CHAPITRE XVII. — ÉTOILES DOUBLES PHOTOSIÉTRIQUES, ETC. I
de ses variations d'éclat : elles sont fréquentes, mais de peu de durée; après être resté constant et égal à celui de ^ Cassiopée, pendant deux jours et douze heures, l'éclat d'Algol varie pendant environ neuf heures, intervalle pendant lequel l'étoile passe de la 2^ à la 4* grandeur, son éclat étant alors un peu inférieur à celui de 5 Persée, le minimum dure environ dix-huit minutes, après quoi Téclat augmente progressivement jusqu'à redevenir égal à celui de ,3 Cassiopée, éclat qu'elle conserve encore pendant deux jours et demi, et ainsi de suite. Parmi les astronomes qui se sont le plus occupés de cette curieuse étoile, nous citerons Wurm, qui l'a suivie assidûment de 1788 à 1825, et, en ce siècle, Argelander (1842 à 1866), Schmidt (1846 à i883) auquel on doit l'observation de 25o minima, Schonfeld (1854-1874) et enfin Pickering, Loomis et Chandler, dont les travaux d'ailleurs fort importants sont surtout théoriques.
Comme conclusion de la discussion qu'il fit de toutes les observations antérieures, Argelander (*) avait annoncé que l'intervalle de deux minima successifs diminue progressivement de|)uis les premières déterminations faites par Goodricke. Peu après, F. Loomis confirma cette assertion , ainsi que le montre la liste suivante, publiée par lui, des périodes mo^^ennes aux diflerentes dates depuis la découverte (^), et où nous n'avons inscrit que l'excès de ces périodes sur aJ 20** 48™ -
1784 Mai 27 5(j,4ii*> 1849 Juin 17 34,8Gi
1788 Dec. 19 58,737 i85i Dec. 8 53,ior)
1793 Juin, if 58,393 i855 Mars 9 52,i25
i8(»5 Nov. '>.5 ^8,454 i8j6 Dec. 27 64, 3 1-2
1818 Avril 12 58,193 i8')9 Janv. 3 50,901
i83o Juin. 1 57,971 i8()i Jaûv. 9 53,86J
1842 Sept. 19 55,i8-2 i863 Mai 29 56,191
i846 Févr. 1 53,448 1866 Févr. 21 53, 014
Quelques années plus tard, Pickering {^) arriva à une conclu-
( ' ) Astronomische Beobachtungen zu Bonn, vol. VU, p. 3^3 et suiv.
(') F. L00MI8, Periodic stars; GôUingen, 1869.
(') E. PiGKERiNQ, Dimension of the fined StarSy with especial référence to Binaries and Variation of the Algol Type {Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, vol. VIII, p. i et suiv.; 1881).
178 TRAITÉ D*ASTRONOMIE STBLLAIRE.
sion analogue en ajoutant aux observations précédentes celles faites jusqu'en 1879. Sa discussion s'étend ainsi à I2i45 périodes dont il partage les valeurs en 3o groupes qu'il combine par un procédé graphique et dont il déduit ensuite par interpolation les valeurs suivanles :
Les résultats obtenus par ces deux astronomes paraissent donc indiquer clairement la diminution graduelle trouvée par Argelander; en outre, ils montrent tous deux que de ï83o à 1860, vers 1840, la durée de la période jusqu'alors constante de 2^20*^48" )8%5 paraît avoir éprouvé un changement brusque d'environ o",3 par an, soit environ o%oo25 par période; mais, tandis que d'après Loomis, le minimum de la période aurait eu lieu vers 1860 et que, depuis lors, celle-ci irait en augmentant, d'après Pickcring, au contraire, au changement brusque d'entre i84o et i85o a succédé une période de durée sensiblement constante et égale à
Ces divergences ont engagé Chandier à reprendre l'élude de cette question : à l'aide de 684 minima, dont le premier est de 1 783 et le dernier de 1887, cet astronome (') a montré que les inégalités cumulalives d'Argelander n'existaient pas, que les seules réelles étaient périodiques et telles que l'époque d'un minimum de lang n est donnée ])ar l'expression
/ r.88. Janv. i 7''3o'"5o\>.i ( T. M. V) -- •>'j>o''4S"'5V,4v/) X n
i7'J'",3 sin( .'y- /i - - 202" 3o')
- 1 8'", o sin ( ^^ n - •>.o3** 1 5' )
-- 3'", *» sin ( J/i -T- 90^20'),
(') CuvNnLEU, On the period of Algol {Astronomical Journal, n«* 165 à 167:
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d'où l'on conclut pour la durée de la période
P=9j2o''4o™5j',4-25-4-3%6296sin(iii''7 — ^/i) -+- i»,4i37sin( 7*5 — -^V'*) -ho%6i09sin( 68*» — J/i ).
11 convienl d'ailleurs, à cause de rincerlitude de leur délerminalion, de laisser de côlé les deux derniers termes de ces expressions et de les réduire à
T = To-4-2^2o''48™53-.4'25 x /i -+- i73™,3 sin(202'3o'-f- -5^/1). V = Po-+-3%6296sin(iii°7'— sV'*)-
En outre, on met souvent la première sous la forme
T = To-f- Po^ H- 173™ sin(202''3o'-4- 2*'53 x /),
où i est exprimé en années; d'après celte formule, la période de rincgalilé serait d'environ cent quarante ans.
376. Variations d^éclat. — La marche des changements d'éclat est également fort intéressante et a été étudiée par Argelander, Schmidt et Schiinfeld ; Argelander et Schonfeld ont suivi la même méthode, celle des degrés; Schmidt, au contraire, n'a employé qu'une seule étoile de comparaison, 2 Persée; il élimine ainsi toute erreur pouvant provenir de la détermination de son éclat, mais par contre les différences avec la variable sont souvent trop grandes pour que la courbe de lumière soit bien déterminée. Les résultats de Schiinfeld, qui sont les plus importants, onl élé obtenus à l'aide de neuf étoiles de comparaison enserrant fort étroitement les variations lumineuses de j3 Persée et de plus distribuées presque symétriquement par rapport à elle (*).
En 1881, Pickering a réuni toutes ces observations dans une discussion fort soignée; les nombres résultant de cette étude et exprimés en degrés sont inscrits dans le Tableau suivant :
( ' ) Ce sont : y Andromède, i Cocher, fl Bélier, y cl £ Persce, fi Triangle o Persée, a Triangle cl v Persée.
TRAITÉ d'astronouik STELLàIRE.
Temps Grandeur en degrés
compté ■■! ^ — I — -
à partir avant après
du le le
minimum. minimum, minimum.