LVI INTRODUCTION HISTORIQUE
Jupiter, fut aussi le premier qui eut Tidée de faire servir les conligurations et surtout les éclipses de ces astres à la détermination des longitudes terrestres. Encouragé dans ce projet parles États de Hollande, qui lui promirentde grandes récompenses s'ily réussissait, il entreprit, aidé de ses disciples, un nombre considérable d'observations qui malheureusement sont demeurées sans résultat. A la mort de Galilée, le grand-duc de Toscane, Cosme II, chargea Vincent Reineiri, Tun de ses disciples, de continuer les observations commencées et d'en déduire des Tables du mouvement des satellites; ce savant y travailla pendant dix ans, mais sans succès, paraît-il, car il ne fit rien paraître. Il mourut en 1647, ^^^^ qu'il fût même possible de retrouver ses observations et celles de Galilée dont il était le dépositaire, ses papiers et tout ce qui lui appartenait ayant été dilapidés à sa mort. Ils ont été retrouvés depuis, et sont aujourd'hui en la possession de la Bibliothèque de Florence, dite Palatine.
Peiresc, conseiller au parlement d'Aix et l'ami de Gassendi, fut, après Galilée et Reineiri un des premiers qui entreprit de réduire en Tables les mouvements des satellites; il s'était associé Marius dans cette entreprise; mais, ayant appris dans la suite que Galilée était occupé d'un semblable projet, il s'abstint, par un sentiment des plus louables, de publier son travail. Hodernia et Marius s'occupèrentaussi de dresser des Tables.de satellites, mais sansy réussir; fondées sur un trop petit nombre d'observations, ces Tables étaient sans exactitude. Hevelius, qui avait formé le même projet, ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs et dut y renoncer. Enfin, en 1666, Borelli essaya de déduire des observations de Hodernia et des siennes propres une théorie du mouvement des satellites et fit paraître ses TlieoricœMedicœorumplanetarumex causisphysicis deductœ, in-4*^, Ouvrage intéressant à plus d'un titre et qu'ont loué Cassini, Lalande et Montucla. On lit, dans Y Histoire des Maihéniatiques de ce dernier, que, pour établir cette théorie, Borelli fit usage des principes de l'attraction. Il y a sans doute loin des idées de Borelli sur cette matière à celles que nous avons aujourd'hui, mais il se peut qu'elles aient inspiré Newton.
Au môme moment où Borelli publiait à Florence sa théorie des Planètes médicéennes, Cassini faisait paraître à Bologne un Ouvrage sur le mémo sujet intitulé De difficultatibus circa éclipses