II. — Distribution des amas stellaires et des nébuleuses
Une qucslion fort importanle se pose immédialemcnt, celle de savoir quel est le mode de distribution sur la sphère céleste de ces amas et de ces nébuleuses : est-il le même pour ces deux classes d'objets et a-t-il quelque relation avec le mode de distribution que nous avons trouve (n'* 97 et suiv.) pour les étoiles? Comme on passe des étoiles doubles ou multiples aux amas stellaires par une série de transitions, il convient d'ailleurs de les comprendre toutes dans une même étude.
o08. Etoiles doubles. — Le dénombrement par heure d'ascension droite des étoiles doubles (3?. lo) du Catalogus noviis de W . Slruve donne les résultats inscrits dans le Tableau suivant où la densité relatiie à la même signification qu'au n" 98.
Heure. Nombre, relative. Heure.
3 i4i 1,111 ij....
4 i48 i,i4'A iC...
5 209 I ,Gr3 17
7 ><^« ïj24îi 19 •
II lOF 0,779 "^3
Densité
•mbrc.
relative.
o,9li
i,oo3
io3
Total 32IO
Moyenne '33,7
D'autre part, on a traduit graphiquement ces densités relatives dans la Jig. 89, qui renferme aussi par comparaison la courbe de densité des étoiles simples du disque équatorial de W. Struve.
La distribution horaire des étoiles doubles est donc périodique
comme celle des étoiles simples, et de plus, les deux lois de variation peuvent évidemment être considérées comme absolument analogues, et elles doivent être attribuées à la même cause : la condensation vers la Voie lactée. Cependant, il convient de remaiquer qu'il existe dans la Voie lactée certaines bandes où les systèmes binaires sont très rares; telle est, par exemple, celle que l'on tire de la queue du Cygne par le Lézard et le sceptre de Céphée jusqu'au milieu de Cassiopée. Ces vides seraient d'ailleurs très probablement comblés si Ton étendait le dénombrement aux étoiles de moindre éclat que celles observées par W. Struve.
Fig. 89.
IJ J£>£^ • ' i -^ i^^^^H^ !
__;....:. Lj j
9 10 II 12 13 IV 15 16 17 18 19 20 2l 22 23 2<* Etoiles doubles et multiples . .——____«.
Etoiles
309. Etoiles multiples et amas, — Pour les étoiles triples ou quadruples et pour les amas d'étoiles, ce dénombrement est résumé dans le Tableau suivant où les nombres indiquent les densités relatives de chaque région, et où les lignes horizontales successives se rapportent aux étoiles doubles du Catalogus novus de W. Struve (^i), à l'ensemble des étoiles triples ou quadruples (Tr) données par les Mcnsurac micrometricae et le Catalo^gue austral de J. Ilerschcl et pour les amas au iVe(v qeneral Cataloi^ue de Dreyer (N.G.C.).
Catalogues. tK3\ 4»'-7^ 8''-ll\ 12^'-15^ IG^-IO»». 20»'-'23^
Tr 0,891 1,296 0,930 0,018 i,i7<) i,o5o
Les nombres de la ligne I| proviennent, comme nous Pavons vu plus haut, de 32 10 couples; ceux de la ligne Tr de 194 groupes multiples-, enfin, (3o() amas ont servi à donner les résultats inscrits dans la ligne N. G. C.
La loi de distribution est manifestement la même pour tous et par suite analogue à celle des étoiles isolées, mais il faut remar-
CHAIMTKK \\l. — AMAS STELLAIRES Kï NÉBULEUSES. 353
quer que la condensation est bien plus nette encore pour les amas que pour les systèmes doubles ou multiples; les fuseaux de 4**-7*' et i6**-i<j^ comprennent à eux seuls les six dixièmes du nombre total des amas.
