III. — Catalogues et Cartes
Si, comu)e nous venons de le voir, les astronomes anciens firent une œuvre en partie précaire en découpant le Ciel en constellations diverses, il n'en fut pas de même de celle qu'ils accomplirent en déterminant la position et la grandeur des étoiles qu'elles renfermaient et en en dressant des listes méthodiques.
Loin de rien perdre de son importance, la formation de ces listes d'éloiles, que nous apj)elons Catalogues, en a pris chaque jour une plus grande; et, aujourd'hui, les positions qu'elles leur assignent forment la base réelle de l'Astronomie de précision, en même temps que la comparaison de leurs grandeurs forme un des chapitres les plus intéressants de l'Astronomie stellaire.
30. Premier catalogue Ilipparque. — Les premières observations d'étoiles entreprises dans le but d'identifier leurs positions relatives paraissent dues à Kudoxe, disciple de Platon, et remonter à trois cent soixante ans avant notre ère; elles donnaient les distances polaires nord de 47 étoiles.
Vers Tan 3oo avant J.-C, Aristille et Timocharis, dont les nombreuses observations sont en grande partie perdues, indiquaient les positions des étoiles par leurs longitudes et leurs latitudes {VAlmageste de Plolémée renferme celles de i8d'entr<» elles).
Mais le premier Catalogue véritable est dû à Hipparque; l'apparition dans le (]iiel d'une étoile nouvelle lui montra la nécessité de dresser la nomenclature de toutes les étoiles visibles à Rhodes,
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qu'il habilail, cl d^en déterminer les positions aOn qif on pûl à l'avenir reconnaître celles qui apparaîtraient encore, aussi bien que celles qui viendraient à disparaître du firmament.
Ce Catalogue est de l'année 1*27 avant notre ère et renferme 1080 étoiles déterminées par leurs longitudes et leurs latitudes. Il a servi pendant plus de seize siècles à former un nombre considérable de Catalogues dérivés, qui en sont déduits par l'application d'une précession plus ou moins exacte et qui contiennent tous le même nombre d'étoiles que lui. Le plus célèbre d'entre eux est celui dit de Ptoléinée où les longitudes des étoiles ont été calculées par lui, pour lan i38 après J.-C, époque de sa publication.
dl. Ulug/i-Beigh. Tycho Bralie. Hévélius, — Au xv*^ siècle (1437), paraît enfin un Catalogue basé sur des observations originales et nouvelles : c'est celui de l'astronome arabe Ulugh-Beigh, petit-fils de Tamerlan. Il contient le résultat d'une longue série d'observations faites au f^jmnase de Samarcaude, sous la latitude d'environ 87° et renferme 1018 étoiles (*).
Viennent ensuite, en 1602, le Catalogue de Tjcho Brahe, œuvre posthume de Tilluslre astronome d'Uranienbourg, qui fut réédité par Répler en 1660 et renferme ioo5 étoiles; puis, en 1661, le célèbre catalogue d'Hévélius, Prodromits AstronomitVy publié en i6go, et qui renferme les positions de i553 étoiles réduites à l'année 1660.
32. Emploi des lunettes et micromètres, Auzoïit, Picard, Rœmer, — Ces (catalogues, d'apparition à peu près simultanée, furent les derniers basés sur des observations faites à l'œil nu; malgré tout le soin de leurs auteurs, leur précision était médiocre : ainsi les positions données par le Catalogue de Tyclio Brahe, le seul qui soit alors en usage jusqu'en 1690, sont fréquemment en erreur de dix minutes et en général l'incertitude s'élève à trois ou quatre minutes; celui d'Hévélius, l'un des grands observateurs qui
( ' ) Tabulai lon^itudinarum ac latitudinarum stcUarum fixarum ex nbservationibus Uliigh-liei^hi, Tamerlanis ma g ni ne pot is (d'ai)r('s les observations originales de Sauiarcandr).