‹ Traité d'astronomieChapitre 30 sur 116 · DE LA GÉOGRAPHIE ASTRONOMIQUE · texte numérisé non relu

DE LA GÉOGRAPHIE ASTRONOMIQUE

nomiques. Nous nous proposons par conséquent d'expliquer dans cette section pourquoi nous appliquons l'observation astronomique à des déterminations terrestres , et de donner en même temps un aperçu de la géographie , autant du moins que nous pouvons la considérer comme faisant partie de l'astronomie.

162. La géographie , comme l'indique le mot , est la description de la terre. Dans son sens le plus étendu , elle embrasse non seulement la forme de ses continens et de ses mers , ses rivières et ses montagnes , mais encore leur condition physique , leurs climats et leurs produits. Toutefois, nous n'avons point à nous occuper ici de géographie physique et politique. La géographie astronomique a pour objet l'exacte connaissance de la figure et des dimensions de la terre, des parties de sa surface occupées par la mer et par le sol , et de la configuration de la surface de ce dernier , regardée comme s' élevant au-dessus de l'Océan , et entrecoupée de manière à présenter diverses formes de montagnes , de collines et de vallées. Il n'y a pas jusqu'à la forme du lit de l'Océan, réputé la continuation de la surface du sol au-dessous de l'eau, qui ne dût attirer notre attention. Nous sommes, à la vérité, dans une grande ignorance à cet égard; mais nous devons plutôt la déplorer, et, s'il est possible, y remédier, qu'y persévérer, attendu que, mieux instruits sur cette matière, nous pourrions faire faire de grands pas à beaucoup d'autres branches importantes qui demandent à être approfondies.

165. Pour ce qui est de la figure de la terre comme un tout, nous avons déjà fait voir que , en la prenant dans son ensemble , on peut la regarder comme sphériquej mais le lecteur, qui a bien apprécié les remarques de l'article 25, ne sera pas embarrassé à sentir que ce résultat , conclu d'observations non susceptibles de beaucoup d'exactitude, et qui n'embrassent que de fort petites portions de la surface à-la-fois, ne saurait être regardé que comme une première approximation, et aurait besoin d'être considérablement modifié en entrant dans des détails négligés jusqu'ici, ou en ajoutant à la délicatesse de nos observations, ou bien encore en comprenant dans leur étendue un plus grand développement de sa surface. Par exemple, s'il arrivait (comme c'est le cas ) , sur un examen plus rigoureux, que la véritable figure fût un peu elliptique ou aplatie, à la manière d'une orange , dont le diamètre , qui coïncide avec son axe , fût d'environ 1 /500 plus court que le diamètre de son équateur ; c'est là une si légère déviation de la forme sphérique, que, si l'on tournait un modèle en bois de pareilles proportions , et qu'on le mît devant nous sur une table, l'œil ou la main les plus exercés ne pourraient découvrir l'aplatissement , puisque la différence des diamètres, sur un globe de 16 pouces, ne serait que de 1/20 de pouce. Dans le langage ordmaire, et pour tous les besoins de la vie , il n'en serait pas moins appelé glohe; tandis que , toutefois , en le mesurant avec soin , la différence ne manquerait pas de nous frapper, et, pour parler correctement, on le nommerait, non pas glohc, mais sphéroïde, qui est le nom affecté par les géomètres à la forme décrite ci-dessus.

164. Les sections d'une pareille figure faites par un plan ne sont pas des cercles , mais des ellipses; en sorte que, sur une terre d'une pareille configuration , l'horizon d'un spectateur ne serait nulle part ( excepté aux pôles ) exactement circulaire , mais un peu elliptique. Il est aisé de démontrer cependant que sa déviation de la forme circulaire, provenant d'une aussi légère ellipticité que celle qui a été supposée ci-dessus, serait absolument imperceptible, non seulement à l'œil nu, mais même au moyen du secteur ; en sorte que , par ce mode d'observation, nous ne serions jamais conduits à remarquer une aussi petite déviation de la parfaite sphéricité. On verra comment nous sommes amenés à cette conclusion comme résultat pratique , lorsque nous aurons expliqué le moyen de déterminer avec exactitude les dimensions du tout , ou d'une partie quelconque de la terre.

