escorter comme les autres cou-

3gfi ORCA.V1S\TIOH , KMPLOI ET SERVICE. I

vois ; les ofllucr« ptacûx le long Je la colonne , siirveilleut 1 le brt^age des voitures, l'état des roues, la charge des | bateaux, etc., et font resserrer les coidages qui mollissent ; ils doivent surtout empêcher les ponton niei-s et les soldats du Iraio démettre dans les batcuuxet les nacelles des objets étrangers à leur chargcucut.

A la suite des i^randes pluies, il faut faire vider les bateaux , afln de diminuer la clurrgc du foad el de conserver les objets qu'ils portoal; au contraire, ou les arrose si le fond ic dcss^clic ; ces précautions sont surtout esscuticllcs avant 1 époque d'un passage , pour que les bateaux lic prennent pas tVau quand on les emploie. Sui'Ies Icrraius déversés et dans les chemins trës-inclisés et aeciduutés , on soutient les baquets en amarraul des cordages aux poupées et en faisant retenir les bateaux et les nacelles par les pontonniers qui marchent à côté des voitures- Si, malgré ces soins, un liaquct versait, on le relèverait sans le déchaiger, on employant à cet efièt des ' cordages et des crics.

khS. Einbanjucmcnt du nmtèriel de Vcquipage de patit. Lorsi[uo Ton doit faire voyager par eau le malériel d'un pout de bateaux, on embarque dans chaque bateau les madriers , les poutrelles , les cordages et les agrès nécessaires à une travée et pour les rechanges.

On place viugt-uu madriers en trois piles sur le fond du bateau, au milieu delà longueur, et huit poutrelles sur deux de hauteur, dans le milieu de la largeur et sur* l'arrière du bateau, et on les brële à l'avant et à l'arrière ; l'ancre se place sur le devant, son cui'dage sur l'arrière, les autres objets sous Jes poutrelles, derrière les madriers; les bateaux, ainsi chaînés, peuvent être conduits à la rame ou à la galTe.

Lorsqu^on veut faire voyager par eau un équipage de pont, on forme des trains avec les bateaux ; on y établit

SERVICE DES POMTS. Sg^

uu tablier sur lequel on dispose les voitures et te matériel de Téquipage. De cette manière « on obtient plus de stabilité que si les bateaux étaient isolés ; on peut faire ce^ trains avec deux, ou trois , et même quatre rangs de deux ou de trois bateaux , suivant que le thalweg est plus ou moins rétréci, et que les tournans sont plus ou moins courts.

449 . Emploi particulier des pontonniers pour le sers^ice , des parcs. Dans les pays où le parc général peut s^alimenter au moyen des transports par eau ; on affecte des détachemens de pontonniers à chaque convoi de bateaux ; ils sont char^ gésy non-seulement de conduire le convoi^ mais encore de veiller à sa garder ils sont aidés par les bateliers du pays» mis en réquisition , ou avec lesquels les commandans dVrtillerie , placés dans les dépôts , ont passé des marchés*

450. Passages de rif^ières. Les passages de rivières à force ouverte ont généralement lieu sous la ptoteotiou de batteries établies sur la rive de départ. On assure en outre le succès de Fopéifation) en passant des troupes sur la rive ennemie , pour que les pontonniers puissent exécuter leur maaoeuvre sans être sous le feu ; on sipiule aus4Î des passages sur plusieurs autres points, potlr divisOr* les forces de Tennemi et pour détourner son attention. Le ppint de là rivière à préférer est un tentrant^ parce que les batteries placées en avant du cOudci permettent de croiser les feux sur la plage opposée et forcent Tennemi à s^étoirgner davantage. Le moment le plus favorable au passage est ordinairement le point du jour, parce qu^on a pu (aàre ' pendant la nuit tous ses préparatifs et les avoir cachés à Tennemi; c^cst ainsi, qu^en 1809, lors de la bataille de Wagram , un pont de bateaux de 1 80" de longueur , construit dans un petit bras du Danube, derrière une lie, descendit dans le fleuve, tout d^une pièce et fut jeté en très-peu de temps, par un quart de conversion \ une di-

39S ORCAniSATION , EMPLOI ET SERVICE.

vision était passée de l'autre côté, avant que reaneml s fAt aperçu de l'établisse me ut du pont.

Ou 110 doit commencer les ponts qu'après s'être rencJa maître des deux rives ; dès que l'équipage est arrivé à proximité de la rivière, les pontonniers déchargent les nacelles et les bateaux , les traînent jusqu'au bord de l'eau, puis les lancent et les disposent pour l'embarquement des premières troupes destinées ù t'attaque de la rive opposée ; le reste de l'équipage arrive ensuite et on construit le pont, pour le passage de l'artillerie et des autres troupes ; quand ou veut faire passer l'artillerie avant d'avoir établi le pout, ou la transporte sur aes portières ou ou la démonte et on la passe dans des bateaux.

Dans les mouvemens rétrogrades , oa replie le pont soit par un quart de conversion , soit avant le passage des dernières lioupcs , qu'on ramène sur des ponts vulans. Les bateaux qu'on ne peut retirer de l'eau , sont coulés à fond au moyen de trous percés à l'avance et bouchés avec des chevilles, ou d'obus qu'on fait éclater. En général on détruit , quand on en a le temps , le matériel qu'on ne peut emmener.

km. Ordinairement t'avant-garde d'une armée a une -compagnie de pontonniers et un équipage composé de quelques bateaux et d'une nacelle , qui sert à jeter nn pont sur des rivières de peu de largeur , pour le passage de Tarmée et du matériel de campagne ; quand on nV pas cet équipage, la compagnie de pontonniers doit être pourvue d'une nacelle sur son baquet et d'un chariot d'outils et d'agrès; ce matériel lui offre les moyens de construire, suivant les circonstances, des ponb de bateaux de commerce, de radeaux ou de chevalets.

Pour opérer avec célérité, on a recours aux constructions qui exigent le moins de temps et do travail. A leur arrivée sur les bords des rivièi'cs , les ponton-

SERYIGE DES , PONTS. SqQ

itîers rassemblent les bateaux dout les troupes d^avantgarde ont pu s'^emparer ; ils réunissent les madriers , les poutrelles, les fers, les charbons qu^ils trouvent dans les chantiers et dans les magasins , ou qu^on s^est procurés par la démolition des maisons, des usines et des machines. On cherche aussi les cordages et leâ ancres chez les bateliers du pays , et s^il est nécessaire , on prend les cordes des cloches et des puits.

452. Si les batpaux et les agrès trouvés sur les lieux ne suffisent pas à rétablissement d^nn pont , on construit des ponts. volans ou dès trailles, pour le passage de la cavalerie et pour celui des voituxes ; le reste des bateaux est employé en même temps au passage de Finfanterie. A défaut de bateaux, on construit des ponts de radeaux eu de chevalets avec les matériaux qu'ion rencontre , en se servant des outils de la compagnie. Les agrès portés sur le chariot et dans la nacelle , suffisent pour rétablissement •des ponts sur les petites rivères.

Si la rivière n^est pas profonde, on fait usage de chevalets, quW peut quelquefois remplacer par des chariots du pays ; au- delà de deux mètres , il serait trop difficile dMtablir les chevalets , à moins que le courant ne fut trèîi - faible ; sur les rivières profondes, on construit des ponts de radeaux. On établit des chantiers sur la rive, près de Fendroit où doit se faire le passage; on envoie les compagnies de pontonniers dans les forêts abattre les arbres, couper tes courbes, ^quarrir les poutrelles et débiter les madriers. On recherche avec soin les ouvriers du pays , les scieurs de long surtout , et Ton prend des mesures pour les garder pendant tout le temps nécessaire; si Ton manque d^ancres, elles peuvent être remplacées par des meules de moulin, des cloches, des panniers ou des caisses, remplis de pierres ou de boulets. Lorsqu^on n^a pas assez de bois pour construire des ra-

^0" liniiAMlSATlON, EMPLOI ET SERVICE.

