CHAPITRE XX. — SYSTEMES MULTIPLES ET AMAS IRRÉGULIERS
Schliiter classa les étoiles lélescopiques pendant la nuit du i5 mars i84i-
Malheureusement, la courte durée de Tintervalle où se produisent les occultations des Pléiades pendant chaque révolution du nœud de la Lune (4 ans environ sur i8), empêche qu'on ail tenté sérieusement d'appliquer le premier point de son programme, relatif à la détermination des différences de longitude que Ton obtient actuellement par d'autres méthodes avec beaucoup de précision; néanmoins l'importance des étoiles des Pléiades n'a pas diminué , car les mêmes observations donnent inversement les corrections des éléments de notre satellite.
Le second point, au contraire, relatif à la détermination des constantes instrumentales, est devenu d'une application courante dans la pratique de l'Astronomie d'observation; et quant au troisième, il fallait évidemment laisser s'écouler un certain temps avant d'espérer pouvoir mettre en évidence des changements sensibles dans les positions des étoiles cataloguées par Bessel.
486. Intervention de la Photographie. Rutherfurd. — Aussi est-ce seulement en i865 que fut faite la première tentative de détermination de ces changements, tentative remarquable parce qu'elle marque l'apparition en Astronomie de la Photographie comme méthode de mesures de précision.
C'est, en effet, le 21 février de cette année que Rutherfurd employa pour la première fois, dans son observatoire de New- York, à la description des amas stellaires , le célèbre objectif photographique de o"*, 29 qu'il avait fait lui-même. Un an plus tard, cet astronome avait construit le premier micromètre photographique, et mesurait les coordonnées relatives à Alcyone des étoiles des Pléiades, mesures que discutait et réduisait B.-A. Gould, alors à ses débuts ; elles le conduisaient à la détermination an dixième de seconde d'arc aussi bien en ascension droite qu'en déclinaison des positions relatives de 89 des étoiles de Bessel (* ).
Dans les années suivantes, Rutherfurd renouvela à plusieurs
(*) B.-A. GoOLD, Réduction oj photographie observations of Ihe Pléiades {Annafs of the National Academy, vol. IV) (1886).
époques Tobservation photographique des Pléiades; nous y reviendrons plus loin.
487. Mesures micrométriques. C. Wolf, Pritchard. — En 1873, M> G. Wolf reprit, avec le micromètre Glaire de Féqualorial de o™,3i de l'Observatoire de Paris, les mesures différentielles des positions relatives des étoiles du groupe des Pléiades.
La partie fondamentale de son travail est la formation d'un Catalogue (*) donnant les positions relatives à Alcyone des 79 étoiles les plus brillantes du groupe; on les obtenait par des observations de passages pour les ascensions droites, et par des mesures micrométriques pour les déclinaisons; mais la course de la vis du micromètre étant de beaucoup inférieure aux dimensions focales du groupe à mesurer, on dut, pour ces déclinaisons , partager le champ à explorer en quatre zones reliées entre elles par des repères communs.
Ces 79 étoiles ont ensuite servi d'origine pour déterminer par différence, au moyen d'un micromètre spécial, à déplacement et à lecture très rapides, les positions de 887 étoiles plus petites; et enfin, par différence avec celles-ci, celles de io5 étoiles plus faibles ou oubliées : de sorte que, au total, la description de C. Wolf contient 071 étoiles de la 3* à la i4® grandeur; c'est certainement la plus complète qu'on ait obtenue jusqu'à ce jour par robservalion directe; elle est représentée dans la P/, I.
Il convient de dire cependant que, en 1884, et observant avec l'équatorial de o™,38 d'ouverture de l'observatoire de Bordeaux, G. Rayet a ajouté au Catalogue de C. Wolf les positions relatives de 143 étoiles nouvelles de la i3® à la i5* grandeur (une seule est de grandeur 12, 5) (2).
Quelques années après G. Wolf, mais avant la publication de son travail, Pritchard avait aussi entrepris une revision micromètrique du groupe des Pléiades : l'appareil construit par lui en vue
( ' ) C. Wolf, Description du groupe des Pléiades et mesures microniétrique^ des positions relatives des principales étoiles qui le composent {Annales de l'Observatoire de Paris, Mémoires, t. XIV, !'• Partie, p. A.i et suiv.; i>>77).
{') O. llAYtT, Positions d'étoiles télescopiques de la constellation des Pléiades {Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, vol. Cil, p. 4^9)-