I. — Dénombrement des étoiles selon la grandeur
Connaîlre le nombre total des étoiles, leur abondance relative dans les différentes classes de grandeurs et leur mode de distribution sont évidemment des questions de la plus haute importance, et qui n'ont été réellement bien posées qu'après la découverte des lunettes.
89. Période antérieure à la découverte des lunettes, — Les étoiles cataloguées avant cette époque sont, en effet, en nombre 'rès modique : le Tableau suivant en donne le classement successif.
Grandeur.
^11 — - — ^ ^-^ Sans •
Catalogue. 1. 2. 3. 4. 5. 6. ind. Néb. Total.
Bipparque ) ^
Piolémée 1 ^ ^^^ ^'^^ ^'^ ^'^ '^ ^ ^^^^
UVugh Beigh i5 34 2o3 428 256 79 » 4 1019
Tycho Brahe 12 41 166 33; 235 2o5 5 5 looB
flévélius 16 52 149 356 480 487 19 5 i564
Hipparque, Ulugh Beigh et Tycho Brahe comptent, on le voit, à fort peu près le même nombre d*étoiles visibles pour eux au-dessus de l'horizon de leur point d'observation, un millier environ; les seules différences portent sur leur répartition en classes.
Hévélius, dont la vue était si pénétrante et qui mettait toute son attention à faire un dénombrement complet, en augmente le nombre de près de la moitié et cet accroissement porte surtout sur les étoiles faibles.
l3a TRAITÉ D*ASTRO>OMIE STELLAIRE.
90. Période postérieure à la découverte des lunettes. Etoiles luisantes. — Depuis Tapplication des lunettes à l'Astronomie les astronomes modernes, et c'est là un fait curieux, ont beaucoup enrichi la classe des étoiles visibles à Tœil nu ; ce n'est évidemment pas que l'acuité et la pénétration de la vue humaine aient augmenté depuis Hipparque et Hévélius; mais, dans tous les cas douteux, lorsqu'il s'agissait de fîxer la position de Tétoile et d'en confirmer l'existence, les pinnules des instruments anciens diminuaient plutôt la puissance de l'œil, tandis qu'au contraire les lunettes l'augmentent beaucoup et que, d'autre part, indiquant nettement la direction dans laquelle il faut regarder, elles permettent d'attendre les circonstances favorables au maximum de visibilité et ainsi de fixer la conviction de l'observateur.
C'est ainsi qu'Argelander dans son Uranometria nova, et Hcis dans son Atlas cœlestis (1872) donnent pour les étoiles visibles à l'œil nu la répartition et le dénombrement suivants, où chaque classe de grandeur est fractionnée par tiers, comme dans le Catalogue d'Ulugli Beigh.
Nombre.
Arg.
Heis
Nom
bre.
Nom
ibre.
Arg.
Heis.
Arg.
Heis.
ii3
Total
3cio3
Pour les étoiles d'éclat au moins égal à celui de la cinquième grandeur, les nombres donnés par ces deux astronomes sont à peu près les mêmes; mais, lorsqu'il s'agit des étoiles plus faibles comprises dans la classe qui marque la limite de la visibilité à l'œil nu la difllérence est considérable. Heis comptait deux fois plus d'étoiles de celle classe qu'Argelander. Cette différence ne peut évidemment être attribuée qu'à celle de l'acuité de leurs vues et elle en donne la mesure.
Ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer (n^oO), les nombres