(Ic3ux, on forme Jcs châssis, soutenus au-dessus de Vcau par lies tonnes vides, tics caisses, des outres soigucusclucnl bouchées et fixées aiix poutres qui doivent porter lo* poutrelles du pont.

Quand les compagnies de pontonniers n'ont ni matériul, ni outils, on rassemble les outils, les boït, les fers, les soufflets, les cordages que Ton peut trouver, et Von clicrclie à profiter de tontes les ressources »jue présentent tes localités.

/i53. Ponis de cordages. Les pouls de cordages servent au passage des ravins profonds , lorsque Tescarpenicnl des bords ne permet pas d'employer des cbevalefs ; ils servent aussi à remplacer les arches rompues. L'équipage de pont comprend en cordages, agrès, bois, etc., tout ce qui est nécessaire pour établir un pont suspendu de 4"" ^'^ longueur et qui peut servir au passage des troupes et de Tarlillerie de siège.

SERVICE □£ l'artu-lebib dans les sièges. ^b

45^1. Lorsqu'une armée dans le cours d'une guerre est obligée de (aire le siège d'une place forte , elle a besoia d'un matériel d'artillerie incomparablement plus considérable que celui qu'elle traîne à sa suite en campagne ; le temps nécessaire à la réunion de ce matériel , les dépenGei et les embarras qui en résultent, font qu'on évite Butant que possible de faire des sièges , et le plus souvr^t on n'ootreprend ces opérations , toujours très-diffieiles , et qui penvent avoir de graves conséquences, que quand elles sont indispensables pour réduire un pays , ou poor" priver l'ennemi de ses resources et de ses points d'appui.

Dans les sièges , l'artillerie est emplc^ée à protéger les travaux , à réduire au silence le feu de l'csnemi , à chasser de leurs logemens les troupes qui s'opposent aux approcbes, à ruiner Jes travaux de défense et enfin à pratiquer

des brèches pour frayer un passage aux troupes atta-^ quantes.

455. Composition et Jonctions de Pétat-major de FartUIerie. Une armée de siège a^ comme un corps d^armée' agissant isolément, un général commandant de rartillerie, un colonel chef d'état-major, dés officiers supérieurs et des capitaines adjoints ; le grand parc est commandé par un colonel directeur, ayant sous ses ordres un officief supérieur sous-direeteur , d'autres officiers adjoints, des gardes et un maltre-artificier.

Les troupes dVrtiUorie nécessaires pour un si^ se composent : de eanonniers, environ la par bouche à feu employée au siège, tant pour la construction des batteries , que pour Pexécution des feux ; de compagnies d'ouvriers pour exécuter les réparations et les constructions que la route et le feu de l'ennemi rendent nécessaires ; de pontonniers, lorsque la place est établie sur des cours d'eau ; de compagnies du train des parcs, pour les convois et pour les mouvemens du matériel.

456. Le général commandant de l'artillerie, coor-. donne le service de cette arme avec celui des autres troupes 3 il a la haute surveillance sur tous les travaux de l'artillerie, et c'est à son état-major que toutes les demandes doivent être adressées.

Le chef de l'état-major de l'artillerie reçoit les demandes des difierens chc& de service, et leur transmet les ordres; il règ^e la distribution des bartteries, en reconnaît l'emplacement avec les capitaines qui sont cbar^ gés de leur construction, les visite souvent et fait les demandes de travaUleurs et d'auxiliaires nécessaires. Les chefs d'escadron peuvent être désignés pour diriger spécialement une attaque; dans ce cas, ou lorsqu'ils sont de tranchée, ils visitent les batteries et dirigent les tra« vaux ; ils donnent tous les ordres provisoires que les cir-

40S OM^ANISATION, EMFLOI ET SERVICE.

coDstances cxî|;cnl et en rendent coDipte au général a arlillerie.

Uu oOîcicr supérieur commande le personnel et désire thaque jour les caDonniers pour les batlerics et les Invail- Icurs pour lo grand parc.

'i57. Le capiuiiie qui commande une batterie est responsable de sa prompte et bonne exécution; il doit présidci: à sa construction et à son armement.

Indépendamment du capitaine commandant la batterie, un autre officier est toujours présent , commande les détacbcmcns de travailleiu-s et est relevé avec eus. Dés quVn a commencé à tirer, il sulHt qu^il y. ait continuel- ' lemcnt un ollicicr de service; le capitaine commandant ne marche plus qu'à sou tour.

Tous les jours, le clief de chaque batterie envoie un SOUS' otlîcler porter au directeur du parc, l'état de ses besoins; il le fait porter asscs à temps pour que le nouveau détachement puisse être chargé des menus approvisionnemens demandés. Le même sous- officier sert de guide à la troupe qui relève les canonnicrs de service à la baUerie ; la pondre , les bombes «t les obus sont fg- Douvelés par convois à Tentrée de la nuit.

Les détacbemens sont relevés deux heures avant la fin du jour, afin que le nouveau commandant ait letemps d^éxaminer l'objet et VeSet des batteries. Il prend consaissance, en arrivant, de rapprovisionnenient et profite du retour du détachement relevé, pour demander au directeur du parc ce qui lui manque; il y est pourvu, soit snr-lo-^bamp par des ordonnances , soit par les convois qui ont lieu à Tcntrée de la nuit.

458. Le directeur du parc, aidé et suppléé an besoin par le sous-directeur, est chargé de la disposition et de Tarrangement du parc, de remplacement des magasins; il règle le service des compagnies d'ouvriers et ^ sur Tordre

du général , il fait délivrer aux batteries fe matériel d'artillerie et les autres objets nécessaires.

Les capitaines adjoints sont chargés de la surveillance des différentes branches du service et sont attachés aux différentes attaques, pour veiller à Tapprovisionnement des batteries.

Les gardes sont chargés de la conduite des convois et des voitures , du soin des magasins et de la comptabilité ; les maîtres artificiers font confectionner l'es munitions , etc.

Toutes les personnes employées dans le parc exercent une grande siuveillance y pour éviter les accidens et pour empêcher les vols.

459. Bouches à Jeu. Le matériel d^artillerie dé si^e se Éon^pose de calibres différens^ pour remplir les dvvers buts quW se propose.

Les canons de gros calibres , de 24 et ^^ i^> sont spécialement destinés à détruire les obstacles très-résistans , tels que les escarpes , pour livrer passage aux troupes as-^ saillantes y les b.àtardeaux , pour faire écouler les eaux et vider les fossés. . *

On pourrait employer des canons dé 12 contre des revétcmena ordinaires et à de petites distances , mais le 2 4 ^^^ indispensable contre des revètemens très-épais , ou pour battre en brèche dW peu loin, parce que les boulets de forts calibres , produisent' dans la maçonnerie , des enfoncemens plus considérables que les autres (148), et qu^ils perdent moins de leur vitesse pendant leur trajet dans Pair. Lorsqu^on est obligé de monter les canons dans les ouvrages enlevés, pour battre en brèche les ouvrages en arrière, on emploie le calibre de 16, qui est plus facile à monter et qui a une efficacité suffisante dans

le tir à petite distance (*).

(*) Dans des expériences faites à Metz en 1834 , on a pu monter en une heure, un canon de 1^ sur son affût , du fond du fossé jusque dans la batterie, sans sortir du cheminement pratiqué sur la brèche.

Les caooiis st^rvcnt aussi ù percer les parapets , cl les traverses, à détruire lus cnibr<i.5urcs Ot à ricocher les facra (les ouvrages de la place.

460. Les obus prnduiBBnt d'abord l'efrel de projectiles pleins et éclatant ensuite dans les milicus. où ils ont pénétre, leurs effets sont très-destructeurs j ils sont employés avantageusement à ruiner les parapets de l'assiégé, k découvrir l'intérieur des ouvrages , et permettent de détruire les traverses et les défenses extérieures qui ne sont pas vues de la campagne.

