CHAPITRE If. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DU CIEL ÉTOILE
de seconde main et non d'après l'aspect du Ciel observé par les auteurs eux-mêmes.
C'est au célèbre astronome français Lacaille, qu'on a appelé le Christophe Colomb du Ciel austral parce que le premier il en fît connaître toutes les splendeurs, qu'est due la première description exacte de cette portion de la sphère céleste. A la suite d'un séjour de quatorze mois (avril lySi à juin ijSa) qu'il fit au Cap de Bonne-Espérance, et dont le but principal était la détermination des parallaxes de la Lune et de Mars, il fit la délimitation précise de quatorze constellations nouvelles et la nomenclature des étoiles qu'il y avait renfermées.
Voici les noms de ces constellations, noms que, rompant avec la tradition suivie jusqu'à lui, il a tirés des instruments principaux employés alors par les savants et les artistes : l'Atelier du sculpteur, le Fourneau chimique, l'Horloge ou Pendule à secondes, le Réticule (Rhomboïde), le Burin du graveur, le Chevalet du peintre, la Boussole, la Machine pneumatique, l'Octant, le Compas du géomètre, l'Équerre et la Règle, le Télescope, le Microscope, la Montagne de la Table (en souvenir de la haute colline sur laquelle était installé son observatoire).
Cette modification n'est d'ailleurs point la seule qu'il apporta aux usages reçus; ainsi, il ne suivit pas les errements de Bayer dans le choix de la lettre dislinclive de chaque étoile d'une constellation, mais il subordonna complètement l'ordre alphabétique à l'ordre de grandeur des étoiles, le [)remier devant dès lors suffire à faire connaître le second. Il est très loin toutefois d'avoir atteint ce but; et d'ailleurs la réalisation d'un tel projet, si désirable qu'elle soit, ne pourrait être obtenue qu'en sacrifiant ce qui fait la simplicité ingénieuse de la méthode de Bayer.
2o. Lemonnier. Bode, — En 1776, Lemonnier fit, entre Cassiopée et l'Etoile Polaire, une constellation nommée le Renne, et il ajouta la constellation du Solitaire (oiseau des Indes) au-dessous du Scorpion; Lalande, de son côté, ajoutait le Messier à côté du Renne dans son globe céleste.
En 1777, Potzobut crée dans l'hémisphère nord le Taureau de Poniatowski, entre l'Aigle et le Serpentaire; et, à peu près à la même époque, le P. Hell forme, dans l'Eridan, un groupe nou-
48 TRAITÉ D^ASTRONOIIR STBLLAIRE.
veau qu'il appelle la Harpe de Georges ; bientôt vinrent des modifications plus profondes, des additions plus nombreuses; dans ses célèbres Cartes (*) Bodc forme huit constellations nouvelles auxquelles il donne des noms souvent tirés du langage scientifique; ce sont, dans riiémisphère nord, le Télescope d'Herschel et les Honneurs de Frédéric; dans Tliémisphère sud, le Sceptre de Brandebourg, TAérostat, le Quart de Cercle mural, le Loch, la Machine électrique et l'Atelier du typographe.
Kn général, les constellations ainsi ajoutées, mais surtout le Télescope d'Herschel, le Renne et Messier, ne comprennent que de petites étoiles; on peut d'ailleurs en dire autant de la Girafe et du Lynx, dont le nom même exprime la difficulté qu'on a de la distinguer.
Tel était le mode de représentation de la sphère céleste au commencement de ce siècle; on comptait dans l'hémisphère nord soixante-trois constellations (dont quelques-unes débordent sur l'hémisphère sud) et cinquante-cjuatre dans l'hémisphère sud.
Pour la portion du ciel visible dans nos régions (les huit dixièmes de la sphère céleste), portion où les constellations, dites de Ptolémée, résultant de l'observation méditative et répétée <le nombreuses générations de pasteurs et de philosophes, forment à l'ensemble une charpente solide, les divisions qui précèdent ont été, depuis Hode, adoi)tées sans contestation et consacrées .définitivement parleur emploi dans r£//Y//îo//if?//76f d'Argelander (- ) et M Atlas céleste de L. Harding ('); dans chacun de ces deux Atlas les ligures symboliques des constellations ont été supprimées pour plus de clarté.
26. Retour sur le Ciel austral. J . Ilerschel et J.-B, Gould, - - Mais il n'en est pas de même pour la portion australe de la sphère, qui ne nous est connue que depuis quelques siècles et où la plupart des constellations sont ducs à un homme éminent, il
(') t/ranof^raphia sive astrorurn description 1801.
(■-) AiiOKLANDKii, Uranometria nova, steltœ pcr mcdiam Europam, sotis oculis conspicuœ^ Hcrlin, iS43.
(■^) C.-L. llARDiNd, Atlax novus Calrstis, i»; fciiilK's: G(rMinf;uo, iHo?.. Oi \tlas contient 4<>o<)o étoiles entre le pôle Nord et le purallrlc de 3o'*.