CRÉPUSCULE
que ses rayons supérieim SN , SO, traversent l'atmosphère au-dessus de A sans frapper la terre , la laissant finalement aux points PQR , après avoir été plus ou moins courbés en la traversant , plus aux couches inférieures , moins aux supérieures, tandis que le rayon , comme SRO , qui ne fait que raser la li mite extérieure de l'atmosphère , ne dévie pas du tout. Considérons plusieurs points A,B,C,D, dont chacun est plus éloigné de A que celui qui le précède, et plus profondément plongé dans l'omhre de la terre, qui occupe tout l'espace depuis A au-dessous de la ligne AM. Maintenant A vient de recevoir le dernier rayon direct du soleil, et de plus est éclairé par la totalité de l'atmosphère réfléchissant PQRT. 11 reçoit donc le crépuscule de tout le ciel. Le point B , oii le soleil s'est couché , ne reçoit pas de lumière solaire directe , il n'en reçoit même ni de directe , ni de réfléchie de toute cette partie de son atmosphère visible qui est au-dessous de APM ; mais de la portion lenticulaire PRar , qui est traversée par les rayons du soleil , et qui réside au-dessus de l'horizon visible BR de B, il reçoit un crépuscule , qui est le plus fort en R , point immédiatement au-dessus de celui où se trouve le soleil , et disparaît peu à peu vers P , à mesure que la partie lumineuse de l'atmosphère s'éteint. En C on ne voit plus au-dessus de l'horizon CQ de ce lieu, que la dernière ou la plus mince portion PQs du segment lenticulaire ainsi éclairé : ici le crépuscule est donc feiible et circonscrit dans un petit espace près de l'horizon que le soleil a quitté , tandis qu'en D le crépuscule a cessé entièrement.
i5. Lorsque le soleil est au-dessus de l'horizon , il éclaire l'atmosphère et les nuages , et ceux-ci à leur tour répandent et dispersent une portion de sa lumière dans toutes les directions , de manière à envoyer de chaque point du ciel quelques-uns de ses rayons à chaque point exposé. Ainsi la diffusion générale de la lumière dont nous jouissons pendant le jour, est un phénomène qui a sa source dans les mêmes causes que le crépuscule. Sans la puissance de réflexion et d'expansion qu'a l'atmosphère , aucun objet ne serait visible pour nous en dehors des rayons directs du soleil ; toute ombre projetée par la présence d'un nuage serait de profondes ténèbres ; les étoiles seraient visibles tout le jour , et tout appartement , auquel la lumière directe du soleil aurait été interdite , serait plongé dans une obscurisé absolue. Cette puissance qu'a l'air de disséminer la lumière du soleil est, il faut bien y faire attention, considérablement augmentée par l'irrégularité de la température causée par ce grand corps lumineux dans ses différentes parties, irrégularité qui , pendant le jour, jette l'atmosphère dans un état constant d'ondulation , et , en rassemblant ainsi des masses d'air de températures fort inégales , produit des réflexions et des réfractions partielles à leurs communes limites, par lesquelles beaucoup de lumière subit la déviation, et va s'unir à la clarté générale.
46. D'après l'explication que nous avons donnée , dans les articles 39 et 40 , de la nature de la réfraction atmosphérique, et du mode par lequel elle se produit dans le progrès d'un rayon de lumière à travers les couches successives de l'atmosphère , il est évident que toutes les fois qu'un rayon passe obliquement d'un niveau supérieur à Un inférieur , ou vice versâ , sa direction n'est pas rectilign • , mais concave par en bas, et que par conséquent , tout objet vu au moyen d'un pareil rayon , doit paraître déplacé , soit que cet objet, comme les corps célestes , dépasse l'atmosphère , ou que , comme les sommets des montagnes , vus des plaines, il y soit entièrement plongé. Chaque différence de niveau, accompagnée, comme elle doit l'être , d'une différence de densité dans les couches aériennes, doit aussi avoir une certaine quantité de réfraction qui y corresponde • moins , sans doute , que ce que produirait toute l'atmosphère , mais cependant une quantité sensible, et même considérable. Cette réfraction entre les stations terrestres est appelée réfraction terrestre, pour la distinguer de cet effet total qui
t'RAITÉ D AS raOHJMIK. - I^AR VLLAXE. CHAPITRE 1.
