V. ~ Méthode des degrés et ses dérivées
71. Historique, Définitions et notations, — Nous avons laissé de coté jusqu'ici cetle mélhode célèbre, afin de ne point inlerrompre la succession des mesures qui ont fourni les grandeurs des observations par zones. Son application a cependant puissamment contribué aux progrès de nos procédés d'estime directe. Le principe en avait été donné (n° 54) par W. Herscliel, puis oublié; il a été repris en 1840 et sensiblement sous la méuïc forme par Argelander, lorsqu'il commença ses observations d'étoiles variables (*).
Comme Herschel, il dénota d'abord les différences d'éclat par (les signes conventionnels, qui ne sont point, d'ailleurs, plus commodes que ceux de son devancier, puisque, à partir de la plus petite différence perceptible pour l'œil, il les exprime encore par des échelons successifs ne donnant au lecteur aucune apparence (le rapport numérique. Mais, ces signes correspondant en fait à des rapports d'éclat parfaitement déterminés, Argelander fut bientôt conduit à les traduire directement en nombres; le plus petit de ces rapports, correspondant à la plus petite différence relative d'éclat perceptible pour Tœil, est l'unité qu'il appelles un degrêy et les rapports successifs sont des multiples de cette imité. Telle est la méthode des degrés, qu' Argelander a employée à partir du 5 mars 184?- et dont il a développé les détails en 1844 (»).
Ses définitions et notations sont les suivantes : deux étoiles a
et v ont des éclats égaux, ou bien lorsque l'œil ne perçoit
]«imais de différence entre elles, ou bien lorsque, indifféremment
tantôt l'une, tantôt l'autre paraît plus brillante, de façon qu'on
l^ésite toujours à décider laquelle brille le plus : pour abréger on
écrit ce cas, av^ dans les carnets d'observation. Quant au degré
(') F. Aroklander, Beobachtungen einiger veràndlichen Sterne im Jahre i8jo [Astronomische Nachrichten, Vol. XVIII, p. ii3 et suiv. (1840)]. Ces obsenations, commencées le 29 juillet, portent sur Mira Ceti et Âlgol.
(•) F. AnoELANDER, Aufforderufig an Freunde der Astronomie {Schumachers Jahrbuch fur i844)»
il le définit ainsi : « Si, au premier coup d'œil, les deux étoiles paraissent également brillantes, mais que je reconnaisse, par un examen attentif et par un passage réitéré de a à i' ou de i^ à a, que, sauf de rares exceptions, a brille plus que v^ je dis que a est de un degré plus brillant que t' et j'écris a i r, l'étoile la plus brillante étant toujours en avant. Si, malgré une égalité de première vue, Tétoile a apparaît à Texamen constamment et sans hésitation plus brillante que (^, j'évalue la différence à deux degrés et j'écris («cii'); ime différence qui tombe sous le premier coup d'œil vaut trois degrés et s'écrit a 3 i^; enfin, «4^ représente une différence encore plus manifeste à l'égal de a. » On voit que le degré correspond, en définitive, absolument aux signes (j) et (*) d'Herschel. On pourrait évidemment chercher à aller plus loin dans les différences d'éclat, mais Argelander ne le conseille pas; car, d'après lui, le jugement perd alors de sa sûreté et il convient même d'éviter, autant que possible, l'écart de quatre degrés.
Nous verrons plus loin qu'aujourd'hui ces limitations ne semblent plus nécessaires. Mais une règle excellente qu'il recommande, et qui n'est encore qu'une transformation des instructions laissées par W. Herschel, c'est de dresser à l'avance une liste de quelques couples d'étoiles correspondant normalement aux différences d'un, deux, trois et quatre degrés et de les observer au commencement de chaque soirée, afin de permettre à Tœil d'apprécier la valeur actuelle d'un degré, laquelle dépend évidemment de l'éclairement du fond, de l'état du ciel et de celui de l'observateur.
72. Méthode d^ observation. — Ces définitions posées, la méthode est évidente d'elle-même. Supposons que nous ayons à suivre les changements d'éclat d'une étoile variable, par exemple de Mira Ceti à l'approche d'un maximum.
Au voisinage de cette étoile on en choisira un certain nombre dont les éclats, progressivement croissants, comprennent entre leurs valeurs extrêmes les éclats successifs de Mira; puis, prenant arbitrairement l'origine des degrés, assignant, par exemple, le degré o à un certain éclat, celui de la 6® classe de grandeur par exemple, on déterminera par l'observation le degré qui convient à chacune des étoiles de comparaison : dans le cas actuel, on trouve :