ORBITES ELLIPTIQUES DES ÉTOILES BINAIRES
périeure ne serait capable de nous les présenter autrement que comme un seul corps un peu allongé dans un sens. Heureusement que Bradiey , en 1 71 8 , remarqua , et nota en marge d'un de ses livres d'observations , que la direction apparente de leur ligne de jonction était parallèle à celle de deux étoiles remarquables , a. et â de la même constellation , vues à l'œil nu ; et cette note , qui a été récemment sauvée de l'oubli par les soins du professeur Rigaud , a rendu un service signalé pour la recherche de l'orbite. Elles sont insérées aussi comme étoiles distinctes dans le catalogue de Mayer , ce qui nous fournit un autre moyen d'établir leur situation relative à la date de ses observations , qui eurent lieu vers l'an 1756. Sans entrer ici dans les détails des mesures particulières qui ont été prises , et que l'on trouvera dans des recueils qui leur sont spécialement destinés, il nous suffira de remarquer que la série entière de ces mesures (qui, depuis le commencement du siècle où nous sommes , ont été très nombreuses et prises avec soin , et qui embrassaient un mouvement angulaire de 1 00° , et une diminution d'un sixième de la distance primitive) est représentée , avec un degré d'exactitude parfaitement égal à celui de l'olservation elle-même, par une ellipse des dimensions et de la période établies dans la petite table précédente , et dont nous donnons ici les autres élémens nécessaires.
Passage au périhélie -18 août 1834.
Inclinaison de l'orbite sur le rayon visuel 22° 58'
Angle de position du périhélie projeté sur la voûte céleste. 36° 24' Angle de position de la ligne des nœuds, ou intersection
du plan de l'orbite avec la surface du ciel 97° 23'
608. Si la grandeur des périodes de quelques-uns de ces corps est remarquable , l'exiguité de celles des autres ne l'est guère moins. de la Couronne a déjà fait une révolution complète depuis la première découverte qu'en a faite sir William Herschel, et est bien avancé dans sa seconde période; et ç de l'Ourse, Ç du Cancer, et 70d'Ophiucus ont accompli beaucoup plus que les plus grandes portions de leurs ellipses respectives depuis la même époque. S'il pouvait donc rester quelque doute sur la réalité de I(!urs mouvemens de translation circulaire , ou que l'on fût tenté de les expliquer par de purs changemens parallactiques , ces faits suffiraient pour rétablir la vérité. Nous avons la même preuve , en effet, des mouvemens qu'ils subissent l'un autour de l'autre, que de la translation d'Uranus et de Saturne autour du soleil; et l'accord qui existe entre les lieux que leur assigne le calcul et ceux quo détermine l'observation dans des ellipses si allongées , doit être regarde cérame portant avec lui la preuve que la loi newtoniennc de la gravitation s'étend jusqu'à leurs systèmes, et qu'elle est de la même nature et de la même force que celle qui détermine les lieux des comètes dans leur marche autour du corps Central du système solaire.
609. Mais ce n'est pas des révolutions des corps du genre des planètes ou des comètes autour d'un centre solaire qu'il s'agit maintenant : il s'agit de la révolution d'un soleil autour d'un soleil , chacun , peut-être , accompagné de son cortège de planètes avec leurs satellites , complètement cachés à nos yeux par l'éclat de leurs soleils respectifs, et rassemblés dans un espace qui ne saurait guère se trouver dans une plusj grande proportion avec l'énorme intervalle qui les sépare, que les distances des satellites de nos planètes à leurs primaires avec leurs distances au soleil lui-même. Une subordination moins nettement déterminée serait incompatible avec la stabilité de leurs systèmes et avec la nature des orbites planétaires. A moins de se trouver sous la sauve-garde du corps central auquel elles obéissent immédiatement , l'action de l'autre soleil à son passage au point le plus voisin de sa courbe les entraînerait hors de leurs orbites , ou leur en ferait décrire d'autres qui compromettraient l'existence de leurs ha*