I. ~ Calendrier romain. — Réformes julienne et grégorienne
L'année composée par Romulus aux premiers temps de la République romaine était vague et ne comprenait que 3o4 jours divisés en 10 mois. Mars {martius) était le premier de ces mois et se composait de 3i jours; venaient ensuite, dans Tordre de leur succession, avril (aprllis)^ de 3o jours; mai (maïus), de 3i jours; \^in (Junius) y de 3o jours; quintilis, de ii ']Ours \ sextilis, de •^0 jours; 5e/>^e/w6er (septembre), de 3o jours; october (octobre), de 3i jours; noi^ember (novembre), de 3o jours, et december (décembre), de 3o jours. Les intercalations fréquentes que nécessitait cette distribution du temps pour s'accorder avec le cours des saisons déterminèrent Numa à la réforme qui porte son nom. Ce prince, prenant pour modèle Tannée dont se servaient les principaux peuples de la Grèce, ajouta à Tannée romaine deux nouveaux mois, janvier (Januarius) , de ag jours, et février (februarius)y de 28 jours, qu'il plaça, le premier au commeneement de Tannée de Romulus et le second à la fin de la même ^née, c'est-à-dire après décembre ; puis, pour que Tannée ainsi composée pût s'accorder avec Tannée lunaire, il eut soin d'ôter un
jour de chacun des six mois pairs de Romulus, ce qui rendit tous les mois de son calendrier impairs, à l'exception du mois de février, auquel il conserva une quotité paire de jours (*). L'ordre dans lequel se succédèrent les mois de Numa et leurs durées fui alors le suivant : janvier, 29 jours; mars, 3i jours; avril, 29 jours; mai, 3i jours; juin, 29 jours; quintilis,3i jours; sextilis, 29 jours; septembre, 29 jours; octobre, 3i jours; novembre, 29 jours; décembre, 29 jours, et février, 28 jours. Par cette distribution, l'année romaine s'accordait assez bien avec l'année lunaire, mais il était loin d'en être de même à l'égard de l'année solaire. Pour remédier à cet inconvénient, Numa décida que l'on ajouterait, de deux en deux années, un mois intercalaire de 22 et de 23 jours, alternativement, ce qui rendait la première année de son calendrier de 365 jours, la seconde de 377 jours, la troisième de 365 jours, puis la quatrième de 378 jours, et ainsi de suite pour les autres périodes de quatre années. Comme les i465 jours de ces quatre années donnent une moyenne de 366 jours {, cette première institution de Numa eut pour eflel, comme on voit, de rendre l'année moyenne romaine plus longue d'un jour que l'année solaire. Ce prince entrevit bien le vice de son calendrier et chercha à y remédier^ mais les indications qu'il laissa à ce sujet furent si mal comprises ou si mal suivies par les pontifes chargés de veiller à la constitution du calendrier, que, aux derniers temps de la République romaine, il en était résulté une confusion telle, que Tcquinoxe civil s'écartait de Téquinoxe astronomique de près de trois mois et que l'ordre des saisons était entièrement interverti. Jules César, qui venait d'être investi de la dignité pontificale et à qui revenait, par conséquent, la mission de veiller à la constitution du calendrier, résolut de mettre fin à un pareil désordre et de le prévenir pour toujours en donnant à Tannée une constitution plus régulière et plus en harmonie avec Tannée astronomique. Dans cette vue, il fit venir Sosigène d'Alexandrie et le chargea de la partie astronomique du travail, c'est-à-dire de la détermination exacte de Tannée solaire. Cet astronome ayant adopté pour durée (le Tannée tropique un nombre de 365 jours J. il fut décidé que,
('; C'est par une superstition atlarliér au\ nombres impairs, «|uc l'antiquité rr gardait rommc d'un heureux présage, que iNuma en a^'it ainsi.
sur quatre années consécutives, trois seraient de 365 jours et la quatrième de 366 jours, pour tenir compte des 24 heures dont quatre années ordinaires diffèrent de quatre années astronomiques. Ce jour épagomène se plaçait six jours avant les calendes de mars, c'est-à-dire entre le 23 et le 24 février, et s'appelait bissexto-calendas (*), d'où le nom de bissextile donné à l'année qui le porte. Cette réforme eut lieu en l'an 45 avant J. -G. ou en Tan 709 de Rome ; deux ans auparavant on avait été obligé, pour remettre l'équinoxe à sa place, d'ajouter à l'année deux mois supplémentaires, outre le mois intercalaire de 23 jours, qui se trouvait avoir lieu à celte époque, ce qui rendit cette année de 445 jours (ou, suivant certains auteurs, de 443 jours) et lui fit donner le nom à^ année de confusion.
