‹ Traité d'astronomieChapitre 4 sur 116 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

nature , et en plaçant ainsi les corps célelstes et leurs mouvemens en dehors du domaine de l'analogie et de l'expérience, ils ont réellement arrêté le progrès ouvert au raisonnement pour déduire de ce qui se passe ici bas , ce qui a lieu dans les régions où ils existent et se meuvent. Emprisonnée dans une pareille règle de conduite , l'astronomie , comme science de cause et d'effet , ne pourrait exister , et son rôle se bornerait à un simple catalogue d'apparences , qu'aucun effort ne se serait attaché à baser sur des principes raisonnables. Le premier pas pour se débarrasser de ce préjugé , consiste donc à chercher à acquérir la connaissance de ce qui se passe réellement : et le candidat a fait son premier effort pour arriver à la conquête de saines notions, lorsqu'il a appris à se familiariser avec l'idée que la terre , après tout , j)ourrait bien n'être qu'une grande étoile. Nous allons voir tout-à-l'heure jusqu'à quel point cette idée est correcte , et quelles sont les limites et les modifications qu'on doit lui assigner.

14. Il est évident que pour se faire de justes notions de l'arrangement, dans l'espace , d'un nombre d'objets dont nous ne pouvons approcher et qui se dérobent à notre examen, mais à la connaissance desquels nous pouvons arriver en nous tenant en repos et en épiant leurs évolutions, il est de la dernière importance pour nous desavoir, quant au premier point, si ce que nous appelons être en repos est réellement tel ■ si la station d'où nous voyons les astres en même temps que nous-mêmes, et tout ce qui nous entoure immédiatement, n'est pas ellemême en mouvement sans que nous nous en apercevions ; et dans ce cas , de quelle nature est ce mouvement. Les lieux apparens d'un certain nombre d'objets , et la configuration qu'ils présentent à nos yeux , sei-ont donc matériellement affectés par la situation du spectateur au milieu d'eux ; et si cette situation est sujette à changement , sans qu'il s'en doute , il s'ensuivra parmi les objets un déplacement remarquable qui n'aura rien de réel. Si le cas et donc tel par le fait, il en résultera que tous les mouvemens que nous croyons remarquer dans les astres ne seront pas véritables , mais qu'une partie au moins des changemens relatifs que nous apercevons parmi eux sera seulement apparente , conséquence nécessaire du déplacement de notre point de vue , et que nous ne pourrions arriver à la connaissance de leurs mouvemens réels qu'en commençant par rechercher ceux que nous subissons pour leur assigner les effets qui leur appartiennent. Ainsi , la question de savoir si la terre est en mouvement ou en repos , et dans ce dernier cas, quel est ce mouvement, n'est pas une investigation oiseuse; c'est d'elle, au contraire , que dépend la seule chance que nous ayons de parvenir à une véritable solution de ce qui constitue l'univers.

15. Et qu'on ne s'étonne pas que nous parlions d'un mouvement existant dans la terre , inaperçu par ses habitans : il ne faut pas oublier que c'est de la terre comme un tout , tant ce qu'elle recèle dans son sein que ce qu'elle porte sur sa surface , que nous parlons • il s'agit d'un mouvement commun à la masse solide intérieure , à l'océan qui coule autour d'elle , à l'air qui l'entoure , et aux nuées qui circulent dans l'atmosphère. Il est incontestable qu'un mouvement qui ne ferait perdre à aucun objet terrestre sa position relative au milieu d'autres objets , qui ne gênerait en rien le jeu de la nature , et ne produirait aucune sensation de chocs ou de secousses , pourrait exister à notre insu. 11 n'y a rien en nous qui nous avertisse que nous sommes en mouvement. Nous nous apercevons des secousses , des saccades , il est vrai , parce que ce sont des changemens soudains de mouvement, produits, comme les lois de la mécanique nous l'enseignent, par des forces subites et puissantes qui agissent dans des temps très courts -, et ces forces, appliquées à nos corps, sont ce que nous éprouvons. Lorsque, par exemple , nous sommes conduits dans une voiture dont les stores sont baissés , ou que nous avons les yeux fermés ( pour nous empêcher de voir les objets extérieurs, T>nm isrntoiis iin tremblement produit par les inégal ité*^ du chemin ,

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