I. — Historique
1. Les premières nolions exactes sur le rôle des objectifs oii des miroirs, ou, pour employer son langage plus figuratif, des réfracteurs ou des réflecteurs, sont ducs à W. Herschel, qui le premier a abordé la construction d'objeclifs de dimensions notables, et datent de 1785.
« Lorsqu'on observe, dit cet illustre astronome, une éloile brillante avec une lunette excellente, mais d'un grossissement assez faible, elle a toujours l'apparence d'une masse de lumière dont il est impossible de distinguer la forme, à cause de son éclal, et dont les bords sont rarement exempts de dentelures, (juelle que soit la bonté de la lunette. Mais si le pouvoir amplifiant s'élève depuis 200 jusqu'à 3ooou 4oo et qu'on se trouve dans des circonstances favorables, telle qu'une atmosphère tranquille, une température uniforme, etc., l'étoile paraît parfaitement ronde, bien terminée et entourée de plusieurs anneaux alternativement obscurs et lumineux, dont les bords semblent légèrement colorés quand on les examine avec attention. Ces anneaux se suivent de très près à des intervalles égaux autour du disque, et sont ordinairement plus faciles à observer et plus réguliers dans les lunettes que dans les A. — I. 1
2 TRAITÉ D*ASTRONOMIK STELLÀIRE.
télescopes. Le dîsque est aussi beaucoup plus grand dans Tun que dans Tautre de ces inslrumenls.
» L'une des circonstances les plus remarquables de ce phénomène est le changement de grandeur du disque central selon l'étoile que l'on considère, le disque paraissant en général d'autant plus large que l'étoile est plus brillante. Ce ne peut être une illusion d'optique, car lorsqu'on voit ensemble deux étoiles d'un éclat différent (comme dans le cas d'une étoile double), et qu'on les compare directement, la différence de leurs diamètres est très sensible.
» Lorsque l'ouverture de la lunette est limitée par un diaphragme circulaire qui touche l'objectif ou qui s'en trouve plus ou moins éloigné, le disque et les anneaux s'élargissent en raison inverse du diamètre de l'ouverture ; lorsque celle-ci est fort réduite
[à I pouce (2^™, 5) par exemple, pour une lunette de 7 pieds (2", 1 4) de longueur focale], le faux disque devient très grand et a l'air d'une planète; son contour est bien tranché et entouré d'un seul anneau qui est assez brillant pour être aisément remarqué et dont les couleurs se trouvent disposées comme il suit, à compter du centre du disque : i** du blanc; 2® du rouge très pâle; 3** du noir; 4° du bleu très pâle; 5° du blanc; 6® du rouge très pâle; 7* du noir. Si l'ouverture se rétrécit beaucoup plus (si elle se réduit à ^ pouce, par exemple), les anneaux pâlissent tellement qu'ils échappent à la vue, et le disque devient encore plus large : on voit alors la lumière s'affaiblir du centre à la circonférence, ce qui donne au disque une apparence nébuleuse comme celle d'une comète (*). »
Tels sont les résultats que le grand Herschel a déduits de l'observation même; ils peuvent se résumer ainsi :
1** L'image d'une étoile, ou, si l'on veut, d'un point lumineux suffisamment éloigné, donnée en son fojer par un objectif ou un miroir excellent, est formée par un disque brillant de diamètre apparent sensible, entouré d'anneaux alternativement obscurs et brillants à bords colorés.
(') J.-F.-W. Herschel, Traité de la lumière (Traduction de Verhustet Quctclct), et Philosophical Transactions of the Royal Society of London, for year i8o5, p. 3i et suiv.