PRÉFACE. XXI
mais elle en est la préparation et le complément indispensable. Cependant, en raison du but que se proposait M. Brûnnow et des circonstances dans lesquelles il a publié son Ouvrage, il n'a consacré à cette théorie qu'une faible fraction de son Traité. Il suffît en effet de se reporter à l'origine de cette œuvre pour comprendre la pensée dans laquelle elle a été conçue. « Ce qui m'a beaucoup facilité l'exécution de ce Traité, dit M. Brûnnow dans la Préface de sa première édition, c'est cette circonstance que j'ai eu le bonheur d'entendre sur les mêmes sujets les leçons de mon vénéré maître, le Professeur Encke ; et l'ordonnance de l'ensemble, comme la manière particulière de traiter chaque problème, est en quelque sorte la reproduction des méthodes que suivait habituellement cet illustre Astronome dans ses cours. » Ainsi c'est à l'Observatoire même de Berlin, dans les leçons pratiques que le Directeur faisait à ses Élèves, que l'un d'eux, aujourd'hui Directeur de l'Observatoire de Dublin, puisait l'idée première de cet Ouvrage, et, par son expérience personnelle, le moulait dans la forme la plus convenable pour l'enseignement de la science pratique.
On voit par là sous quelles garanties se présentait au public le Traité d^ Astronomie sphérique de M. Brûnnow, et l'on coim)rend l'accueil si favorable qui lui a été fait dans toutes les Universités étrangères. Mais en même temps on doit penser que sa destination toute spéciale était de former les jeunes Astronomes dans un QiiserYatQixe, en complétant les leçôns du Maître. Un tel but devait suffire dans un pays où il est si facile de s'initier à la pratique des
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instruments, en raison de la multiplicité des Observatoires.
En France, il lui fallait quelque chose de plus. Si d'ailleurs MM. Lucas et André s'étaient bornés à offrir une traduction littérale de l'Ouvrage de M. Brûnnow, on pourrait contester l'utilité de leur travail. Le temps n'est plus où la langue allemande était lettre close pour les Élèves de nos Écoles; aujourd'hui, grâce à une impulsion énergique, sous l'action de l'aiguillon autrement puissant encore de la nécessité, nos Étudiants peuvent lire les Ouvrages scientifiques anglais et allemands dans les originaux. Et ce serait peut-être leur rendre un mauvais service que de leur faciliter le travail par la traduction littérale d'un livre étranger.
Mais il y avait d'abord à mettre les formes de démonstration du Traité allemand en harmonie avec les méthodes usitées chez nous : l'éducation de l'École Normale rendait mes jeunes Collègues particulièrement aptes à ce travail. Il fallait aussi généraliser l'utilité de l'Ouvrage en complétant dans certaines parties les notions succinctes données par l'Auteur. Grâce au désintéressement de l'Éditeur de ce Traité, les Traducteurs ont pu donner au Livre de M. Brûnnow, et avec l'assentiment de l'Auteur, des développements qui dans certaines parties en font un Ouvrage entièrement nouveau. D'après ce que j^viens de dire, c'est surtout dans l'exposition des méthodes d'observation que ces changements et additions ont dû être introduits. Ils ont eu particulièrement pour but de faire connaître les procédés employés à rOj>servatoire de Paris : aussi a-t-on mis largement à contribution les Annales de V Observatoire et les Instructions rédigées