CHAPITRE XI. -- VARIATIONS D'ÉCLAT DES ÉTOILES
235. R, £c/£ (5,2-4,7à 6,6-9). — ^^ découverle de la variabilité de cette étoile date d'octobre 1793 et est due à Pigotl; observée quelques années après par Koch et Westphal, elle a été étudiée surtout par Ar«jelander, Schmidt et Schonfeld. La durée moyenne de sa période est de 71 jours, mais sa valeur pour les périodes successives est inégale et soumise à de fortes oscillations : plus irrégulière encore est la marche de son éclat. Tandis qu'à de certains moments il varie à peine d'un degré pendant toute une période, à d'autres époques il varie d'une classe tout entière; dans certains minima, il descend jusqu'à la 9* grandeur, tandis que dans d'autres il ne s'abaisse pas au-dessous de la 6.7"; pour les maxima, les oscillations sont moindres, mais atteignent encore une demi-classe de grandeur. Il semble, en outre, qu'on doive distinguer deux sortes de périodes ; dans les périodes paires l'éclat serait plus grand que dans les périodes impaires et la différence, moindre à l'époque de la découverle, paraîtrait augmenter peu à peu depuis lors.
236. a Cassiopée (>.,->. à 5i,8;. - La variabilité de cette étoile a été annoncée par W.-H. Birt en 1882 (*) : J. Herschel l'avail également reconnue à peu près à la même époque (^); depuis, Bogulawski, Goodricke, Heis, Schmidt et Argelander en onl observé les variations.
Les changements d'éclat de celte étoile sont compris entre des limites très étroites (îiS%2 à 2^', 8), et la détermination des différents éléments de sa variabilité est très difficile. Néanmoins, par la discussion de l'ensemble des observations, Argelander croit pouvoir conclure pour la durée de sa période à la valeur
Il ajoute, d'ailleurs, que cette durée ne doit être admise qu'avec beaucoup de réserves : « les variations d'éclat sont si faibles que ses fluctuations se détachent difficilement des erreurs d'observation ; surtout la comparaison d'étoiles si brillantes est toujours très difficile et rendue plus incertaine encore par suite de leurs colorations différentes. Aussi, il est toujours très pénible d'assi-
{ ' ) Memoirs of the Astronomical Society of London^ vol. XI, p. 279. (-) Astronomische Aachrichteriy vol. XVI, p. 188.
gner les époques des maxîma et des minîma. Je n'ai donc noté que les moments décisifs, et il se pourrait que la période soit beaucoup plus courte. Aussi, je considère que cette étoile doit être soumise à un nouvel examen )>.
237. a Orion (i ,o à i ,4)- — Sir John Herschel a signalé la variabilité de cette étoile qui résulte de l'ensemble de ses observations, du 22 mars i836 au ^ janvier i84o; les limites de ses variations (i^*",o à i^*",4) sont encore plus étroites que celles de a Cassiopée, et comme son intensité lumineuse est plus grande, la détermination des points tropiques est aussi plus difficile. D'après Argelander, elle ne peut se faire que très rarement avec une incertitude ne dé|>assant pas 8 à lo jours; néanmoins, en se servant de 68 observations de J. Herschel et de i3i qui lui étaient propres, cet astronome a cru pouvoir donner avec quelque certitude les caractères suivants sur la variabilité de cette étoile.
La durée de la période est de ig6 jours : elle se divise en deux parties d'inégale longueur, gi-'îfi pour l'augmentation d'éclat et 104'', 4 pour sa diminution ; en outre, la durée de cette décroissance n'est pas constante et Ton constate dans l'époque moyenne de deux maxima ou minima successifs un retard sensible.
238. Analogie des Novœ et des variables à longue période. — Les quelques exemples que nous venons de citer suffisent pour mettre en évidence le mode de variation de ces étoiles à longue période ainsi que l'infinie variété qu'elles ofl^rent à cet égard et dont les courbes ci-dessus {fig- 5^6) donnent une idée satisfaisante: mais leur caractéristique est, en définitive, Tirrégularilé générale du phénomène et son défaut d'identité dans les différentes périodes successives.
Dans presque aucune, en effet, on ne trouve d'élément qui soit constant; dans la plupart des cas, les éclats extrêmes, la période, l'intensité de la variation, parfois même la couleur varient dans les périodes successives, et, dans les autres cas, l'un au moins de ces éléments change d'une période à l'autre; en outre, ces changements eux-mêmes semblent irréguliers. D'un autre côté, la marche de la variation d'éclat d'r^ du Navire est absolument analogue à celles que l'on constate dans la plupart des Novœ, et, en