IV. — Des épactes
La réforme du calendrier julien, entreprise en i382 par le pape Grégoire XIII, avait, dans les vues de l'Église, un autre objet que Celui de la fixation de l'équinoxe au 21 mars : c^était de lier l'année lunaire à l'année solaire, de manière à pouvoir déterminer avec exactitude l'époque de la célébration de la fête de Pâques et des autres fêtes qui en dépendent et qui, comme elle, sont en rapport
8o DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE I.
avec le cours de la Lune. Or c'est ce qu^Âloysîus Lilius, astronome et médecin véronais, fît d'une manière très simple et très ingénieuse, à Taide des épactes dont il nous reste maintenant à expliquer le mécanisme ( * ) .
Dans son principe, Tépacte est ce qu^il faut ajouter à Tannée lunaire pour former Tannée solaire; ainsi. Tannée lunaire étant de 354 jours et Tannée commune solaire de 365, la différence 11 est Vâge de la lune moyenne au commencement de la seconde année, en supposant que la nouvelle lune soit arrivée le i*"^ janvier; c'est Tépacte de la seconde année. L'épacte de la troisième année est !22 ; Tépacte de la quatrième année serait 33, mais, comme à la (in de la troisième année on met un mois intercalaire de 3o jours, cette épacte se réduit à 3. Les épactes suivantes sont : i4» ^5 et 3() ou 6; 17, 28 et 39 ou 9; ao, 3i ou i ; 12, 23 et 34 ou 4 ; i^? 2^»
37 ou 7; 18, 29, 4o ou 10; 21, 32 ou 2; i3, 24, 35 ou 5; 16, 27,
38 ou 8; 19, 3o ou o.
Tel est Tordre primitif et régulier des épactes. Pour faire servir ces nombres à trouver toutes les nouvelles lunes d'une année, on les place, dans le calendrier perpétuel, à côté des jours du mois, mais dans un ordre rétrograde, de manière que Tastérisque * qui tient lieu de Tépacte XXX se trouve à côté du i**" janvier, Tépacte XXIX à côté du 2, celle XXVIII à côté du 3, et ainsi de suite jusqu'à Tépacte I, après laquelle on recommence * ou XXX. D'après Tordre dans lequel sont écrits ces nombres, on voit que la nouvelle lune de janvier, pour une année quelconque, doit arriver le jour devant lequel se trouve placée Tépacte, car pour 1877, P*^ exemple, Tépacte étant i5, ce nombre indique qu'au i*'*' janvier
(*) Le défaut du calendrier julien avait été aperçu longtemps avant Grégoire XllI. Dés l'an 700 de notre ère, Bède Tavait signalé, bien qu'à celte époque l'anticipation des équinoxes ne fût que de 3 jours. Au xui* siècle, Jean de Sacrobosco, savant anglais, Roger Bacon et Jean de Saxe présentèrent des projets de réformation qui restèrent sans résultats. Le môme sujet fut traité au siècle suivant, mais sans plus de succès, par Jean Angélus (i5o^), Jean Stoeffler (i5i6), Pighius (i52o), Jean Schôner (iSaa), Lucas Gauricus (i525), Pierre Pitatus (i55o). Les conciles de Constance et de Bâle, tenus en i\\!\ et i436, s'en occupèrent aussi, sur les représentations des cardinaux d'Ailly et de Cusa. Enfin, la même question ayant été soumise au concile de Trente par le pape Pie IV, la réformation fut cette fois ordonnée; mais, faute d'un plan convenable, elle ne put être entreprise que longtemps après par Grégoire XII f, et comme nous l'avons dit, le projet qui réunit les suffrages fut celui d'Aloyso Lilio, astronome véronais.
Tâge de la lune était i5, en sorte que la lunaison ayant commencé le i6 décembre, doit finir 3o jours plus tard, c'est-à-dire le i5 janvier. La nouvelle lune de janvier arrive donc le i6, et c'est précisément ce que marque le chiffre XV placé en regard de celte date. Et cette épacte, se trouvant reproduite à 2g et 3o jours de distance, indique ainsi les nouvelles lunes pour toute la durée de l'année ( * ). Quant aux autres phases, on les obtient en ajoutant les nombres 6, 1 3 et 20 à Tépacte de l'année proposée. Ainsi l'on a en 1877, année pour laquelle l'épacte est i5 :
NL. PL. PQ. DQ.
Janvier 16 3 10 a6
Février i4 2 8 24
Mars 16 3 10 26
Avril 14 a 8 24
Mai 14 I 8 24
Juin 12 29 6 22
NL:
Juillet 12
Août 10
Septembre . . 9
Octobre 8
Novembre. . . 7
Décembre. . . 6