I. — Historique
2ii. Etoiles doubles anciennes. — Le nom (ïétoile double a été employé la première fois par Ptolémée dans sa description de l'apparence de v Sagittaire. Le premier objet de ce genre découvert avec une lunette est probablement Ç de la Grande Ourse, qui parut double à Riccioli dans le milieu du xvii^ siècle; le système quadruple de 9 Orion a été découvert par Huygens en i656 et la large paire de 'i^ du Bélier indiquée par llooke huit ans plus tard. En 1689, le P. Richaud, en observant une comète à Pondichéry, sépara les composantes de a du Centaure; la duplicité de Y Vierge a été découverte accidentellement par Bradiey et Pond en 1718, et redécouverte ensuite par Cassini et Messier pendant une observation d'occultation; enfin a Gémeaux a été résolue en 17 19, la 61^ du Cygne en 1^:53 et ^ du Cygne en 1755. Mais la première recherche systématique sur les étoiles doubles est due à Christian Mayer, de Mannheim (1777), pour qui les deux étoiles d'un groupe sont deux soleils tournant l'un autour de l'autre et qui entreprit une étude suivie du Ciel avec la lunette de 2", 6 de son quart de cercle mural. Sur les 80 couples qu'il décrivit, 67 rentrent dans la définition actuelle des étoiles doubles, A. — II. I
2 TRAITÉ l) ASTRONOMIE STKLLAIRE.
el certains d'cnlre eux, comme p Hercule et s Ljrc sont des lests encore utiles pour les instruments de moyenne dimension. Les procédés de mesure étaient d'ailleurs alors trop peu précis pour que ses observations aient pu mettre en évidence le mouvement relatif correspondant à leur durée.
2i5. Jl\ IlerscfieL — En réalité, cette découverte cl, par suite, celle de rexistence des systèmes binaires, est due à W. llerscbel. Nous avons vu (n" 173) comment, dans la persuasion (pie la proximité apparente de deux étoiles était un effet de perspective, il avait été amené (1782) à recbcrcher, pour la détermination de leurs parallaxes, tous les groupes semblables de la sphère céleste. Pendant (piarante ans (') l'attention de cet infatigable astronome se porta souvent sur ces groupes, dont il prit un très grand nombre de mesures micrométriques; mais leur discussion Tamenn à une conséquence lout autre, beaucoup plus inq)ortanle encore que celle qu'il cherchait, el qu'il énonça en i8o3 dans un Mémoire célèbre basé sur un ensemble d'observations s'élendant à vingtcinq années ('-).
Les changements constatés dans les positions relatives de deux étoiles voisines vues du Soleil ne peuvent provenir que :
1° Du déplacement d'un seul de ces trois corps;
2** Du dé|)lacement simultané du Soleil et d'une des deux étoiles;
3" Du déplacement simultané des trois asircs.
Prenant comme base ses observations de Castor, y Lion, s Bouvier, JJ Hercule, Serpent et y Vierge, Herschcl leur applique successivement ces trois hypothèses (^) et, après une discussion minutieuse de chaque système d'observations, arrive à la conclusion que la troisième hypothèse peut seule en coordonner les
(») Le dernier Mémoire de W. Ilerschel sur les étoiles doubles e-l de 1832. On the places of i \ô ncw double stars (Memoirs 0/ thc /?. A. S., vol. I, p. 1G6 ).
(2) W. Hf.hs<;iiel, Account of the changes that hâve happencd, during the least tix'entv-jive y cars, in the relative situations of double stars: with an investigation of the cause to which they arc Oiving {Philosophicai Transactions of thc Royal Society of London, iSo3, l'art I, p. 33f) et suiv.).
(•') Le niouveinent propre du Soleil n'étant point, dit-il, « absolument prouvé », il a fait de l'immobilité de cet astre Tun des cas de la discussion.