GRAVITÉ SUR UN SPHÉROÏDE
\9i . Des expériences de ce genre ont été faites, comme il a été dit ci-dessus, iavec le plus grand soin et les précautions les plus minutieuses , à toutes les latitudes accessibles ; et leur résultat général et final a été de donner 1/194 de différence de gravité entre celle de l'équateur et celle des pôles. Maintenant, le lecteur ne manquera pas de se faire une arme contre l'explication que nous venons de donner du fait de la rotation delà terre, de ce que cette différence n'est p«s identique avec la fraction 1 /289 qui exprime la force centrifuge à l'équateur. La différence dont la première fraction surpasse la dernière, est de 1/590, qu antité petite en elle-même, mais encore trop grande, comparée avec les autres en question , pour n'être pas expliquée d'une manière expresse.
102. Si nous remontons à la source de cette différence, nous trouverons un exemple curieux et instructif de l'action indirecte qu'exercent souvent des causes mécainiqnes, et dont l'astronomie nous fournit des exemples innombrables. La rotai ion de la terre donne lieu à la force centrifuge ; celle-ci produit l'ellipticité dans la forme de la terre elle-même ; et cette même ellipticité modifie son pouvoir d'attiraction sur les corps placés à sa surface, et fait naître ici la différence en questioïï. Nous voyons donc la même cause exercer à -la -fois une influence directcj et indirecte. Le degré de la première se calcule aisément • celui de la derni'\îre , avec beaucoup plus de difficulté , au moyen d'une application profond e et compliquée de la géométrie , dont nous ne pouvons prétendre tracer la mar che dans un ouvrage comme celui-ci , nous bornant à en constater la nature €it les résultats.
■1 95. Le poids d'un corps (considéré comme n'ayant pas subi de diminution par lai force centrifuge ) est l'effet de l'attraction que la terre exerce sur lui. Cette a ttraction, comme Newton l'a démontré, consiste, non dans la tendance de t Dute matière vers un centre particulier quelconque , mais dans la disposition de 1 outes les molécules de la matière de l'univers à tendre l'une vers l'autre j et , si • elles n'éprouvent pas de résistance, à s'approcher. Ainsi , l'attraction de la terre sur un corps placé sur sa surface, n'est pas une force simple, mais complexe, r ésultant des attractions séparées de toutes ses parties : or, il est évident que si l a terre était une sphère parfaite, l'attraction qu'elle exerce sur un corps situé à 1 an point quelconque de sa surface devrait être parfaitement égale , par la simple raison de l'exacte symmétrie de la sphère dans tous les sens. Il n'est pas moins (évident que la terre étant elliptique , et cette symmétrie ou identité de toutes ses 1 parties n'existant pas , on ne saurait en attendre le même résultat. Un corps I placé à l'équateur et un semblable au pôle d'un ellipsoïde aplati , se trouvent dans un rapport géométrique différent à l'égard de la masse comme un tout. Cette différence , sans entrer dans de plus grands détails , peut , on doit bien le penser, *n entraîner une dans ses forces d'attraction sur les deux corps. Le calcul confirme cette idée. C'est une question du domaine exclusif des mathématiques , et elle a été traitée avec autant de clarté que de précision par Newton , Maclaurin y Clàiraut , et beaucoup d'autres éminens géomètres. L'objet de leurs recherches est de faire voir que , par la raison seule de la forme elliptique de la terre , et indépendamment de la force centrifuge , son attraction doit accroître le poids d'un corps en allant de l'équateur aux pôles d'à-peu-près 1 /590, ce qui, conjointement avec 1 /289 dû à la force centrifuge, fait la quantité totale de 1 /1 9i observée.
194. Un autre grand phénomène géographique , qui doit son existence à la rotation de la terre, est celui des vents alisés. Ces courans impétueux dans notre atmosphère , qui ont tant d'influence sur une partie de la navigation , viennent , 1°. de l'exposition inégale de la surface de la terre aux rayons du soleil, qui la réchauffent inégalement à différentes latitudes ; et 2°. de la loi générale dans la constitution de tou3 les fluides , en vertu de laquelle ils occupent un plus grand