‹ Traité d'astronomie sphérique et d'astronomie pratiqueChapitre 16 sur 147 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La publication dans notre langue du Lehrbuch der sphœrischen Astronomie de M. Brûnnow répond à un besoin qu*ont senti tous ceux qui ont eu à faire leur propre éducation astronomique, ou à diriger celle des Élèves- Astronomes. Nous ne possédons actuellement en France aucun Traité pratique intermédiaire entre la Mécanique céleste et les Cosmographies ou les Ouvrages élémentaires purement descriptifs. En effet, ou bien les Auteurs, s'étant proposé d'embrasser tout l'ensemble de l'Astronomie, n'ont pu donner les détails nécessaires sur les problèmes de l'Astronomie sphérique, qui constituent en réalité le fondement de la Science pratique; ou bien les méthodes qu'ils exposent ont déjà vieilli. Les Traités de Delambre et de Lalande, très-intéressants au point de vue historique, sont aujourd'hui hors d'usage. \J Astronomie pratique de Francœur, qui a obtenu un succès réel, est surtout une explication de la Connaissance des Temps j et d'ailleurs cet Ouvrage ne se trouve plus dans le commerce. Le jeune Élève- Astronome ne sait donc où puiser les notions dont il a besoin pour passer de l'Astronomie théorique aux applications.

Cette pénurie paraît avoir sa cause première dans ce fait qu'en France l'éducation astronomique existe à peine en dehors de l'Observatoire, où elle se trans- L b

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met par tradition orale; et en même temps, elle a contribué à maintenir un état de choses contraire aux véritables intérêts de la science. Tandis qu'en Allemagne, en Italie, les cours d'Astronomie des Universités se font autour des instruments, par ceux-là même qui les emploient chaque jour, chez nous les cours publics sont forcément de théorie pure. De là une ignorance presque complète chez les Élèves de nos Écoles, même les plus savantes, des procédés et des méthodes d'observation. Pendant que les laboratoires s'ouvraient au grand jour et devenaient les lieux habituels de réunion des Savants, l'Observatoire a conservé pour le public son aspect mystérieux, il est resté le temple d'une science d'initiés, au grand détriment de l'Astronomie et des autres Sciences, qui ne peuvent que gagner les unes et les autres à un échange continuel d'idées et de méthodes. De là enfin pour nos Établissements astronomiques une très-grande difficulté à trouver où recruter leur personnel^ tandis qtfâ rétranger ce recrutement se fait d'une manière toute naturelle, la vocation astronomique naissant spontanément chez quelques-uns de ces Étudiants sans cesse en rapport avec les Astronomes et les instruments.

C'est encore à ce mode d'enseignement, ou plutôt à cette absence d'un enseignement immédiatement applicable à la pratique, qu'on peut attribuer en trèsgrande partie l'infériorité où la France se trouve sous le rapport du nombre des Observatoires. Tandis que nous ne possédons qu'un Observatoire à Paris et deux en province, la Grande-Bretagne, l'Amérique, l'Allemagne comptept par douzaines leurs établissements

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