‹ Traité d'astronomieChapitre 43 sur 116 · LA VOIE LACTÉE. LE ZODIAQUE · texte numérisé non relu

LA VOIE LACTÉE. LE ZODIAQUE

riencc démontrait (et c'est ce qui a lieu) que ces lignes et ces points artificiels sont amenés , par un mouvement lent de l'axe de la terre , ou par d'autres variations séculaires {comme on les appelle) à coïncider à des intervalles de temps très éloignés , avec différentes étoiles , il ne soit pas pris au dépourvu dans ce changement , et n'ait pas de fausses notions à réformer.

252. Nous ne parlerons donc pas ici de ces configurations grotesques qui représentent des hommes et des monstres , qui blessent ordinairement nos regards sur les globes et les cartes célestes , et nous fournissent assez grossièrement le moyen de parler de groupes d'étoiles ou de régions dans les cieux , sous des noms qui , quoique absurdes ou puérils dans leur origine , ont acquis un droit de bourgeoisie qu'il serait difficile , et peut-être nuisible, de leur ravir. Quand elles ont réellement ( comme c'est le cas de quelques-unes) une légère ressemblance avec les figures que crée notre imagination par la vue des constellations les plus éclatantes , il n'y a rien que de convenable ; mais lorsque , à cela près , elles n'offrent que de l'arbitraire et ne correspondent nullement à des subdivisions naturelles ou groupes d'étoiles , les astronomes n'en font presque pas de cas , et s'ils s'en servent , ce n'est que pour désigner avec brièveté des étoiles remarquables , comme a du Lion , /5 du Scorpion , etc. , etc. , par des lettres de l'alphabet grec qui les accompagnent. Le lecteur les trouvera dans toutes les cartes ou globes célestes , et pourra les comparer avec les cieux pour y apprendre tout seul leur position.

253. Nous ne sommes pas embarrassés , toutefois , à trouver dans les cieux des régions naturelles qui offrent des particularités extrêmement tranchantes , et frappent tout observateur : telle est la voie lactée , cette grande bande lumineuse , qui sillonne le firmament d'un horizon à l'autre, et qui, dessinée avec soin, forme une zone qui entoure toiite la sphère , presque selon un grand cercle , en dehors de tous ceux imaginés par les astronomes pour indiquer les divisions , mais qui ressemble plus que tout autre à un cercle horaire. Après avoir parcouru une certaine étendue du ciel, elle donne naissance à une espèce de rameau qui s'en détache pour franchir isolément 1 50 degrés et se réunir alors au corps principal. Ce remarquable baudrier a conservé, depuis les siècles les plus reculés , la même situation relative parmi les étoiles ; et, quand on l'examine avec de puissans télescopes , on trouve ( chose étonnante à dire I ) qu,'il se compose en totalité d'étoiles dispersées par millions, comme de la poussière d'or , sur le fond noir de l'universalité des cieux.

254. Une autre région remarquable dans les pieux est le zodiaque, non d'après des particularités qui concernent sa constitution , mais parce que c'est le plan dans lequel se meuvent en apparence le soleil , la lune et toutes les planètes du premier ordre. Pour tracer la marche de l'une quelconque d'entre elles , il suffît d'assigner , par des observations non interrompues, les lieux qu'elle occupe à des époques successives, et, les marquant sur notre carte ou globe en nombre suffisant pour former une série passablement serrée , de les lier par des lignes de point en point , comme nous indiquons le sillage d'un vaisseau sur mer en notant sa place de jour en jour. Or, cela étant fait , on trouve 1". que la marche apparente du soleil sur la surface des cieux n'est autre chose qu'une grande circonférence d'un cercle de la sphère appelé écliptique, faisant un angle d'environ 23" 28' avec l'équateur, qu'il coupe en deux points opposés, appelés les points équinoxiaux , ou les équinoxes , distingués l'un de l'autre par l'adjonction respective des mots du printemps et de l^mtomne ; le premier , ou l'équinoxe du printemps, étant celui auquel le soleil traverse l'équateur , en allant du sud au nord; le second, ou Véquinoxe d'automne, ayant lieu lorsque cet astre quitte l'hémisphère septentrional pour entrer dans l'hémisphère méridional j 2". que la lune et toutes les planètes suivent des routes qui, de la même manière , entourent tout

