CHAPITRE II. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CIEL ÉTOILE
est vrai, mais qui n'avait point vécu sous ce ciel, le voyait pour la première fois et, pour ainsi dire, en passant.
Depuis que, par suite de la création d'observatoires permanents dans les régions australes du globe terrestre, celte portion du Ciel a fait l'objet d'études suivies, presque tous les astronomes ont élevé de nombreuses critiques sur la division que nous avons indiquée.
Les noms de ces constellations, formés le plus souvent de deux mots, sont trop longs; les constellations y sont trop étendues, mal limitées, confuses; si bien qu'à leurs limites, comme par exemple dans les contorsions du Serpent (austral) ou dans les étendues de la Table, le nombre des étoiles appartenant à la constellation dépend uniquement de l'imagination de l'observateur; en outre, elles empiètent les unes sur les autres et s'entrelacent, de sorte qu'il y a pour l'esprit doute et erreur; enfin, par-dessus tout, la notation de Lacaille est vicieuse, laisse à désirer; par Fextension exagérée qu'il a donnée, dans l'application, aux principes posés par Bayer, il a produit ambiguïté et confusion. Ainsi, dans la seule constellation d'Argo, Lacaille a usé, outre l'alphabet grec, l'alphabet latin, aussi bien en lettres italiques qu'en capitales et cela trois fois pour chacun d'eux; de sorte qu'en définitive cette constellation seule comporte cent quatrevingts lettres; aussi trois étoiles y sont marquées a, sept marquées A, six correspondent à rf, et cinq à D, et ainsi de suite.
Aussi de nombreuses modifications ont-elles été proposées et tentées; les groupes créés par Halley sont sévèrement critiqués par Lacaille, ceux de Lacaille par Maclear et J. Herschel.
Ce dernier astronome, pendant le séjour de cinq ans qu'il fît au Cap de Bonne-Espérance en vue d'y effectuer une revision scientifique du Ciel austral (formation d'un Catalogue de nébuleuses et d'étoiles doubles; détermination des éclats relatifs de 260 étoiles d'éclat supérieure celui de la 5® grandeur), fut si fâcheusement impressionné par celle confusion qu'il proposa plus lard (*) de faire table rase des travaux antérieurs cl de procéder à
(») J.-F.-W. Hkrschkl, On the ads^anta s^es to be atlained by a revision or re-arrangement at of the constellations, with especial référence to those of the southern hémisphère {Memoirs of the Royal Astronomical Society, vol. XII, p. 201 et suiv.).
5o TRAlTfi D^ASTRONOMIE STELLAIRE.
une eulière et nouvelle distribution des étoiles en constellations. Jl proposait d'enfermer chaque astérisme dans un quadrilatère limité par des arcs de méridiens et de parallèles correspondant à une époque donnée. Dans nn Catalogue fait pour cette époque, chaque étoile serait alors immédiatement rapportée à son astérisme; et, s'il correspondait à une autre époque, une correction facile conduirait au même résultat : d'autre part, le nom seul de la constellation indiquerait alors la distance de ces étoiles au plan du méridien et, par conséquent, les heures de leur passage à la culmination. Mais, malgré toute sa valeur réelle et ses avantages évidents, cetle proposition trop radicale reçut des astronomes un accueil des plus défavorables et fut bientôt après abandonnée par son auteur lui-même. L'état de choses ancien élait cependant gênant; et, surtout depuis que Tatlention s'est plus vivement portée sur l'élude et la découverte des étoiles variables, il devcnail de plus en plus important d'avoir d<îs astérismes nettement limités et une notation claire, sans cependant pour cela heurter trop vivement les usages reçus; c'estdans ce sens pratique qu'a agi tout récemment J.-B. Gould dans son Uranometria Argentina ; les règles qui ont présidé à son travail sont les suivantes :
i" Les constellations de Plolémée, Hévélius et Lacaille sont ronservécs, avec des limites respectives sensiblement conformes aux usages des aslronouïcs; l'ancienne constellation d'Argo disparaît comme unité et est renïplacée, ainsi qu'on avait été amené à le faire pratiquement, par ses trois divisions naturelles, la Carène, la Pou|)e et la Voilure;
9^ Autant que faire se peut, les noms des constellations sont réduits à un seul mot;
.'5° Les limites des constellations ont été choisies de manière à (îu fermer toutes les étoiles, désignées par des lettres grecques, qui ont été assignées à ces conslellatious par leurs auteurs et aussi tontes celles d'un éclat au moins égal à la G*' grandeur, que leur rattache l'usage f^énéral: et, partout où cela a été possible, ces limites ont été constituées j)ar des méridiens d'ascension droite et <les parallèles de déclinaison, correspondant à l'époque 1875,0: dans les autres cas, on les a terminées par des courbes régulières aussi voisines qu'on l'a pu de j;rands cercles de la sj>hère, leur