XVI INTRODUCTION HISTORIQUE
Le comte de Pontchartraln, alors chancelier de France, à qui le cas avait Hé déferré, trouva la conduite de Lefebvre si inconvenante, si irrévérencieuse envers rAcadémie, qu^il voulut tout d'abord Texclure de cette assemblée; mais, à la prière du Président et de quelques membres, il se laissa fléchir et permit à Lefebvre de continuer à v prendre séance, à la condition, toutefois, qu'il retirerait la préface de la Connaissance des Temps de 1701, qu'il en ferait une autre dans laquelle il rétracterait tout ce qu'il avait dit d'injurieux à Tégard de La Ilire père et fils, et que de plus il leur en demanderait pardon en pleine assemblée. Lefebvre, à qui cette décision du Ministre fut communiquée, écrivit, dans la séance suivante (s/ance du i5 décembre 1700), qu'il était prêt à se soumettre à tout plutôt que de renoncer à l'Académie, et qu'il irait, aussitôt que sa santé le lui permettrait, faire telle réparation que l'on exigerait de lui. Il paraît que plusieurs membres, auxquels se joignirent les La Ilire, prièrent le Président d'épargner à Lefebvre cette humiliation, mais la complaisance ne fut qu'apparente; car, à quelque temps de là, Lefebvre ayant été forcé de manquer quelquefois de suite aux séances de l'Académie, cet astronome en fut exclu sous prétexte que le règlement exige l'assiduité. « Ce fut, dit Lalandc, de qui nous tenons ces détails ( liibliographie astronomique y p. 344)'»""C perle pour l'Astronomie ; il calculait mieux les éclipses que La Ilire, parce qu'il emplovait la période de dix-huit ans, qu'il tenait peut-être de Rœmer. » Lefebvre mourut en 1706. Outre la Connaissance des Temps, qu'il rédigea de ir)84 à 1701, on a encore de cet excellent astronome des Itp hé nié rides /fOur /es années i6S.\ et i683, cale tilées sur le méridien de Paris^ et des Tables astronomiques qui eurent la réputation de bien représenter les éclipses de Lune et de Soleil.
Nous avons dit qu'après Lefebvre, Lieutaud, Godin et Maraldi furent successivement chargés de composer la Connaissance des Temps; mais c'est surtout dans les années publiées par Godin, de 1730 a 1734» que de notabh^s et ulil(»s perfectionnements furent introduits dans la rédaction de cet Ouvrage. Aux données déjà nombreuses que renfermaient les \ olumes (h's années i7oa-i7';»7, Godin ajouta rascension droite du Soleil, exprimée, ainsi que sa déclinaison, en degrés, minutes et secondes; les éclipses des trois <lerni(MS satellites de Jupiter, et les distances du Soleil à la Terr^.