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CHAPITRE XV. — ' ASTRONOMIE DE l'iNVISIBLE

des orbites du compagnon visible autour de l'étoile principale d'une part et autour du centre de gravité du système formé par son satellite et lui d'autre part, sont en unité astronomique de 22,7 (moyenne e.Hre les distances moyennes d'Uranus et Neptune) et de i ,5 (trè. voisine de celle de Mars), la masse combinée de tout le système <tant i ,6 fois celle du Soleil.

351. Objections de Moulion, Stabilité du système. — Ces distances sont de même ordre que celles que nous avons rencontrées dans les systèmes binaires précédemment étudiés ; mais il est, entre ce système et celui de J^ Écrevisse, une différence considérable. Tandis que le satellite de l'étoile C de Ç Écrevisse tourne autour d'elle en un temps à peu près trente fois moindre que celui de la révolution de C autour de l'étoile principale, le satellite obscur du système de/? Ophiuchus demanderait pour sa révolution autour du compagnon visible un temps presque égal à la moitié de la période de ce dernier. C'est le premier cas rencontré d'une pareille tendance à l'égalité entre les périodes de révolution d'une planète et de son satellite, et cette exception semble contradictoire aux notions acceptées aujourd'hui sur la stabilité des systèmes ternaires. C'est pourquoi M. Moulton a cherché à étudier de près cette question de stabilité du mouvement tel que le montrent les observations, c'est-à-dire à reconnaître si dans ces conditions le satellite ne serait pas bientôt entraîné vers l'étoile principale pour tourner autour d'elle en même temps que le compagnon visible (*). Il emploie pour cela les méthodes données par Hill, Bohlin, Darwin etPoincaré("^), mais simplifie le problème en réduisant le système à deux corps finis, décrivant des cercles autour de leur centre commun de gravité, et à un corps infinitésimal, un point, se mouvant dans le même plan.

11 trouve que pour la stabilité du système, il faudrait que la distance du satellite au compagnon visible soit quinze fois plus

( • ) The liniits of temporary stability of satellite motion with an application to the question of the existence of an unseen body in the binary systeni F. 70 Ophiuchus by F.-B. Moulton {Astronomical Journal, n" 461 ; 1899).

(') Voir sur ce sujet Poincaré, Méthodes nouvelles de la Mécanique céleste, vol. III, p. i4o et suiv.

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grande que la distance admise, el que, dans les conditions numériques de Tobservation, le compagnon visible et son satellite ne feraient pas plus d'une révolution autour de leur centre de gravité commun avant que le dernier soit rejeté vers Tétoile principale. Sa combinaison finale est : Dans le système de F'joOphiuchiis, il n existe aucune étoile obscure de masse telle que, tournant en trente-six ans d'une façon permanente autour du compagnon visible^ elle soit à une distance de o'',3 de la position qu'occupei ait celui-ci si son mouvement n était soumis à aucune perturbation.

Nous ajouterons d'ailleurs que ce satellite obscur a été recberclié sans succès par Burnbam une première fois avec le i8 pouces (o™,4^>) de l'observatoire Dearborn et une seconde fois avec le 36 pouces (o"*, 92) de l'observatoire Lick. « Je ne pus, dit-il, voir le troisième compagnon et les deux étoiles restèrent rondes avec tous les grossissements ».

Si l'on admet comme définitives les conclusions des recherches mathématiques de Moulton et des observations de Burnham, il n'en restera pas moins à expliquer par une autre cause physique les irrégularités certaines du mouvement du compagnon de l'étoile /?Ophiuchus; il j a donc là un sujet d'études fort intéressant.

3o2. Systèmes doubles analogues, — Mais il y a plus ; un certain nombre de systèmes binaires, assez analogues à JJ Écrevisse, quant à leur déplacement angulaire et à leur distance el <[u'on rencontre parmi les couples les plus anciens et les plus familiers aux observateurs, présentent les mêmes anomalies : tels sont Castor, e Hydre, J^ Verseau, y et i Lion, J^ et |jl Hercule, w de la Grande Ourse, r^ de la Couronne Boréale, [ï 58 1 et [ï 58ii du Catalogue de Burnham.

Dans chacun de ces systèmes on trouve la même tendance à un groupement des positions du compagnon, et même pour queli|ues-uns d'entre eux, les intervalles sont aussi réguliers que pour JJEcrevisse; pour Castor, par exemple, on conclurait des cinquante et une mesures prises de 1819 à 1878 que le compagnon de cette étoile peut être considéré comme tournant autour d'une étoile invisible en huit ans environ; et pour e Hydre la période apparente serait d'environ treize ans.

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