L'effet do Texplosioa augmentant avec la quantité de poudre que contient le projectile, il y a avantage à faire usage d'obus de fort calibre, surtout de ceux de 8^, qui peuvent être chargés de deux kilogrammes de poudre ; mais quand il n'est pas uécessaire de produire de grands effets d'explosion , on emploie des obat<iers de 6', que l'on tire des batteries de l'équipage de campagne de rarméc assiégeante.

461. Les mortiers servent à ruiner les établisseineBs de l'assiégé , tels que les casernes , les blindages , les magasins à poudre, etc. et à inquiéter les troupes placées dans les bastions , dans les fossé< et dans les divers points oft il serait dillldle ou imposible de les atteindre par le tir {4us direct des canons et des obusiers.

Les mortiers de la^ et de lo' sont nécessaires pour enfoncer les voûtes et les forts blindages ; ceux de 8' ont un effet suffisant sur de faibles blindages, et on les emploie aussi pour tirer sur des rasseniblemens de troupes. Les mortiers de 6^ et de s4 ^<^°t sufUsans contre des hommes ; dans ce cas on se sert aussi de pierriers.

ft62. L'efficacité du tir du fusil d^infanterie étant trèsfaible, même à la distance de soe*", on emploie avec avantage des fusils de rempart, dont l'efficacité est plus grande surtout contre les objets éloignés (i07).

463. Composition des équipages de siège» La connaissance du plan de la place' et du nombre de bouches à feu qui la défendent , n'est pas une donnée suffisante pour déterminer avec précision le matériel nécessaire à Fattaqne; il faut encore*- considérer Tétat de Tarmement, à Pépoque du siège , et coiuiattre la force de la garnison, le nombre des blindages, des traverses , etc. , qui abritent la défense. La nature et Tétendue des ouvrages influent sur les proportions et sur les quantités de projectiles et de bouches à feu de différâtes espèces à employer.

Autrelbis on faisait usage d^ilne grande quantité d'^artitterie, tant à cauise de Timperfection du matériel > que parce qu^on ne savait pas en tirer tous les ^ets , qu^on petit espérer de sou boa emploi. Ainsi , en 1472 9 le àxiQ de Bourgogne employa un ^ainde quantité de bombardes tirées continuellement pendant quinze jours, pour battre un seul point des remparts de Beauvaia. Dans le 16" siècle, les équipages d'^artillerie allemande ^ts^e^t ainsi for^ mes : 4 canons de brèche , du caUbre de 100 ; 10 de 5o à 70; 5 de ao; 16 de 16; 10 de 10; 10 de 7; i5 de 5 ; 4o de plus petits cblibres; 6 mortiers et la pierriers^

Malgré les perfectionnemens qui furent apportés plus tatà au matériel de Fartillerie , Tattaque des places exigeait lenoore Temploi de grandes quantités » débouches à feu ; Téquipage de siège de Tarmée impériale devant Bude, en x686, se composait ainsi: la canons de 4^» 5o de a4; a6 de la; 36 de calibres moyens ; 80 .pièces de régiment ; 3o mortiers, dont 8 de très-gros calibres et ra obusiers. Aux si^es de Namur, en 169a et 1694 > on employa 160 à 180 canons et 55 à 60 mortiers ; au siège de Liège , en 1 70a , on employa lao canons , 60' mortiers ou obusiers, et en outre 3po petits mortiers; en 1703, au si^ de Brisac , on ^nploya 48 canons de

4o6 ORCA.flSATIOK , EUPLOI ET SERVICE.

li( , ^a de plus petits calibres et ^o mortiers ; enfin , a >i^e de Tariu , cd j -joG , on employa i o^ canons de a^ 7 16 de 16, 17 de 13 , 4^ ^^ petits calibres, i3 obusiers et 46 mortiers.

464. Diflërens projets d'équipages de siège ont été r^lés d'après les mêmes bases que les précédens ; mais rénorme quantité de moyens de toute espèce, qu'exige un aussi grand nombre de bouches à feu , oblige maintenant , avec notre système de guerre , de les réduire considérablement ; d'ailleurs ces quantités de matériel ne sont pas indispensables , lorsqu'on en fait un emploi bien raisonné. Aussi dans les dernières guerres les équipages de siège furent souvent assez faibles ; au siège de Sctweidnitz, en 1807, on n'employa que8 canous de 2^, ly de 11, 8 obnsîers de 8' , 4 obusiers de campagne et 6 mortiera de lo""; à celui de Méquinenza, en i8oy, on employa 6 canons de a4 et is de 16; et à celui de Badajoz , 6 canons de a4 > '^ ^^ i^ > 4 obusiers de 8^, 4 mortiers de 10' et 6 de S"". L'équipage ordinaire de siège , actuellement adopté en France , est do io à Sa canons de a4 > 20 à 56 de 16 j 12 à i4 obusiers de 8', 10 à i4 gros mortiers et 6 à 8 petits mortiers ou pierriers ; ea tout 80 à ^ bonches à feu.

Les canons de la et les obusiers de 6' des batteries de campagne qui accompagnent les troupes de l'armée attaquante, peuvent être employés, dans plusieurs circonstances , en remplacement de bouches à feu de siège , ce qui permet de diminuer le nombre de celles de l'équipage.

Quoique la proportion des espèces de bouches à feu et celle des calibres dussent varier avec les circonstances, on a adopté dans les différens pays, des bases générales (lour la formation des équipages de siège ; en France , oiV a fixé, en i8a4) les proportions suivantes par' rapport au

nombre total des bouches à feu : | en canons de 24 y | en canons de 16, j en obusiers de 8', ^ en mortiers de gros calibres, ^ en mortiers de 8' et autant en pierriers. Depuis peu on a cru .devoir diminuer le nombre des canons de 24 y ^^ augmenter celui des pierriers ^ cependant, le tir de cette dernière bouche à feu est peu eflScace (196), et l'emploi de mortiers de & ou de 24 présenterait plus d'avantages (190). En Autriche, la proportion est j en canons de 24 > I ^^ canons de 16, •— en x canons de 12, ~ en obusiers, | en mortiers de gros calibres , | en petits mortiers et -^ en.pierriers. En Prusse, ^ en canons de 24 1 7 en canons de 12, -p;;^ en* canons de petits calibres, 7 en obusiers^ -^ en gros mortiers, ~ en petits mortiers et ^ en pierriers. On emploie des fusils de remparts, pour tirer sur les canonniers de la place afti travers des embrasures , à raison de ^o à So par attacpie*

465* Le nombre et Fespèce de bouches à feu nécessaires pour le si^ d'une place, étant arrêtés, il reste à déterminer Tapprovisionnement à transporter; cette dernière quantité est variable et dépend de la durée du siège que la vigueur de la défense peut prolonger ; dans tous les cas, l'approvisionnement pour chaque bouche à feu, ne doit pas dépasser le nombre de coups que celle-cî peut tirer avant d'être mke hors de service. La limite de l'approvisionnement adopté est généralement fixé à 1000 coups pour les canons de 24, à 1200 pour les canons de 16 et à 800 pour les obusiers et les mortiers ; mais cet énorme approvisionnement n'est jaDQiais consommé, aussi^on a proposé de le réduire à 800 coups par canon et à 600 coups pour les obusiers et les mortiers.

Dans les dernières guerres , beaucoup de sièges ont été faits avec Ses approvisionnemens moindres, même dans le cas de défenses vigoureuses ; ainsi en Espagne, dans les sièges de Lerida et de Taragonê, l'approvisionnement

{o8 onCAiriSATioit , EMPLOI i

ne dépassait pas 700 conps , et à cpIuî de Badajoz , 3 était de 3oo à 5oo coups par boaclic à feu ; dans les derniers sièges de Schneidnits et de Breslau, on n^avoâ même que ^oo ù 3oo coups par pièce.