165. Comme nous iie pouvons empoigner la terre , ni nous en éloigner assez

pour la voir à-la- fois comme un tout, et la comparera un modèle de mesure connu qui soit à un degré quelconque une partie aliquote de sa grandeur, mais qu'il ne nous est donné que de ramper sur elle, et d'appliquer successivement nos mesures exiguës à des parties comparativement petites de sa vaste surface il est nécessaire de suppléer, par des raisonnemens géométriques , au défeut de nos facultés matérielles , et de faire surgir de la mesure rigoureuse et attentive de ces petites parties la forme et les dimensions de toute la masse. Cela offrirait peu de difficulté , si nous étions sûrs que la terre est exactement une sphère j car la proportion de la circonférence d'un cercle à son diamètre étant connue ( savoir celle de 3,1415926 à1 ) , il ne nous reste qu'à déterminer la longueur de la circonférence entière de tout grand cercle, tel qu'un méridien, en milles, pieds, ou tout autre modèle d'unité , pour connaître le diamètre en unités de même espèce. Or la circonférence de tout un cercle est connue aussitôt que nous savons la longueur exacte d'une de ses parties aliquotes, par exemple d'un degré, ou la 560". partie, qui , étant évaluée en mètres , donne 1 1 myriamètres et 1 /10 , environ 70 milles anglais. Cette longueur n'excède pas les limites d'une étendue susceptible d'être mesurée très exactement, et elle pourrait l'être en effet (si nous connaissions bien le point de délimitation de chaque extrémité) jusqu'à une approximation d'un très petit nombre de pieds , ou même de pouces , par des méthodes sur lesquelles nous allons donner quelques détails.

166. En supposant donc que nous allassions commencer à mesurer avec toute k précision convenable , à partir d'un point quelconque , dans l'exacte direction d'un méridien , et que nous continuassions à mesurer jusqu'à ce que , par quelque indication , nous fussions instruits que nous avons accompli un degré exact depuis la station de notre départ , notre problème serait alors tout de suite résolu. Il ne reste donc qu'à chercher par quelles indications nous pouvons être sûrs, 1°. que nous avons avancé d'un degré exact ; et T. que nous avons mesuré dans l'exacte direction d\in grand cercle.

167. Or, la terre ne nous offre pas des bornes qui indiquent les degrés, ni des traces inscrites sur sa surface pour nous guider dans une pareille opération. La boussole, quoiqu'elle soit d'un assez grand secours au marin ou au voyageur, est beaucoup trop incertaine dans ses indications, et trop peu connue dans ses lois, pour être d'aucun usage dans un cas pareil. Nous devons , par conséquent, nous tourner à l'extérieur, et rapporter notre situation sur la surface de notre globe à des marques naturelles , qui soient en dehors de sa sphère , d'une permanence , d'une stabilité égales à celles de la terre elle-même. Ces marques sont fournies par les astres. Par les observations de leurs hauteurs méridiennes , faites à chaque station , et d'après leurs distances polaires connues , nous concluons la hauteur du pôle ; et comme la hauteur du pôle est égale à la latitude du lieu ( article 95 ) , les mêmes observations donnent les latitudes de toutes les stations où nous pouvons établir les instrumens nécessaires. Lors donc que l'on a trouvé que notre latitude a diminué d'un degré , nous savons que , pourvu que nous n'ayons pas quitté le méridien , nous avons décrit la 360^. partie de la circonférence de la terre.

168. On peut s'assurer à chaque instant de la direction du méridien par les observations décrites à l'article 157 ; et quoique des difficultés locales puissent nous obliger de dévier dans notre mesure de cette direction précise , néanmoins , si nous tenons un compte exact de la quantité de cette déviation ^ wn calcul très simple nous fournira le moyen de réduire notre mesure observée à sa valeur méridienne.

169. Tel est le principe de l'importante opéra*;;ion géographique qui a pour objet la mesure d'un arc du méridien. Il fuu*^ toutefois , pour les détails, apporter quelque modification dans sa n»rr>J^e, On ne peut monter et démonter un

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