CHAPITRE leir
Notions générales, — Forme et grandeur de la terre. — L"horizon et sa dépression. — L'atmosphère. — La réfraction. — Le crépuscule. — Apparenc;es qui naissent du mouvement diurne. Parallaxe. • — Premier pas pour se faire une idée de la diislance des astres. — Définitions.
11. Les volumes, les distances, l'arrangciment et les mouvemens des grands corps qui composent l'miivers visible , leur constitution et leur condition physique , autant qu'ils peuvent nous être connus , les influences et les actions réciproques qu'ils subissent, si nous en jugeons par les effets produits, forment l'assemblage des objets qui captivent l'attention de l'astronome. Le mot même d'astiwwmie , qui indique la loi des astres ( terme par lequel les anciens entendaient les étoiles , aussi bien que le soleil , la lune et toutes les autres partie* visibles constitutives du ciel ) le fait assez connaitre ; et quoique l'expression astrologie qui signifie raison, théorie , ou iiiterprètatv on des astres, se soit corrompue dans son application , et n'ait plus désigné que des efforts superstitieux et chimériques pour scruter les événemens futurs par leur subordination à de prétendues influences planétaires , ce mot eut le môme sens dans son origine.
12. Mais outre les étoiles et les autres corps c(élestes , la terre elle-même, considérée comme corps individuel , est un des principaux objets des méditations de l'astronome , ou , pour mieux dire , l'objet essentiel. Elle tire son importance , sous le rapport pratique aussi bien que théorique-. , non seulement de sa proximité et des liens qui nous attachent à elle comme êtres animés, puisque nous y puisons tout ce qui est nécessaire à nos besoins; mais enûore comme point de station d'où nous voyons tous les autres corps , et comme le seul d'entr'eux auquel nous puissions rattacher nos idées pour assigner des limites et des mesures par lesquelles nous soyons en état de reconnaître leurs diangemens de situation , ou de comparer leurs distances.
15. Le lecteur qui, aujourd'hui pour la première fois, ouvrira un livre d'astronomie, ne pourra sans doute s' empêcher de trouver bizarre que l'on classe la terre parmi les corps célestes, et que l'on suppose quelque communauté de nature parmi des choses en aipparence si dissemblables. Car que peut-il, en effet , y avoir en apparence de plus hétérogène que cette vaste étendue de la terre qui s'offre à nous sous l'aispect de l'immensité, et les astres qui ne nous semblent être que comme des points ? La terre est obscure et opaque , tandis que les corps célestes sont britlans. Nous n'apercevons en elle aucun mouvement , tandis que nous remarquons en eux un changement continuel de place , en les regardant à différentes heures du jour ou de la nuit , ou à diverse* saisons de l'année. Aussi, les anciens, si nous en exceptons un, ou totitaupluideux des pln« éclairés, n'admettaieitt-ils pas cette coramiinauté de