‹ Traité d'astronomieChapitre 78 sur 116 · ÉCLIPSE» DES SATELLITB8 I>E JUPITER · texte numérisé non relu

ÉCLIPSE» DES SATELLITB8 I>E JUPITER

semblent osciller , passant tantôt devant Jupiter , et jetant des ombres sur son disque ( que l'on voit très distinctement , dans de bons télescopes , comme de petites taches d'encre noire ) , et tantôt disparaissant derrière ïe corps , ou se trouvant éclipsés dans son ombre à quelque distance. C'est par ces éclipses que nous sommes en possession de bons élémcns pour la construction des tables des mouvemens des satellites, aussi bien que de signaux pour déterminer les différences de longitude.

459. Les éclipses des satellites , considérées sous leur point de vue général , sont parfaitement analogues à celles de lune , mais dans leurs détails elles diffèrent sous certains rapports. La distance de Jupiter au soleil étant beaucoup plus grande , ainsi que son volume , le cône de son ombre (art. 355) se projette beaucoup plus loin , et est d'une beaucoup plus grande dimension que celui de la terre. D'ailleurs , il y a beaucoup moins de proportion entre les satellites et leur planète primaire , qu'entre la lane et la terre , leurs orbites sont moins inclinées sur son écliptique , et leurs dimensions comparativement plus petites. C'est à cause de ces circonstances que les trois satellites intérieurs de Jupiter passent par l'ombre , et sont totalement éclipsés à chaque révolution; et quoique le quatrième , par une plus grande inclinaison de son orbite , échappe quelquefois à l'éclipsé , et puisse accidentellement effleurer pour ainsi dire le bord de l'ombre, pour ne subir qu'une éclipse partielle, cela n'arrive que très rarement ; et, en général, ses éclipses ont lieu , comme pour les antres satellites, à chaque révolution.

460. Ces éclipses , du reste , ne sont pas vues , comme celles de lime , du centre du mouvement du corps éclipsé, mais d'une station éloignée, et variable par rapport à la ligne de l'ombre. Ceci n'influe donc en rien sur le temps des éclipses , mais beaucoup sur leur visibilité, et sur leurs situations apparentes relativement à la planète aux instans de Yimmers:ion et de Vémersion du satellite.

461 Soient (fîg. 64) S le soleil , E la terre dans son orbite EFGK , J Jupiter , et ab l'orbite d'un de ses satellites. Le cône d'ombre aura son sommet en X , point situé à une grande distance des orbites de tous les satellites ; et la pénombre , en raison du grand éloignement du soleil , et de la petitesse qui résulte de l'angle que son disque soustend à la surface de Jupiter , s'étendra à peine , dans les limites des orbites des satellites, à une distance appréciable au-delà de l'ombre. Un satellite qui se meut d'occident en orient , dans la direction des flèches , sera éclipsé en entrant dans l'ombre tîn a , mais non tout-à-coup , parce que , comme la lune , son diamètre , vu de la planète , est considérable ; en sorte que le temps qui s'écoule depuis la premièro, déperdition appréciable de lumière, jusqu'à son extinction totale, sera celui qu'il emploie à décrire autour de Jupiter un angle égal à son diamètre apparent >ll du centre de la planète; il sera même d'une un peu plus longue durée, à cause de la pénombre. La même remarque s'applique à son éraersion en h. Or , attendu la différence qui existe entre les télescopes, et celle de la vue d'individu à individu, il est impossible de déterminer le moment précis de l'obscurcissement initial, ou de l'extinction totale en a, non plus que celui du premier jet de lumière; qui tombe sur le satellite en b , ou du rétablissement complet de sa lumière. L'observation d'une éclipse , où l'on ne voit que l'immersion ou l'émersion , est donc incomplète , et ne saurait suffire à nous donner des résultats rigoureux , théoriques ou pratiques. Mais si la même j)ersonne , munie du même télescope, assiste également à l'immersion et à l'émersion , l'intervalle des temps donnera la durée , et la moitié de cet intervalle le milieu précis de l'éclipsé , moment où le satellite est sur la ligne SJX , c'est-àdire le vrai moment de son opposition avec le soleil. Il n'y a que cette manière d'observer qui puisse nous fournir les moyens de déterminer les périodes et autre* eireonstances des mouvemens des satellite» , et nous mettre en possession

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