le ciel , mais ne sont pas , comme celle du soleil , de grandes circonférences rentrant sur elles-mêmes et coupant la sphère en deux parties égales , mais plutôt des spirales d'une grande complication , et décrites avec des vitesses très illégales dans leurs diverses parties. Elles ont toutes , cependant , ceci de commun , que la direction générale de leurs mouvemens est la même que celle du soleil , savoir d'occident en orient , c'est-à-dire, le contraire de celle dans laquelle paraissent être transportées tant les planètes que les étoiles par le mouvement diurne des deux - et, de plus, qu'elles ne s'éloignent jamais beaucoup de l'écliptlque de part et d'autre , le traversant et retraversant à des intervalles de temps régidlers et égaux , et se renfermant dans une zone ( le zodiaque dont il a déjà été parlé ) de la largeur de 9" des deux côtés de l'écliptique.

255. Il serait évidemment inutile de marquer sur des globes ou des cartes les chemins apparens de tous ces corps qui ne retracent jamais la même route , et qui, en conséquence, comme cela est démontré , doivent occuper dans un moment ou dans im autre de leur histoire , tous les points de la surface de cette zône des deux dans laquelle ils sont circonscrits. La complication apparente de leurs mouvemens vient (celui de la lune excepté ) de ce que nous les voyons d'une station qui est elle-même en mouvement, et qui disparaîtrait si nous pouvions changer notre point de vue de place et les observer du soleil. D'autre part , le mouvement apparent du soleil nous est présenté sous sa forme la moins problématique , et la station où nous sommes se prête à son étude de la manière la plus avantageuse.

256. Il traverse l'écliptique , qui est son chemin apparent parmi les étoiles, dans la période appelée année sidérale, qui se compose de 365 j. 6 h. 9 m. 9 s. , 6, comptés en temps solaire moyen, ou de 366 j. 6 h. 9 m. 9 sec , 6 , en temps sidéral. La raison de cette différence ( et c'est là ce qui constitue l'origine de la différence entre le temps solaire et le temps sidéral ) est que , comme le mouvement annuel apparent du soleil parmi les étoiles , se fait dans un sens contraire au mouvement apparent diurne tant du soleil que des étoiles , l'effet est le

MÊME QUE SI LE MOUVEMENT DIURNE DU SOLEIL SE RALENTISSAIT DE TOUT SON MOUVEMENT QUOTIDIEN DE TRANSLATION , OU QUE SI LE SOLEIL s' ARRETAIT DER- RIERE LES ÉTOILES DANS SA COURSE JOURNALIERE. QuAND CELA AURA CONTINUE TOUTE UNE ANNEE, LE SOLEIL SE SERA TROUVE DERRIERE LES ETOILES DE TOUTE LA CIRCON- FÉRENCE DES ciEux ; OU , en d'autres termes , le soleil aura , dans une année ,

FAIT UNE RÉVOLUTION DIURNE DE MOINS QUE LES ETOILES. Ou VoIt doUC qUC Ic

même intervalle de temps qui est mesuré par 566 j. 6 h. etc., ou en temps sidéral, s'il est compté en temps solaire- moyen , s'appellera 365 j. 6 h. etc. Ainsi se trouve établie la proportion entre le jour solaire moyen et le jour sidéral , qui sont entre eux comme 1 .00275791 est à 1 . La mesure du temps par ces deux termes de comparaison , peut être assimilée à celle de l'espace qui se fait au moyen de pieds étalons, d aunes, etc., chez deux nations différentes 5 et leur proportion , une fois établie, ne peut jamais devenir une source d'erreurs.

257. La position de l'écliptique parmi les étoiles , pour notre but actuel, peut être regardée comme invariable. Il est vrai que ce n'est pas exactement le cas; et en comparant sa position actuelle avec celle qu'il occupait à l'époque la plus reculée dont nous puissions posséder des traditions astronomiques, nous trouvons des preuves d'un léger changement que la théorie ne saurait négliger , et dont la nature sera expliquée ci-après ; mais cette variation est si lente , que pendant un grand nombre d'années successives , ou même pendant des siècles entiers , ce cercle peut être regardé comme occupant la même position dans les deux.

258. Les pôles de l'écliptique , comme ceux de tout autre grand cercle de la sphère , sont des points diamétralement opposés sur sa surface , également éloignés de l'écliptique dans tous les sens. Ils ne coïncident par conséquent pas avec tjeux de VéqmteuT , mm en sont éloignés d'un intervalle angulaire , égal à l'in-

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