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CHAPITRE XI. — VARIATIONS d'ÉCLAT DES ÉTOILES. 3'2y

celle étoile. W. Herschel, en particulier, apporta à son histoire une contribution importante, quoiqu'il se soit borné à un petit nombre d'apparitions : c'est lui, en elTet, qui commença l'étude systématique de son éclat par comparaison avec les étoiles de son entourage.

En même temps, et jusque dans les premières années du siècle actuel, Wurm et Bode en firent de très nombreuses séries d'observations; mais les travaux les plus importants qui aient été publiés sur ce sujet sont ceux d'Argelander (*) et de Heis (^); en voici le résumé :

La durée moyenne de la période de variabilité de Mira Ceti est d'environ onze mois (33iJ,34). En moyenne, pendant cet intervalle, elle passe par les phases suivantes : à partir du moment où elle commence à devenir visible à Tœil nu jusqu'à celui où elle atteint son maximum d'éclat, qui en fait en moyenne une étoile de grandeur 2.3, il s'écoule un intervalle de 4'i jours (42^,7); on compte, au contraire, y/\ jours (73J, 7) à partir de ce moment jusqu'à celui où, son éclat allant constamment en diminuant, elle cesse d'être visible à Tœil nu; la durée de sa visibilité à l'œil nu est donc d'environ 4 niois (i i6J,4). Son éclat continue d'ailleurs à décroître, si bien qu'elle devient bientôt invisible dans les instruments de o"^, 24 d'ouverture et est alors inférieure à une étoile Je 12*^ grandeur; elle reste ainsi pendant environ cinq mois, redevient ensuite visible dans ces instruments, puis à l'œil nu, et reprend enfin son maximum d'éclat; la durée totale de cette seconde partie de sa période est d'environ sept mois (21 4^, g).

Telle est en moyenne la marche de la variation de Mira Ceti; mais si l'allure'générale est toujours la même, les périodes prises isolément sont loin d'être identiques; la durée est très variable, de 320 à 370 jours, et les maxima d'éclat très différents les uns des autres.

En ce qui concerne la durée, Argelander a déduit de l'étude de 'i6i périodes écoulées de iSg^) à 1860 la formule représentative

( ' ) Astronomiche Beobachtungen au/ der Sternwarte zu Bonn, von AnoE-

LANDER, vol. VII, p. 320 Ct SUiv.

(2) Heis, Astronomische Nachrichten {passim).

328 TRAITÉ D*ASTRONOMIE STBLLAIRE.

suivante pour les époques successives des ma&ima

-+-i8J,i6sin( — /i-l-23i%7J

-4-33J,9osin( ^ n4-i7o",3j

^-65^3Isin^-^ n-^ 6%e\

La durée moyenne de la période, 33iJ,3362 = o*'*,907, n'a donc point d'inégalité séculaire ; mais elle est soumise à un certain nombre d'inégalités périodiques dont les durées par rapport à la période moyenne prise pour unité sont

II, 11x8, 11X2x8 et 11x3x8,

soit en années et en chiffres ronds

lo ans, 8o ans, i6o ans et 2^0 ans.

L'intervalle de temps qui sépare deux maxima successifs est ainsi périodiquement variable; la loi de ses variations est d'ailleurs compliquée et le seul fait simple à retenir de ce qui précède, c'est que tous les 480 ans il reprend la même valeur.

Pour l'éclat maximum, j'ai réuni toutes les données dans le Tableau suivant, où pour plus de clarté les degrés d'Argelander ont été traduits en grandeur et dixièmes de grandeur.

Parfois l'éclat de Mira dépasse à peine la quatrième grandeur (janvier 1687), ^si'^^is qu'à certaines époques (novembre 1769) il atteint presque celui d'Aldébaran (i^* grandeur). Parfois, enfin, elle est restée invisible pendant un temps supérieur à plusieurs de ses périodes; ainsi, pendant plus de quatre années (d'octobre 1672 au 23 décembre 1676), Hévélius ne réussit point à l'apercevoir.

La durée de sa visibilité à l'œil nu est elle-même très variable, tantôt de quatre mois et tantôt de trois. Tantôt, en outre, sa période d'accroissement pendant cette visibilité surpasse en durée celle de la diminution; tantôt, au contraire, elle lui est inférieure.

33o TRAITÉ U^ASTIIONOMIB STELLAIRE.

Les e'poqnes des niaxiina snceessifs sont données par la formule représentative

M = 1763. Juin, 3\ 5 H- io6^,o'2/i ■+- 0,^0075 w* - 2Î^osin (5n -f- 272"),

la période moyenne de variabilité est, d'après cela, de 406^,02: mais, comme pour o Baleine cette durée n'est pas constante, elle est soumise à une petite inégalité séculaire et aussi à une inégalité périodique d'environ soixante-douze jours : de même son éclal maximum n'est pas toujours le même; en movenne, elle est alors de 5" grandeur, mais les écarts à celle valeur peuvent dépasser une grandeur enlirre en plus ou en moins, si bien que lors des plus faibles valeurs de son maximum, l'étoile ne devient pas toujours visible à l'œil nu; la durée moyenne de sa visibilité à l'œil nu est de cin(|uantc-(leux jours, dont vingt pour la période d'accroissement et I renie-deux pour celle de diminution de lumière.

23i. /? ffydre (3,5-5,5 à 9,^ i. — I^e .>.5 avril 16-0, Monta nari annonça (pie ceire étoile, qu'il note rouji;e et de \^ grandeur, n'était point inscrite dans l'Uranomélrie de Bayer et la considéra comme nouvelle ; (juelques années après (170(5), Maraldi découvrit sa variabilil(». A la fin du siècle dernier, elle a été observée surtout par Pigott, et, dans le siècle actuel, par Olbers, Argclander et Scbiinlold.

La discussion des observations faites depuis janvier 1784 J» conduit à une période moyenne de 4' 5^,25; la durée de la période est d'ailleurs soumise à deux sortes de variations, Tune séculaire, l'autre périodique, l'ensemble des observations étant sensiblement bien représenté p«r la formule suivante, où ïo est l'époque du premier maximum observé après la découverte.

T, = To -f- f\>. V, I ) n- oK 30 /i' -i- i V sin ( 7", 5 /i -h oox'', 7 ).

La durée de la période diminue donc d'environ un quart de jour à chaque maximum nouveau, et à cetle variation s'en superpose une autre périodique qui se répartit sur 48 périodes on 56 ans environ.

De même, l'éclat maximum n'est pas constant dans les périodes successives; il varie, sans loi apparente, de la grandeur 3,5 à la grandeur 5,5.

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