Ainsi le nombre de 800 coups par canon , et de 600 coups par mortier et par obustcr, peut être réduit data beaucoup de circonstances ; ces nombres comprennent ao. coups à balles pour les canons et pour les obusiers, lo reste est à boulets ou à obus.

&66. Le nombre de coups par bouche à feu, &ela (juantité de projectiles à transporter ; quant à la quantité do poudre , elle varie suivant les charges employées ; avec les canons , les plus fortes charges en usage étant celles de j du poids du boulet , pour le tir de plein fouet , et celles de ■'- pour le tir en brèche , tandis que le tir à ricochet s'exécute avec de très-faibles charges, on a fixé la quantité de poudre par coup à \ du poids du boulet j elle est fixée à 1^,76 pour chaque obus de 8' , à 4'' par bombe de fort calibre, k r'',25 par bombe de 8' et à o'',^5 par obus pour mortiers de 6'' el de aif j ^^^^ pour la charge du projectile, que pour celle de la bouche à feu , et à o*,5o par coup de pîcmers. A cet approvisionnement on ajoute ;*j en sus pour la confection des artifices , les mines , etc. 467. Chaque bouche à feu de Téquipage de siège est pourvue de son affût ; le nombre des aflluts de rediange pour remplacer ceux qui sont brisés par le feu de l'ennemi, est ordinairement de \ pour les canons de 24 , les obusiers de 8^ et les gros mortiers , et de ^ pour les canons de 16 et pour les mortiers de 8'.

Les voitures nécessaires au transport sont : un chariot porte -corps, par mortier de gros calibre et par pierricr, un pour trois mortiers de 8' et un par chargement de 2000'' en gros projectiles ; des charrettes de siège en proportion suffisante pour le service des Iran-

tîhées, une par deux bouches à feu, chargées chacune tTun poids de 700^ en projectiles ou objets divers ; des forges approvisionnées et outillées; quelques triqueballes ; des chariots de batterie , à raison d^un pour 200 chevaux ; enfin des chariots de parc pour porter les projectiles^ la poudre et les autres objets nécessaires, chargés chacun de 1200^ environ. Ces objets sont : les arméniens, les assortimens et les plates-formes pour bouches à feu ; des rechanges et des approvisionnemens en bois et en métaux ; des ustensiles d^rtifice , des artifices confectionnés ; du plomb pour balles d'^infanterîc et de fusils de rempart. Il faut en outre quelques chèvres, une machine à remettre les grains de lumière , des cordages , des ipachines et engins, comme crics, chevrette?, etc.

L'équipage comprend encore des outils tranclians pour la confection des fasci^àges et pour le débit des bois de plates-formes , des outils à pionniers pour la construction des batteries (*).

468. Transport des équipages de siège, La grande quantité d'approvisionneméns , que le sîége d'une place nécessite, exige des moyens de transport considérables; ^ans les anciens équipages de siège, on comptait généralement 5o voitures et 1S0 chevaux par bouche à feu, et pour un équipage de 100 bouches à feu, on avait 5 000 voitures et 2 5 000 chevaux; les difilcultés de se procurer de tels moyens de transport et de les faire mouvoir, surtout à proximité d'une armée ennemie^ ont souvent fendu des siégea impossibles. Un équipage de siégé, approvisionné à un même nombre de coups , avec les voitures du nouveau matériel , exigerait 28 à 29 voitures et 160 chevaux par bouche à feu.

(*) Pour plus de détails sur les approvîsonnemens , voir les aùjle^ mémoires k Pusage des officiers d^artîUerie.

4tO IIKOANISITIUK, ËMTUOI ET SEGVICE.

Cot équipage, encore trop considérable pour les moyens qu'où possède généralement , doit être réduit , en uc portant rapprovisioiinement cju'à 800 coups par canon , et Il fioo par mortier et obusicr. Comme maigre toutes ces réductions, on n'a jamais les voitures d'artillerie et les chevaux nécessaires à un tel transport, on cberebe à prolîter de toutes les ressources, que Ton trouve dans la contrée, et des facilités que peuvent présenter les cours d'eau qui traversent le pays. Le transport d'une grande partie des approvisionnemcns , se fait ordinairement par des convois , avec des cbcvaux de réquisition ; mais en supposant que les ressources du pays puissent suffire à tout le transport, ïl faut toujours avoir assez de chevaux du train des parcs , pour armer et approvisionner les batteries et pour atteler au moins toutes les bouches à fcui dans le cas oi\ l'on serait forcé Je lever le siège.

469. Cette grande quantité de voitures ne peut pas se mouvoir réunie , et n "a nas besoin d'ailleurs d'arriver en même temps ; on la divise en plusieurs parties qui forment des convois séparés de 4oo voitures au plus; i\ est souvent convenable de réduire ce nombre de voiture à la moitié et même au tiers , et de donner à une partie des convois des gUes intermédiaires entre ceux des autres convois.

La répartition des bouches à feu et des approvislonneniens est faite de telle manière que les divers objets arrivent suivant l'ordre dans lequel ils sont employés aux opérations du siège , et avant les époques où l'on en a besoin ; les objets de même espèce doivent être répartis dans plusieurs convois, afin que la perte on le retard de Fun d'eux ne puisse arrêter le siège.

Souvent on peut faciliter et accélérer le transport de l'équipage, surtout dans les pays qui présentent beaucoup de ressources en chevaux , par l'établissement de relais sur la route à parcourir.

470. La conâulte des convois demande les mêmes* soins et les mêmes précautions que ceux dont il a été question dans le service en campagne (407 à 410). Quand le transport a lieu avec des voitures attelées par le train des parcs d^artillerie, la discipline militaire suffît pour la conduite des convois; mais quand tout, ou une partie du convoi, est attelé avec des chevaux de réquisition, ou porté sur des voitures du pays , il faut prendre que^ques dispositions particulières , pour assurer Tordre et la disci-^ pline pendant la marche, la surveillance des voitures et des attelages, lesquels ne se trouvent pas toujours disposés de la manière la plus convenable pour ce service ; à cet efiet , on divise et on subdivise le convoi , en un certain nombre de parties ; les plus petites subdivisions, composées de quelques voitures , sont placées chacune sous la direction d^un canonnier ; des groupes de <m3S subdivisions sont surveillés par des brigadiers, et le& grandes divisions le sont par les sous-officiers.

471. Emploi des bouches à Jku, L^espèce débouche à feu et le genre de tir à employer^ doivent varier suivant la nature du but qu^on veut atteindre, suivant son empla* cément derrière des épaulemens ou des^ traverses^ et suivant la position qu^op oocupe par rapport^ aux ouvrages attaqués. Si les objets à' battre sont vus de Textérieur de la place , on peut employer le tir direct 5 on peut même> en employant le tir d^enfilade , les atteindre de points exté* rieurs, d^où ils ne sont pas vus, pourvu qu^ils soient à une assez grande dislance des abris qui les couvrent dans la direction de la bouche à feu.

Le tir direct , le plus simple des deux , a été employé de tout temps ; le tir d^enfilade Ta été dès iS^s , au si^e de Harlem et en 1644? ^u siège de Gravelines; il nV été employé d^une manière méthodique , et les règles qu^on doit suivre dans son emploi, n^out été fixées qu^en 168&2

^1» (iRIJANISATION , EMPLOI ET SERVICB.

p»r Vaubani mais il n'est arrivé à ud graml degré Je perfection qu'au sityc d'Ath, en 1697.

'l72. Comme ordinairement, les bouches à feu et les aAfits ne présentent que peu de surface au-dessus du [laripct ou par les embrasures, et que, par suite, on li'a que peu de cliancc de les atteindre directement (145), on emploie en même temps le Ur d'enGlade ou à ricocbct, dont l'eilicacité a été indiquée (^k& et i71); 011 choisit celui de ces deux tirs, qui présente le plus de chances d'atteindre, lorsqu'on n'a pas les moyens de hattrc les ouvrages , des deux manières à la fois.