n'est produit que sur les corps célestes, ou qui sont au-delà :de l'atmosplièree , et que l'on appelle réfraction céleste ou astronomique.
i7. Un autre effet de la réfraction est de troubler les formes visibles et Mes proportions des objets vus près de l'horizon. Le soleil, par exemple, qui , , à une hauteur considérable, parait toujours rond, prend, lorsqu'il approche ("de l'horizon , une figure elliptique , son diamètre horizontal étant visiblement pldus . prand que celui de la direction verticale. Lorsqu'il est fort près de l'horizon , ccet aplatissement est évidemment plus considérable au bord inférieur qu'au sisupérieur. en sorte que la forme apparente n'est ni circulaire ni elliptique, maïais une espèce d'ovale qui s'écarte du cercle plus par-dessous que par-dessus. CGet effet singulier , que tout le monde peut remarquer à un beau soleil coucliannt, provient de la progression rapide avec laquelle la réfraction augmente en appr.rochant de l'horizon. Si chaque point visible de la circonférence du soleil étatait épalement élevé par la réfraction, il continuerait à paraître circulaire, quoiqque déplacé; mais les parties inférieures subissant une plus grande ascension que 1 les supérieures , le diamètre vertical se trouve par là raccourci , pendant que 1 les deux extrémités de son diamètre horizontal sont également exhaussées , et daans des directions parallèles , en sorte que sa longueur apparente demeure la mémne. L'agrandissement du soleil et de la lune , vus près de l'horizon , au-delà de la d dimension qu'ils paraissent avoir lorsqu'ils sont à une grande hauteur , n'a rien ( de commun avec la réfraction. C'est xine illusion du jugement qui a sa source da ans l'interposition'des objets terrestres, ou placés dans une immédiate comparais(Son avec eux. Dans cette situation nous les voyons et nous en jugeons, comme no ous faisons des objets terrestres , en détail , et avec l'habitude acquise de faire atte-ention aux parties. Lorsqu'ils sont élevés nous n'avons pas de termes de comparaiS(Son pour nous puider, et leuri solement dans l'étendue des cieux nous conduit plutôôt à évaluer au-dessous qu'au-dessus leurs grandeurs apparentes. Une mesure réelllle, prise avec un instrument convenable , corrige notre erreur , sans toutefois ddetruire notre illusion. Par elle, nous apprenons que le soleil, lorsqu'il est préccisément à l'horizon, sous-tend à nos yeux presque exactement le même angle, taandis que la lune en offre un moindre , que lorsqu'ils sont vus à une grande hauteeur dans le ciel, à cause de l'effet de ce qu'on appelle jxtroHflxe , que nous alloons expliquer tout-à-l' heure.
48. Après ce qui a été dit de la petite étendue de l'atmosphère en compara-aison de la masse de la terre , nous n'hésiterons guère à admettre ces corps lunmineux qui peuplent et ornent le firmament, et qui, lorsque évidemment ils nefdormcnt aucune partie de la terre, et n'en reçoivent aucun soutien, ne sont paspoour cela promenés dans l'espace à l'aventure comme des nuages dans l'air , m pouussés par les vents pour rester en dehors de notre atmosphère. Nous les avoons considérés comme tels en parlant de leurs réfractions, comme existant dans 1 mmmensité de l'espace au-delà de nous, et situés, peut-être, malgré tout ce qque nos sens peuvent nous dire de contraire , à des distances énormes de not)tre station aussi bien qu'entre eux.
49. Si un spectateur pouvait exister sans être soutenu par la terre , ou ppar quelque étai solide , il embrasserait d'un seul coup-d'œil l'universalité de l't'espace le* corps visibles qui le constituent ; et, dans l'absence de tous moyens « de fuper des distances où ils sont de lui , il les rapporterait , dans les directions selon lesquelles ils seraient vus de sa station , à la surface concave d une spheere imaginaire , dont son œil serait le centre , et qui se trouverait à une distannce vaste et indéfinie. Peut-être jugerait-il que ceux qui lui paraissent grands ^ et hrillans sont plus près de lui que les autres; mais il n'aurait aucune garantie . de cette opinion, pas plus que de l'idée que tous seraient à la même distance de lùui, et réellement rangés sur une pareille surface sphérique. Cependant rien ne s oop-