C'est une confirmation de la proposition énoncée au n° 121, à savoir que les étoiles doubles, multiples et les amas stellaires font partie intégrante de la Voie lactée,
510. Amas globulaires et ir réguliers, — Séparons maintenant les amas en deux portions, les amas globulaires © et les autres (Am), les distributions selon l'ascension droite sont données par les valeurs suivantes dont les premières sont les nombres absolus et les secondes les densités relatives :
U*'-3\ i»^-:". 8»'-ll\ 12»'-15^
T..tal
iGi
lau\. 61 lyG iio 48
Les amas suivent donc en général la loi de distribution stellairc avec une condensation marquée dans les régions de 4** à 8** et de 16** à 20''. Mais il y a lieu de remarquer la condensation un peu forte des amas globulaires dans la région de 16** à 20*'; elle tient à un fait singulier signalé par J. Ilerscliel.
<c Un des caractères les plus remarquables du Ciel austral, ditil, est le nombre extraordinaire d'amas globulaires que Ton rencontre entre 16** 4^" et nj^ d'ascension droite dans la région de la Voie lactée occupée par la Couronne australe, le corps et la tête du Sagittaire, la queue du Scorpion avec une partie du Télescope et de l'Autel. »
Là, dans un espace d'environ iS" de rayon, dont le centre est entre x Scorpion et Ophiuchus (19** et — 26"), sont rassemblés 3o amas globulaires, soit le tiers du nombre (85) de ceux-ci, tandis qu'il n'j en a aucun dans la portion diamétralement opposée du Ciel; et cependant le nombre des amas non globulaires, d'ailleurs relativement beaucoup plus grand que dans les autres portions de la sphère, est sensiblement le même dans les deux cas : 43 pour lu A. - II. • 23
portion australe et 4^ pour la portion boréale, soit environ le huitième du nombre total (524)* Ainsi, dans les deux portions du Ciel, il y a rassemblement évident des amas ordinaires, mais, en outre, dans Tune d'elles il y a une agglomération absolument extraordinaire d'amas globulaires. L'ensemble de ces faits démontre d'une part que les amas stcUaires font partie de la Voie lactée et d'autre part que, dans la direction indiquée^ les deux portions opposées de la Voie lactée ont une constitution différente (*).
511. Nébuleuses, — Procédons maintenant de la même façon pour les nébuleuses et dénombrons par heure d'ascension droite toutes celles que contient leN. G. G. de Drejer; nous aurons les valeurs :
Oh.3\ 4^'-7^ 8»'-ll^ 12''-15^ 16»'-i9^ 20'»-23\ Total.
Nombres i35-2 826 i-iai 189-2 646 887 8224
Densité relative. 0,188 0,100 0,171 o,2'23 0,078 0,107
<|ui montrent un mode de distribution tout différent de celui des étoiles simples et que nous mettrons mieux encore en évidence par le procédé suivant dû à Gleveland Abbe (*). Supposant a la Voie lactée une largeur moyenne de 10", il partage la sphère céleste eu trois régions, la Vole lactée et les deux calottes célestes comprises entre elle et chacun de ses pôles, y répartit tous les objets (4699) que contient le Galalogue de J. Ilerschel (on ne fait pas entrcrici les porlionsdu Giel couvertes ()ar les Nuées de Magellan) et ramène ensuite ces données à l'unité de surface en remarquant que, la surface totale de la splirre étant de 36o, les aires de ces trois régions indi(]uées sont 180, 3o et i3o : il obtient ainsi
Norïiluc (l'amas
par 11 ni lé total, de surface.
Nord (Je la Voie lactée ^^3 'X^\
NOie lacléc 7.8 > 9,5
Sud (le la \ oi«' la(M«'«' U)3 l,i
Nombre
lie
nébuleuses
par unilc
total.
de ^u^facc.
(') Il c^t, en eUVt, difficile d'a<liiicttrc que celte différence puisse tenir à u"^ (lillérence de distance de la Terre aux régions considérées de la Voie lactée.
(-) Clevklani) \bue, Distribution of the ntbulœ in sjmce {Monthly S^j^^^'^ vf the /{()) ai astrononiicaf Society^ \o\. \\\I1, p. 2.37 el suiv.; 1867).