‹ Traité d'astronomie pratique, comprenant l'exposition du calcul des éphémérides astronomiques et nautiques, d'après les méthodes en usage dans la composition de la Connaissance des tempe et du Nautical almanac, avec une introduction historique et de nombreuses notesChapitre 10 sur 194 · PREMIERE SECTION. XVII · texte numérisé non relu

PREMIERE SECTION. XVII

exprimées en demi-diamèlre terrestre et calculées de dix jours en dix jours pour tous les mois de Tannée. Maraldi, qui remplaça Godin en ijSS, continua à rédiger la Connaissance des Temps sur le même plan, mais il l'enrichit de Tables nouvelles et de remarques intéressantes ; il y ajouta surtout un Tableau fort important, celui de la configuration des satellites de Jupiter, tel à peu près qu'on le trouve de nos jours. En 1760, Lalande ayant été appelé, par ordre du Roi et sur le choix de l'Académie, à continuer l'œuvre de ses prédécesseurs, en modifia considérablement la forme et y rassembla tout ce que les astronomes pouvaient désirer de plus nouveau et de plus intéressant pour leurs travaux, et tout ce que les navigateurs avaient besoin de connaître pour être en état de déterminer avec précision la longitude en mer, problème dont la solution était, à cette époque, ardemment poursuivie. Il rétablit l'annonce des phénomènes à observer et celle des occultations d'étoiles que Maraldi avait cru pouvoir supprimer, et calcula les lieux du Soleil, de la Lune et des planètes avec beaucoup plus de précision qu'on ne l'avait fait avant lui, en employant pour cela les Tables les plus récentes et les plus exactes que l'on possédât alors, à savoir : les Tables de La Caille pour le Soleil, celles de T. Mayer pour la Lune et celles de Halley pour les cinq planètes principales : Saturne, Jupiter, Mars, Vénus etMercure. Les éclipses des satellites de Jupiter, que cet astronome donna aussi avec beaucoup de soin et d'étendue, furent calculées sur les Tables de Wargentin, dont il venait de donner lui-même une édition beaucoup plus parfaite que ne l'était celle qui avait paru à Stockholm en iy/\6. La publication du Volume de 1774 est surtout remarquable par l'addition d'un Chapitre important pour la navigation, celui des distances lunaires, que Lalande emprunta au Nautical yilnianacy Ouvrage qui, depuis quelques années, se publiait à Londres sous la direction du célèbre Maskelyne. Cette méthode de déterminer la longitude en mer au moyen de la Lune n'était pas nouvelle ; depuis longtemps Halley l'avait proposée, et La Caille, qui s'en était servi dans son voyage au Cap, l'avait, à son retour en France, vivement recommandée aux navigateurs. Cet excellent astronome avait même donné, dans le second Volume de ses Éphémérides, publié en 1 760, le plan détaillé d'un Almanach nautique où ces distances devaient se trouver calculées pour tous les jours de l'année et de trois heures en trois

XVlll INTRODUCTION HISTORIQUE.

heuixîs. Mais ses occupations ne lui ayant pas permis de donner suîle à ce projet, ce fut Maskelync qui, le premier, eut le mérite de le réaliser eu publiant le iVautical Aima /tac. Ouvrage dont nous aurons bientôt à reparler.

Jeaurat, qui remplaça Lalande en 1776, suivit les mêmes principes que ce dernier, mais il donna avec beaucoup plus d'étendue les calculs de la Lune, en fournissant la déclinaison de cet astre de six beures en six lieures. Il continua du reste, comme Lalande, à tirer du IVautical Almanac les distances de la Lune au Soleil et aux principales étoiles, éléments que Maskelyne avait même la complaisance de lui envoyer avant leur impression, et dès qu'il en avait vérifié l'exactitude. Méchain remplaça Jeaurat en 1788, el apporta, dans la rédaction de la Connaissance des Temps, un soin et une perfection que l'on n'y avait pas encore rencontrés. Il donna, dans les premières années publiées à partir de 1788, une Table fort étendue el fort précise des positions géograpliicpies df*s principaux lieux du globe; les éléments de cinq comètes nouvelles; une Table des amplitudes parDegaule; des Tables du mouvement boraire de la Lune; des Tables d'aberration et de précession par Delambre; des formules de parallaxe par Carouge, etc. Tous les calculs furent exécutés à l'aide des Tables les plus exactes et les plus récentes que l'on eut alors, et vérifiés avec un soin scrupuleux. Les lieux du Soleil furent calculés sur les Tables de T. Maver; ceux de la Lune sur les Tables du même astronome, mais revues par Cli. Masson. I^es calculs de Mercure et de Vénus furent faits à Taide des Tables que Lalande venait de faire paraître (1789); ceux de Mars, Jupiter et Saturne sur les Tables du ménje auteur insérées dans la seconde édition de son Astronomie^ mais corrigées, pour Saturne, à Taide des Tables de llalley et des formules de Laplace. Enfin, pour Lranus, on se servit des Tables ])ubliées dans la (Connaissance des 7\*mps de 1787 et dressées sur les éléments déterminés par Laplace, d'après les observations mêmes de Mécliain.

C'est le 7 messidor de l'an III, ou le aS juin ij^)'), que, par une loi rendue sur la proposition de Lakanal et d*après le rapport du représentant du peuple Grégoire, le Bureau des Longitude?» fut établi en France; et c'est à partir de celte époque mémorable que la rédaction de la Connaissance des Temps fut spécialement

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