Comme l'année ainsi composée avait 10 jours de plus que celle de l'ancien calendrier romain réformé par Numa, on convint de répartir ces 10 jours entre tous les mois qui n'avaient eu jusqu'alors que 29 jours, sans toucher à ceux de mars, mai, quintilis et octobre, qui avaient été établis de 3i jours par Romulus; janvier, sextiliset décembre furent faits de 3i jours, et avril, juin, septembre et novembre, de 3o jours. Quant au mois de février, il fut conservé tel que l'avait laissé Numa, c'est-à-dire de 28 jours. C'est à cette époque, et en mémoire de cette réforme de Jules César, que le mois de quintilis fut appelé y a/«/5 (juillet)^ un peu plus tard, le mois de sextilis prit le nom à^auguslus (août), en l'honneur d'Auguste.
Réforme grégorienne, — La durée de l'année moyenne, supposée par Sosigène de 365J,25, était un peu trop longue, puisque l'année tropique n'est réellement que de 365 J, 2422. 11 en résultait un avancement des équinoxes de o-i, 0078 par an ou de 0^,78 par siècle. Cette anticipation des équinoxes, qui, au commencement
('; Le premier jour du mois s'appelait calendes, et c'est de là qu'est dérivé le mot calendrier; le 5 s'appelait les nones et le i3 les ides; mais en mars, mai, juillet et octobre, ces dates étaient reculées de 2 jours et arrivaient le 7 et le i5. Les noms des autres jours du mois se déduisaient de leur rang en rétrogradant; ainsi le ao janvier se nommait le i3" jour des calendes de février, le 9 février le 3' jour des nones de ce mois, etc. Comme le jour que Jules César intercala tous les quatre ans entre le 23 et le 24 février précédait le 6* jour des calendes de mars, ••fut appelé second sixième jour des calendes de mars ou bissexto-calendas.
de Tère julienne, n'avait qu'un effet insensible sur la marche des saisons, finit, en s'accuraulant, par devenir considérable et par nécessiter une nouvelle réforme du calendrier, qui fut entreprise au XVI* siècle par le pape Grégoire XIII, avec le concours des astronomes de son temps. A cette époque, en effet (i58a), l'anticipation était de lo jours, si bien que Téquinoxe du printemps, qui, au temps du concile de Nicée, c'est-à-dire en Tan 3a5 après J.-C, tombait le 21 mars, n'arrivait plus, à Tépoque dont nous parlons, que le 1 1 de ce mois. Pour remettre les choses en l'état où elles se trouvaient au temps du concile, il fut décidé que Ton retrancherait les 10 jours d'anticipation de l'année i58a et que le lendemain du 4 octobre de cette même année serait appelé, non le 5, mais le i5 octobre iSSa; et pour qu'à l'avenir l'excès de oJ,ooj8 ne s'accumulât plus, on convint de supprimer le jour intercalaire dans les trois années séculaires 1700, 1800, 1900, et de ne le conserver que pour l'année 2000, qui serait bissextile, ainsi que 2400, 2800, etc., de sorte que, sur quatre années séculaires, trois fussent communes et la quatrième toujours bissextile. Le bref de Grégoire XIII qui contenait ces dispositions et abrogeait l'ancien calendrier parut à la fin de février ou au commencement de mars de l'année i58i . Tous les États qui devaient obéissance à l'Église, la France, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, etc., reçurent la nouvelle réforme à son origine ; mais les protestants, de même que les Danois et les Hollandais, refusèrent longtemps de l'admettre; ils s'y soumirent enfin en 1700, elles Anglais suivirent cet exemple en 1752. Aujourd'hui, le calendrier grégorien est généralement en usage chez tous les peuples d'Europe, si ce n'est toutefois chez les Russes, les Grecs et quelques chrétiens d'Orient, qui ont conservé l'usage du calendrier julien.