Les batteries placées dans le prolongement de faces d'ouvrages , pour le tir d'enfilade , peuvent le plus souvent être disposées de manière à battre de plein fouet la face adjacente , et alors on emploie successivement et suivant les circonstances, celui des deux tirs qui oflre le plus de chances de succès.

Le tir de plein fouet s'exécute ordinairement avec de fortes cliarçes, pour produire le plus d'effet possible et donuer les cliauces d^atteiudre les plus graudcs (l'iG^; mais le lir d'enfilade s'cxécuLe aveu de fortes ou avec de faibles chaires, suivant la position des objets à frapper relativement à la masse couvrante.

473. Sur une branche d'ouvrage armée de plnsiem^ boudies à feu réparties, sur la longueur, le tir d'enâlade à graude charge, présente beaucoup de chances d^atteindre ces objets, et le projectile perce>les traverses qui n'oat pas une graudc épaisseur ( IkS ) ; mais la trajectoire étaat peu courbe et par couséqucut peu iDclinée par rapport aa plan de l'ouvrage, le projectile ne peut pas atteindre les objcb peu éloignés des masses couvrantes.

Le tir à petite charge donne moins de justesse que le (ir à grande charge et le projectile frappe avec moiDS c]« force ; mois la trajectoire ayant une assez grande cour-

bure , le projectile peut plonger dans l'ouvrage et atteindre des objets placés à une petite distance de répaulement ; il peut de plus ricocher sous d'assez . grands angles , pour passer an-dessus des traverses et frapper plusieurs objets. Comme les projectiles ne sont alors animés que d'une iàible vitesse , ils doivent posséder une grande m^sse pour produire un effet suffisant; aussi les boulets de petit calibre ne sont pas employés à ce genre de tir.

474. Les obus sont employés à détruire les parapets, par l'explosion de la poudre qu'ils contiennent ; dans ce cas le tir est direct et a lieu à forte charge , avec l'obus rempli de pondre , afin de produire de plus grands enfoncemens et de plus grands effets d^explosion.

Les obusiers sont employés comme les canons pour le tir d'enfilade. Les obus tirés à fortes charges , qui sont arrêtés parles traverses ou parles épaulemens, y pénètrent et en éclatant , ils les détruisent en partie et découvrent la face enfilée. Les obus tirés à petites charges , produisent de ftiibles enfbncemens dans les traverses, mais par leurs éclats ils tuent les défenseurs , ou brisent le matériel ; leur poids considérable et la fiiible vitesse qu'on leur imprime les rendent très -propres à ce dernier tir, pour plonger derrière des épanlemens ou des traverses.

475. Lorsqu'on veut battre les parties de la place qui sont à l'abri àei coups directs et du tir d'enfilade , on doit employer le tir des bombes. La chanoe d'atteindre par ce tir (490) est moins grande que pour les autres bouches à feu , aussi on ne l'emploie généralement que contre des buts d'une grande étendue , comme les magasins , les casernes , et contre les rassemblemens de troupes.

Pour tirer sur des points peu éloignés, sur de faibles blindages , ou pour agir sur des troupes par les effets d'éclatement, ou emploie le mortier de 8?, dont l'efficacité est suffisante ,, qui est peu lourd , facile à mettre en bat-

«jlij OBCHNISATION, EMPLUI ET SBRV[CE.

teric rt à approvisiooner j mais si Ton Joit tirer sur deff obstacles plus résislans, on emploie le calibre de lo' ; on se sert peu du calibre de la"* pour traverser des abris, parce qu'il ne produit pas des enfoncemens sensiblement plus considérables que le cidibrc de lo** (191); mais comme les Lombes de iî"" conticunent une grande quantité de poudre (178) et qu'elles produisent des efiets d'explosion plus considérables (192), leur emploi présente plus d'avantages dans les autres cas.

Loraqu'on se propose d'agir seulement contre des troupes, on emploie les plus petits calibres de mortiers, comme ceux de C et de a4' ^"^^ puissances étrangères emploient, daos le même but, des mortiers de calibres encore plus petits, nommés mortiers à la Coëborn.

Les pierriers peuvent servir à inquiéter les défenseurs dans les fossés et dans les places d'armes, on j lançant des pierres ou des grenades (196).

I|76. Le tir des mortiers s'exécute ordinairement sous une inclinaison déterminée , en faisant varier les charges suivant les portées qu'on veut obtenir (186). Lorsqu'on doit enfoncer des voûtes, on fait tomber le projectile de très-haut , et pour cela , on tire sous l'angle de 6q° ; lorsqu'on veut agir par l'explosion de la bombe, sur des objets placés à la surface du sol , ou emploie les mortiers de 8', et on les tire sous l'angle de 3o°, afin que le projectile ne s'enfonce pas en terre ; mais lorsqu'on doit tirer à de grandes distances, on dirige les mortiers som l'angle qui donne tes portées les plus grandes et par suite les plus régulières , et qui est d'autant plus au-dessous de 4^* que la cbarge est plus forte. Le tir des obus de 6* et de 24 1 dans les mortiers de ces calibres, se fait ordinairement sous l'angle de ^5", parce qu'on n'a pas à craindre de grands enfoncemens dans le sol et qu'on ne cherche pas alors à en produire.

SERVICE DANS LES SIÉG^. ^iS

Les mortiers de 8' peuvent remplacer les obnsîers dans le tîr d^enfilade à petite charge , en les plaçant sur des plates-formes inclinées de l'arrière àTavant, pour pouvoir tirer sous un angle assez petit ^ comme celui de i5°.

477. Lorsque la place qu'on assiège a une population nombreuse , et que le moral de la garnison est faible , on la bombarde , en tirant sur les habitations et sur les magasins pour les incendier, et sur les easemes pour fatiguer la garnison. Un bombardement exige un nombre considérable de mortiers pour produire un grand effet; les projectiles devant renfermer des matières incendiaires , les bombes de 1 2^ sont les plus iivantageuses , à cause de la grande quantité de poudre et de matières incendiaires qu'elles peuvent contenir; on emploie aussi les obusiers au même usage , et les canons tirent à boulet rouge. On a soin de diriger d'abord le feu de plusieurs batteries sur un même points et de ne passer à un autre que lorsqu'on a produit sur le premier l'effet attendu.

478. Pétard. Lorsque Ton a la possibilité d'approcher d'une porte de ville, on peut l'enfoncer en y attachant 1<^ pétard; avec une charge de 2^,5o de poudre, il enfoncé une porte de o^jia d'épaisseur, formée de deux rangs de madriers, Fun en chêne , l'autre en sapin , avec des écharpes dans tous les sens.

