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CHAPITRE XXI. — AM4S STELLAIRES ET NÉBULEUSES

514. Conclusion, Principe nébuleux. Principe sidéral, — Les objets compris dans les Catalogues de nébuleuses paraissent donc appartenir à deux groupes dislincls : les uns font partie de la Voie lactée et sont de nature slellaire, les autres en sont indépendants, en général plus éloignés de nous et de nature actuellement différente.

Mais il semble aussi résulter de cette discussion qu'au point de vue de la résolubilité des nébuleuses les instruments actuels ont atteint à peu près la limite de puissance utile et que, pour bien peu des objets classés par les Ilerschel dans les nébuleuses résolubles (r) nous puissions espérer pouvoir les décomposer réellement en étoiles distinctes.

Ces résultats sont d'accord avec la proposition énoncée en 1818 par W. Herschel sous la forme suivante :

« Dans la profondeur des régions célestes, existent deux principes différents, le principe nébuleux et le principe sidéral; la lumière de la matière nébuleuse est comparativement très faible, uniforme, sauf cà et là quelques espaces un peu plus brillants que le reste; elle est, en général, largement répandue sur une grande étendue de l'espace et, sauf quelques cas, se soustrait ainsi à la vue par son extrême faiblesse; la lumière des étoiles, au contraire, est comparativement très brillante et concentrée dans un point, excepté lorsque plusieurs d'entre elles sont rassemblées en un amas(*). »

Mais ces deux principes sont intimement liés l'un à l'autre, l'élément nébuleux étant la matière première qui a servi à former l'élément stellaire.

La forme spbérique des amas globulaires et la condensation symétrique de leurs composantes depuis leur bord jusqu'à leur centre ne pouvant être due qu'à l'action de forces centrales résultant des attractions mutuelles des astres en présence, W. Herschel étend cette notion à toutes les nébuleuses, les espaces un peu plus brillants que le reste étant pour lui des centres de condensation, fojers partiels de forces attractives, forces dont l'action est évidemment continue. Or, dit-il, « une force qui agit d'une façon continue produit des effets proportionnels à la durée de son action »,

(') Philosophical Transactions for 181 S, p. !\()b.

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de sorte que la matière nébuleuse primilivemenl uniforme se séparera peu à peu en masses, d'abord reliées par des filets de plus cd plus minces de nébulosité cl bientôt complètement distinctes les unes des autres : chacune de ces nébuleuses séparées verra son contour extérieur s'arrondir, son intensité lumineuse diminuant au bord et s'accroissant vers le centre à mesure que se poursuivra la condensation; il se formera au centre un nojau très apparent <|ui prendra bientôt une apparence stellairc; plus tard la légère n(''bulosité qui persistait à Tentourer se précipitera vers le centre et le résultat sera la formation d'autant d'étoiles qu'il y avait dans la nébuleuse originelle de centres distincts d'attraction, chaque nébuleuse donnant ainsi naissance à un ou plusieurs amas slellaires.

Tel est, d'après le grand Herschel, le mode de formation des (>ieux et ce mode, il le met sous nos jeux, nous le donne en spectacle à toute heure par les considérations suivantes :

Ces transformations diverses peuvent n'avoir pas commencé en même temps pour chacune d'elles; mais « l'effet de la force attractive continue étant proportionnel à la durée de son action, ceux do ces amas qui, toutes choses égales d'ailleurs, présentent le plus complètement cette forme sphérique et cet état de condensation sont ceux dans lesquels elle a agi le plus longtemps; nous pouvons donc, par la disposition des parties composantes et aussi par l'éclat (le la partie centrale, juger de l'âge relatif ou mieux de la maturité relative de ces amas ». El, poursuivant alors la comparaison avec le monde végétal, il arrive à ce poétique énoncé bien propre à caractériser son grand génie :

«( Le ciel ressemble à un jardin luxuriant renfermnnl la plus grande variété de productions, à des éliUs différents de leur exislence, et son examen actuel nous permet d'étendre notre expérience à une immense durée; le spectacle qu'il nous offre est, en effet, le même que si nous vovions s'accomplir en même temps sons nos veux les diflerents actes de la vie végétale depuis la germination, la floraison et la fécondation jusqu'à la dessiccation et enfin la pourriture définitive (\). »

(') >N . IltuscHEL, Catalogue of a second thousaïut of ncw nebula' and duste/s of stars; with a fcKV introductory liemarhs on tfie construction of the Hcavcns {Pkilosophical Transactions of the lioyal Society, Vol. I.WIX, 17^9, Part II, p. 2.j3).

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Quant à rëliide de ce qu'Herscliel appelle le principe nébiiieuXf elle ne paraît pas, d'a[)rrs ce qui précède, pouvoir se faire utilement par l'observation directe, mais au contraire exiger des méthodes différentes et plus pénétrantes.

Pour toutes ces raisons, nous limiterons notre examen actuel à ceux des objets dits nébuleux qui sont de nature slellaire et font partie de Timmense collection d'étoiles à laquelle nous appartenons nous-mêmes; on premier lieu nous déterminerons leurs distances.

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