CHAPITRE Y. — NOMBRE DES ÉTOILES ET LEUR DISTRIBUTION. l
Dans les deux cas les écarts à la moyenne ne suivent aucune loi déterminée et sont d^ailleurs faibles. On est donc en droit d'en conclure, comme Slruve l'avait fait en 1827, «qu'en divisant la voûte céleste visible en Europe, par des cercles parallèles à l'équateur, il se manifeste, dans les zones ainsi formées, une distribution presque uniforme des étoiles, si l'on considère à la fois les vingt-quatre heures de Tascension droite » (*).
97. Dénombrement selon V ascension droite. — Il en est tout autrement si l'on range les étoiles suivant les heures successives d'ascension droite; c'est ce que W. Struve a fait pour la zone céleste de — 15"* à -H iS** telle que la donnent les observations de Bessel. Il obtient ainsi les nombres suivants :
leurc
s. Nombres.
Heures.
Nombres.
Heures. Nombres.
Ces nombres vont en croissant depuis l'heure, i, jusqu'à une ascension droite comprise entre 6** et 7**; puis ils diminuent jusqu'un peu après l'heure i3; ici commence une seconde augmentation qui aboutit à un second maximum entre les heures 18 et 19; après quoi vient une seconde diminution jusque vers rheure 1.
Cette marche des chiffres nous engage à diviser la zone totale en six. régions, chacune de quatre heures, dont deux riches en étoiles et (\\xdXTe pauvres ; les deux régions riches embrassent les heures 5 à 8 et 17 à 20; et chacune d'elles contient les nombres suivants d'étoiles :
i" à 4*» 5»» à 8»» çf" à 12'* 13»» à i6'* 17'^ à 20'* ai»» à o" 6818 13193 7005 6856 10637 7270
( * ) II est cependant intéressant de remarquer que, dans les deux cas, les nombres constatés sont plus petits que la moyenne près de Téquateur et plus grands qu'Hic lorsque la déclinaison augmente.
l48 TRAITS d'astronomie STELLAIRE.
Mais l'on reconnaîl mieux la marche générale de la distribulion des étoiles, eo comparant le nombre des étoiles d'une heure quelconque au nombre moyen des vingt-quatre heures, c'està-dire en comparaol les densités relatives en étoiles des différentes heures. On a, en elTet, les nombres suivants :
Heure. Densité.
Densité.
En nous bornant à comparer les régions riches et les régions [lauvres, nous aurons
où la variation périodique de la densité est évidente.
Si, au lieu de prendre en bloc toutes les étoiles de la zone de Bessel, nous les groupons par grandeurs, nous verrons que, pour les grandeurs 7, 8 et 9 séparément, la répartition suivant les différentes heures est sensiblement la même; pour les étoiles visibles à l'œil nu (grandeurs i à 6 d'Argelander) la condensation quoique sensible est un peu moins nette que plus haut.
Dans te disque équatorial coupé ainsi, dans la sphère qui a pour
CaAPrTBE V. — nOMBRE DBS ÉTOILES ET LEIB DISTBIBUTION. I^S
rajon la dislaoce moyenne des éloiles de </ grandeur, par les deux parallèles sjmélriques de ■+■ i5° et — i:)" de déclinaison, la dislribution des étoiles est donc loin d'être uniforme; l'observation y montre {Jlff- lo) un plan de condensation très net qui coupe l'équateur suivant un diamètre voisin des heures 6 et 18 d'ascension droite.
Cette condensation régionale des éloiles a été vérifiée nombre de fois depuis Struve et s'étend à la sphère céleste tout entière,
l5o TRAITÉ d'astronomie STELLAIRE.
ainsi que le montre l'examen des difTérents Catalogues publiés depuis lors.
Le Tableau suivant contient les densités relatives en étoiles pour les différentes zones de déclinaison boréale et australe auxquelles se rapportent les plus récents d'entre eux. Il a été résumé dans les courbes de X^fig, ii. On voit que dans aucune d'elles la distribution suivant l'ascension droite n'est uniforme, et qu'en outre la position de la bande de condensation varie avec la déclinaison de la zone : confinée dans un seul côté de la courbe pour la zone de + 70® à -f- 55®, elle retrouve peu à peu ses deux maxima opposés à mesure qu'on approche de l'équateur, et se réduit ensuite progressivement a un seul maximum à mesure qu*on s'élève et ce résultat est atteint dans la zone australe de — 5o" à — 65°.