479. Tir en brèche. Dès que les puissans effets des bouches à feu furent connus , .on chercha à les employer pour détruire les remparts des -villes , qui à cette épqque , ne consistaient le plus souvent qu'en une simple muraille non terrassée; mais comme les boulets alors en pierre, n'étaient que d'une médiocre dureté , ils devaient être de très-gros calibre pour produire des effets sufEsans. Eh 1 3^^ et en 1378, l'artillerie fat employée à battre en brèche . les murs de Thouars et de S*-Malo, et l'on a vu (116) que vers la même époque , les Vénitiens employaient au

ilii unoANiSATiON , eupLoi et sbhvice.

mènic usage des bomharJes des calibres de i4o et de io5 livres, et les Gaulois une t-norme bombarde de 5o pic<U de longueur, qui * jeltait pierres grandes , grosses et ncsaiis merveilleusement. >

Lorsque ces projectiles de très- gros calibres étaient lancés avec force, contre des murailles isolées et d'une épaisseur ordinaire , ils les traversaient, ou bien les ébranlaient forlemcnt cl faisaient souffler les pareinens inlélicursj pour acctlérer le plus possible le percement de la muraille , ou dirigeait les coups de manière à profiler do tout reflet des boulets ; ou tirait trois coups , un sur cliacun des sommets tl'uu triangle équilaléral , dont les côtés uc dépassaient pas en longueur le double du rayon d'ébranleœcut de cbaquc coup ; de sorte que tout l'inlérieur du triangle et les parties environnantes étaient dctacbés de la muraille. En suivant celte méthode, on formait Irès-rapidement une ouverture qui donnait entrée aux assaillane ; c'est ainsi que la brèche fut faite aux nmrs de CoHstantinople , lors de la prise de cette ville par Mahomet II, qui avait l'ait couler dans ce but, uue bombarde laucant des boulets de pitnre du poids de 1800 livres (*). Ce mémo moyen de battre eu brèche a été recommandé jusque dans le 1 7' siècle ('*). Porto- Vico, eu 1453, cl Avesne, i477) furent aussi battues en brèche, avec de très -grosses bombardes ; les effets avantageux des gros calibres étaient bien reconnus vers cette époque ; Maxiinilicn faisant le siège de KutTstcia , en i5o4, fît venir d'Inspruck , deux cnoroies bouches à feu , pour

(*) Chroniques d'Engucrtao de WonsUclel. Paris, 1603, Vol. III, fnl. 1)9. — Histoii'c de €Gnslanlino|>li.- , par MicJicl Duras. CollccUon BiuDtinc.

(•*) Btcuril de plusieurs machines militaires , cl feux anifirieLs poiir la fiurrre ; par F. ThvboitTcl et 1. A|>|)ier dit Ilanzeict , au Pont-A— atousson, 1620, i-liap. II, pag. l'j.

lâétniire des murailles de i4 piéds d^ëpaisseuF , qui avaient déjà résisté au tir de sept autres canons, et Farmée qui assié-' gieait Padoue^ en iSog, avait six pièces tellement grosses, qu^elles ne pouvaient tirer que quatre coups par jour.

480.. L'es effets des projectiles de piorre étaient considérablement diminués , lorsqu'ils étaient lancés d'une certaine distance, lorsque la muraille était très -épaisse, ou construite en très -bonne maçonnerie , ou appuyée contre des terres ; il fallait alors tirer un très -grand nombre de cpups pour obtenir quelque résultat 5 aussi Charlcs-Quint, dont une partie de Tartillerie employait des boulets de pierre (*) , fit tirer plus de 1 40000 coups de canon dans chacun des siégçs de Metz et de Terouane y en 1452 et i453 , contre les murailles de ces deux villes. Les Turcs employèrent 5o canons de 80 , de 25 pieds de longueur 9 au siège de Malte en i565.

Le tir des boulets* de pierre contre les fortes murailles terrassées, n'ayant le plus souvent d'autre résultat que celui de faire briser les projectiles contre la maçonnerie, on dut employer une méthode particulière, pour leur faire produire tout l'effet dont leur masse et leur vitesse les rendaiedt susceptibles ; dans ce but , on tirait à écréter la muraille; les pierres qui la couronnaient, n'étant Ai chargées , ni soutenues par leur partie supérieure , étaient brisées ou renversées par le choc des boulets. En agissant ainsi pendant long-temps et successivement sur toutes les pierres , à mesure que la chute des parties supérieures du mur les découVrait , on formait peu à peu une brèche procédant du haut en bas. Ce mode de battre en brèche était encore généralement employé en i584 (**)•

(*) Il existe encore à Metz des boulets de pierre et de fonte employés dans le siège de cette ville.

(**) G. Busca. Instriizione dé* Bombardieri, Carmagnola 4584 , cap. 37.

4'0 ClIKiArUHATION , EMPLOI ET SEllïlCE. H

iiHi. Les bouleti (le fiiiitc produisant dans ics maçoo<Ml

tieries dos cxravalioiis Irts-profomlcs , leur emploi con-^ I

duisil à un mode de tîr en brèclie beaucoup plus sûr 1

et plus expédîtif; dans ce mode, la partie de la aiurailLe 1

C|ui doit être abattue, est découpée suivant fniii contour I

et séparée à coups de canon du reste du revêtement; I

reflet de la poussée des terres et celui de la pesanteur I

la font alors tomber dans le fossé. Les Turcs paraissent 1

itre les premiers qui aient fait usage de ce moyen (') j 1

ils disposaieut des pièces de gros calibre, de manière à I

couper la muraille , d'abord horiKoutalement , puis vci^ I

lîeulemcot, et ensuite , pour faire tomber la portion du 1

mur séparée du reste, îls dirigeaient sur elle toutet les I

boucbes à feu. Ce mode de battre en brèclie est gcaéra.- I

Icmcnt employé à présent. 1

D'après Vauban a. pour faire brêcbc avec le canon, il 1

> faut toujoura battre en sape et le plus bas qu'on peut , I y mais jamais le haut , parce que cela attire des ruinée 1

> au pied , qui rompent l'effel du canon (**) » : cet incon- 1 véuicnt de tirer sur des décombres , »ie pourrait manquer de se présenter , si 1& Irancliée était trop rapprodiée du fond du fossé. \ aubaa recomniaude dans un autre passago

« de battre toujours eu sape à a , 3 , 4 , 5 et 6 pieds près du pied des murs au plus » ; mais cette li&uteur de 6 pieds, donnée comme maximum, est la plus petite que puisse avoir la traucbée au-dessus du sol, pour qu'elle do se trouve pas masquée par les débris des revêlemens de dimensions ordinaires ; du reste cette liauteui' de la coupure permet toujours alors aux terres éboulées du parapet, de rccouviir les ruines de maçonnerie et de former une rampe praticable.

(•) L. CûUaiîo. Pralka manuale di artiglieria. Venetia i586 , c»p. 90.

(■') Aiuque des places. Paris 18S9, pages 117 et ii3.

Sl^VIGE DANS LES SIEGES. 4^9

482. Pour évîlet Tencombrement de la tranchée faori^ zontale , on FàGhève avant de conunencer les coupures verticales. Bousmard n^îndique que deux de ces tranchées y une à chaque extrémité de la brèche; mais Tusâge est d^en faire de £stance en distance, ainsi que ^indique Gassendi, afin d^isôlër les contre-forts, dont Tensemble pourrait retenir la partie de Tescarpe coupée et Pempécher de se renverser dans le fossé.

483. Ce mode d^ouvrir les brèches, dans les maçonneries, à Faide de tranchées horizontales et verticales, pour accélérer la chute du revêtement , est actuellement bien connu , et son efficacité a été confirmée par Texpérience d^un g^and nombre de sièges durante les dernières guerres; mais la manière de procéder à la< foiTnation de ces tranchées a été regardée comme peu importante, du âioins on s^en est peu occupé. Le mode de^ tir employé au siège de Constantinople , et indiqué par Thybourel et Hanzelet (479), montre bien qu*à cette époque on avait cherché à combiner le tir de la manière la plus cxpéditive pour ébranler et percet^Ies murailles isolées; mkis ce mode ne peut convenir contre des murs terrassés, comme ils le sont tous actuellement. Yauban , qui a assisté à un grand nombre de sièges, prescrit de 4: tirer en salve,

> ramasser tous lés coups ensemble et ne pas quitter les

> endroits où Ton te sera attaché, qu^on ne voie tomber 1 la terre du derrière du revêtement ; cela marquera qu'il :> est entièrement coupé. >

484. Cette indication n'est pas assez précise pour conduire à la manière la plus convenable d'exécuter les tranchées ; il est nécessaire, à défaut de données d'expériences, de recourir à l'observation des eÛcts produits dans la maçonnerie, par le cho<v des boulets (148 et 149). •

