PREMIÈRE SECTION. LXI
fort imparfaites et de présenter dès le début des divergences considérables avec l'observation. Elles furent remplacées avec avantage par celles que Wargentin, astronome suédois, publia en 17465 dans les Acta Societatis regiœ upsalensis et dont nous allons avoir maintenant à nous occuper.
Une chose à laquelle Wargentin s'attacha tout d'abord dans la construction de ses Tables, ce fut précisément de déterminer la valeur des inégalités dont Bradley n'avait fait que fixer la période, et il y réussit pleinement. Par la discussion minutieuse de toutes les observations qui lui étaient parvenues, il reconnut que l'inégalité du premier satellite dépendante de la période de 4^7^ était de o^'iô^So* ou o**3o' en plus ou en moins, inégalité qui lui parut provenir surtout de l'attraction du second satellite. Ce second satellite, étant attiré à la fois par le premier et par le second, devait présenter une variation plus grande : Wargentin trouve pour la quantité de cette variation o**i6°3o*et fixe sa période, comme Bradley, à 437^20^. Quant au troisième satellite, il lui donne une variation de 8"*, qu'il partage en deux inégalités séparées dépendant respectivement des périodes de 12 ans ^ et de i3 ans |; obligé un peu plus tard de les abandonner, il leur substitua une seule équation d'une excentricité variable, et dont il fixa la période à i3 ans. Relativement au quatrième satellite, Wargentin adopte une inégalité de i**o"*3o% dépendante de l'excentricité de son orbite et qui lui paraît suffire pour représenter les perturbations de ce satellite.
Une des principales causes de perturbation que l'on observe dans le mouvement des satellites de Jupiter est celle qui provient de l'action développée par Saturne sur Jupiter, action dont leseflets sont surtout sensibles aux époques des conjonctions et des éclipses ; car, le mouvement des satellites étant rapporté au centre de la planète principale, toutes les inégalités qui affectent le mouvement de Jupiter doivent, par là-même, affecter la position relative de ses satellites, et par conséquent faire varier le temps de leur conjonction. Wargentin essaya de faire entrer les variations dues à cette cause dans le calcul de ses Tables des satellites et construisit à cet effet des Tables additives qui contiennent cinq inégalités nouvelles ; mais la théorie des planètes Jupiter et Saturne était à cette époque trop imparfaite pour que cette cause de perturbation