En considérant le profil de l'excavation produite par uu boulet animé d'une gtunde vitesse, on voit que la

qui a pour diamètre jusqu^à cinq fois celui du projectile. L^éclatemeut qui double la superficie de la section du vide et qui accélère beaucoup la formation de la tranchée, peut se reproduire ailleurs que sur le parement du revêtement et avec plus d^avantage encore, lorsque les coups successifs sont dirigés convenablement dans le tir en brèche. En effet, si on espace deux coups voisins de plus de cinq calibres du boulet le long de la tranchée à ouvrir , pour profiter de tout Tavantage de réclatcment du parement, et de moins de 6 à 8 calibres , afin que toute la portion de maçonnerie située entre les deux excavations en soit assez rapprochée, pour avoir été ébranlée par Tun de ces coups , un troisième boulet tiré sur la partie intermédiaire n^éprouvant qu^une faible résistance à la pénétration, s^ enfoncera plus profondément que dans une maçonnerie intacte et y produira de grands édatemens , sur les parties latérales. Si ensuite on tire un quatrième et un cinquième coup, entre les trous déjà formés , sur les cloisons qui les séparent et qui ne présentent presque plus de résistance / ces cloisons seront enlevées , les projectiles s^enfonceront très-avant dans la maçonnerie et pénétreront à une profondeur environ double de celle des premiers coups; de cette manière, la superficie des sections des excavations produites par chacun de ces coups, sera proportionnellement plus grande que celle des premiers coups isolés et en sera au moins le double, c^est-à-dire , de | ou de ^ de mètre carré, pour les boulets de 24 ou de 16. Il est vrai que les coups qui succéderont à ceux-ci , auront moins de chances de produire autant dWet , parce que la profondeur et Tirrégularité de la tranchée déjà bien formée , empêcheront de continuera suivre la même marche ; il faudra alors tirer sur les portions les moins profondes de la tranchée , afin de produire encore des édatemens sur Iqs pàrt^^s en saillie.

^■io inir.AaiSATioN, khploi et seuïice.

superficie ic la section méridienne est d'environ ^ et — de mètre carré, dans la maçonnerie de très-bonne qualité, pour les calibres de i6 et de a4; ^^ sorte qu'une trancliée de 20" de longueur, dans un revêtement de 2°, 4» d'épaisseur , on de ^^ mèlres carrés de section , n exigerait que 388 ou 24» coups , si chacun d'eux produisait tout son effet. Ces nombres étant au-dessous du tiers de ceux qu'on tire ordinairement, pour faire une brèche de la même étendue, on voit que le mode de tir actuel est loin d'être le plus favorable, et que, pour opérer rapidement, il ne faut pas tirer au hasard sur les tranchées. Si on considère ce qui se passe pour un coup isolé, on voit (149) que l'excavation produite se compose do deux parties: l'une est le vide formé par le passa^ du boulet , et sa section a une superGcJc sensiblement égale au produit du diamètre des projectiles par renfoncement; l'autre est formée par l'éclatement des parties du parement voisines du point choqué, et sa section est à peu près équivalente à la première. Pour obtenir le plus grand vide possible par le passage du boulet, il faut donc que celui-ci soit du plus tort calibre et qu'il frappe la muraille avec une très-grande vitesse, c'est-à-dire, qu'il soit lancé avec une forte charge et qu'il n'ait pas de décombres à traverser, avant d'arriver au revêtement. On augmente encore l'enfoncement du projectile et on accroît en même temps les effets d'éclatement, en tirant sur des parties qui ne soient pas soutenues par des portions de maçonnerie d'une épaisseur qui leur permette de résister aux pressions latérales , que les matériaux déplacés sur le passage du boulet, exercent pour s'échapper. Cet effet de pression se iàit sentir jusqu'à une assez grande distance des points frappés ; il désunit les matériaux , les brise et fait éclater les paremens voisins ; il contribue pour beaucoup à l'évascment de l'excavation, près de son entrée

qui a pour diamètre jusqu^à cinq fois celui du projectile. L^éclatemeut qui double la superficie de la section du vide et qui accélère beaucoup la formation de la tranchée, peut se reproduire ailleurs que sur le parement du revêtement et avec plus dWantage encore, lorsque les coups successifs sont dirigés convenablement dans le tir en brèche. En effet, si on espace deux coups voisins de pliis de cinq calibres du boulet le long de ta tranchée à ouvrir , pour profiter de tout Tavantage de Féclatement du parement, et de moins de 6 à 8 calibres , afin que toute la portion de maçonnerie située entre les deux excavations en soit assez rapprochée, pour avoir été ébranlée par Tun de ces coups , un troisième boulet tiré sur la partie intermédiaire n^éprouvant qu^une faible résistance à la pénétration , s^ enfoncera plus profondément que dans une maçounerie intacte et y produira de grands éclatemens , sur les parties latérales. Si ensuite on tire un quatrième et un cinquième coup, entre les trous déjà formés , sur les cloisons qui les séparent et qui ne présentent presque plus de xésistance , ces cloisons seront enlevées , les projectiles s^enfonceront très-avant dans la maçonnerie et pénétreront à une profondeur environ double de celle des premiers coups; de cette manière, la superficie des sections des excavations produites par chacun de ces coups, sera proportionnellement plus grande que celle des premiers coups isolés et en sera au moins le double, c^est-à-dire , de | ou de ^ de mètre carré, pour les boulets de 24 ou de 16. Il est vrai que les coups qui succéderont à ceux-ci, auront moins de chances de produire autant d'effet , parce que la profondeur et Tirrégularité de la tranchée déjà bien formée , empêcheront de continuer à suivre la même marche ; il faudra alors tirer sur les portions les moins profondes de la tranchée , afin de produire encore des édatemens sur Iqs pàrti^ en saillie.

ifaa ofliiiiniSATioN

Ce mode de lir , iDilépen dam ment de Tavantage qi^ présente relalivemcnt à l'augmcntalion des excavations, doit procurer une tranchée pm encombrée de matériaux , puisque les débris qui proviennent des ruptures par éclatement , rejaillissent en arrière et entraînent les autr» hors de la trancbée ; les boulets arrivant tanjours directement sur la maçonnerie et sans avoir à broyer des matériaux, produiront conatamment des excavations considéralJc. p.

'l85. Exécution des brèches. Il résulte des différentes considéralionsquiprécèdent, que pourexécuter une brèche dans un revêtement en maçonnerie , de la manière la plas sàrc et la plus expéditivc, il faut commencer par former une trancbée horizontale , dans toute la longueur de la partie de la muraille à renverser , à une hauteur au-dessus du fond du fossé , assez grande pour qu'elle ne puisse pas

(*) lia juslEsse de ces coiuldëralioiu relatives à la furuaLioa des biéchci dans les rcvâtemens ea tnaçoancrie, a élii coaÛnaèe par l'expérience , eu 183 j ; l'auteur ayant éti charge' de diriger le tir en brèche contri! ie revâtcmcnt, m bonne matûiiiicric , de la brunclie gauche de TouTrage à cornes di la citadelle de Metz , conatmit pat Vanban , d«la tranchées hoiinontales de 31 à 33 mètres de longueur et de plus de 3'^,30 de piofundeur , oDt été formées d'après les prmcipes eipoeâ cidessus , et ont exigé , l'une 153 coups de 2i et l'autre 313 coups de 16 , k la charge de moitié du poids du boulet. Quatre tranchées verticales de i™ de longueur chacune , sur une épaisseur moyenne de l'iSO , ont exigé A3 coups de 34 , et quatre autres tranchées aeniblaUes b'S coups de 16. Après ces nombres de coups les revètemeos étaient, dans les deux cas, entièrement renversés dans le fossé. Les contre-forts ont été abattus et les brèches ont été rendues praticables, pour l'une par 38 coups de 24 et pour l'autre par 26 coups de 16. Le renTcrsemcnt des escarpes sur deux longueurs de 22" , a demandé U^ 4', avec i canons de 34 , et ^37', avec 4 canons de 16; on a employé , pour diatjue brèi^e , SO^ de poudre et 100^ de projectiles , par mètre courant de largenr. (Bapi>orls de 1834 do la commission des principes du tir. Meti, 1835 , SS12,àl9, et procès-verbaux des r°,2', lO», 11M2-,13', 24", 3S' , 26' , 27' et 28' séance.)

^tre masquée parles dâ)ris de maçonnerie amoncelée à sou pied ; il faut de plus , que cette hauteur soit assez potitc pour que les terres du parapet s^éboulent en assez grande quantité pour former une rampe praticable , c^est-à-dire y inclinée à moins de 4^°* Odius les cas de constructions ordinaires , ces deux cooditions sont satisfaites en établissant la tranchée à une hauteur égale à Tépaisseur du re-> vêtement.

Pour former la tranchée horizontale, il faut tirer à forte charge , d^abord des coupf isolés y distans les uns des autres de 5 à Ô diamètres du boulet ; puis tirer entre ces coups et ainsi successivement, tant quW peut en distinguer les intervalles. Quand le fond de la tranchée ne présente plus que des irrégularités, on doit encore tirer sur les partie^ leà moins profondes , qui sont en même temps les plus visibles, jusqu^à ce qu^on ait percé le revêtement dans toute Tétendue de la brèche ; cet effet est indiqué, en chaque point, par Técoulement des terres. Chaque pièce doit alors former une tranchée verticale, la pièce de droite et celle de gauche , .aux extrémités de la brèche , et les autres pièces dans les positions intermédiaires , de manière à la diviser en parties égales, • Chacune de ces tranchées doit être commencée par Tex-* trémité inférieure, à partir de la tranchée horizontalç, et diaprés les rè^es établies précédemment (484), mais en montant d^abord lentement , tant que la partie inférieure de la muraille p^est pas entièrement coupée, afin que les débris qui proviennent des parties supérieur<?s œ la masquent pas, avant qu^on ait fini de tirer contre cette partie.

Ce mode de tir en brèche ne peut plus être elussi efficace, quand la distance de la batterie au rempart est assez grande pour qu^on ne puisse pas distinguer les excavations formées par les boulets, ou que les déviations

4^4 y|li;*NlSATION , EMPLOI ET SEBVICE.

moyCDnes des proioctilcs (143) dépassent la moitié d(r rècartcmenl d« trous ; malgré cela il faut encore exécuter le tir d'après les niâmes principes.

486. Le tir m brèche s'esécutc de la m^me manière, tant que les coups uc sont pas assez obliques au rcvèteinent pour que les boulets ricochent ; mais lorsque le tir est trèsoblique et que les premiers roups ne produisent que de très-faibles excavations (') , il faut tirer plusieurs fois dans la même direction , jusqu'à ce que les boulets ne fassent plus souiller le parement; on tire alors sur le milieu de la cloison qui sépare les trous du parement, pour faire éclater la maçonnerie, et l'on continue le lir en suivant les principes exposés précédemment (484). Il faut commencer la tranchée horizontale par l'extrémité la pins voisine de la batterie , avec la pièce qui en est la plus rapprochée et dont le tir est le moins oblique. Cette même pièce est celle qui peut exécuter les tranchées verticales avec le moins de difllculté.

487. Lorsque le revêtement est renversé dans le fossé, on rend la brèche praticable on tirant sur les parties visibles les plus basses des contre-forts qui soutieoneut encore les terres. Quand les contre-forts ont entièrement disparu, on fait ébouler les terres en tirant à boulet, le plus obliquement possible, avec des obus ou des boulets creux du calibre des canons , ou bien l'on substitue ans canons de a^, des obusiers de 8', qu^on place sur les mêmes affûts. Pour que les projectiles creux fassent explosion dans la brèche, la charge qui les lance, doit être plus faible que celle qui les fait briser dans les terres du rempart (172).

(•) Cet e£fet ne commence k avoir lieu que sous tes angles de 20° , 24° , 33" et 43° , tespectiïcinent pour les charges de i/i , i/J , 1/4 et 1/8 du poids du boulet, ou aux distances ausquelles les vitesses sont celles qu'impriment ces charges.

^RVlCE tUNS LES PLACES» 4^^

488i Les éclats d^obus qui reviennent en arrière dans les batteries et dans les tranchées, exigent que Ton prenne des précautions pour éviter les accidens; il en est de même dans le tir des canons, les éclats de pierres pouvant être lancés jusqu^à 4o et 5ô mètres de distance (149). Ces éclats peuvent rendre Toçcupation des chemins couverts et de qu^ques autres ouvrages, dangereuse pour Tassiégé, lorsque les murailles sont battues de la campagne, et surtout quand les escarpes sont en roc, les boulets pouvant alors réjaillir à de très-grandes distances.

489. Les escarpes dérobées aux vues des dehors par des masses couvrantes, sont encore susceptibles d^tre battues en brèche ; on emploie alors des projectiles dont la masse est assez considérable pour compenser la faible vitesse avec laquelle on est obligé de les lancer, afin d^obtenir un tir plongeant, comme dans le tir à ricochet (473). Les effets qu^on peut produire ainsi ne sont pas dangereux pour des escarpes en bonne maçonnerie et appuyées contre des terres , mais ils sont assez considérables contre des murs isolés , pour les démolir entièrement, en les ébranlant et en les écrétant peu à peu, comme on faisait anciennement avec les boulets de pierre (480). Des expériences, faites en Angleterre en 1824, ont montré Pefficacité de ce tir (*)•

SERVICE DE L^ARTILLERIE DANS LA DÉFENSE DES PLaCES.

490. L^artillerie étant un des principaux agens de la défense des places de guerre , son service est dans celte circonstance d^une aussi grande importance que dans la guerre de campagne et que dans celle de siège ; elle est employée à retarder les travaux de Tassiégeant , à contrarier et à affai-

(*) Voir le Spectateur militaire , tome XIII, 74* livraison , page 200.

hlir le (en de sci batteries , à déjouer toute tentative d'attaque de vive force.

!|9^. Personnel. Le nombre d'ofSciors qui doivent former i'état-major d'artillerie d'une place de guerre, varie beaucoup , suivant rimportancc de la place et les circonstances de la guerre; la composition n'en est déterminée que pour chaque place en particulier.

Le comoiandant de l'artillerie d'une place doit , aussitôt après son arrivée, même en temps de paix, étudier avec soin la fortification dans toutes ses parties, le terrain enviroanant, les points d'utlaquc présumés et les moyens de défense. H doit examiner l'état des communications cl les difficultés qui pourraient se présenter lors de l'armemcot; il vérifie le commandement des ouvrages , les uns sur les autres et sur U campagne. Il doit noter, dans les emplaccmens propres ù l'emploi de l'artillerie , ceux qui exigent la construction de traverses , et distinguer les parties de la fortification susceptiUes d'ètire défendues avec des fusils de rempart, avec des canoa* 1 de petits ou de gros calibres ; il examine également quels sont les plis de terrain qui ne peuvent être battus que par les obus ou par les bombes , et prend dans la campagne quelques points de repère pour apprécier les dûtances ; il doit étudier plus spccialemait les fronb sb5~ ccptibles d'être attaqués , reconnaître les faces qui peuvent être ricocbées et leurs prolongemcns dans la campagne , et prendre enfin tous les renseignemens relatifs au meilleur emploi des bouches à feu.

^93. Cet officier doit s'assurer du nombre des boocbes à feu , alTûts et bois de plates-formes existans , des quantités de poudre et de projectiles de chaque calibre , des ressources de la place , en bois , métaux , munitioBS de gucri-e de toute espèce , artifices préparés , et en matières propres à leur confection. Il prend coonaissance de l'em-

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