CHAPITRE XIV. — HISTOIRE ET DESCRIPTION DE SYSTÈUES BINAIRES
de construire pour TUniversitc (Ju Mississipi. Les éléments que nous avons donnés reposent sur i3(j observations s'étendant de
Fig. \u
i86ri à 1890; depuis cette époque la distance apparente du compagnon à Téloile principale est devenue si petite, que même avec robjeclif de 3G pouces (o"\9i) de l'observatoire Lick, il a été
Kig. /|3.
pendant quelques années entièrement perdu dans les rayons de l'étoile principale. Cependant, il a été revu à Greenwich à la fin de 1896.
Avec les éléments que nous avons donnés et la valeur de la
parallaxe o", 38 de Gill, la masse du système est 3,2 fois celle du Soleil et de la Terre, et son demi grand axe atteint ai,i unités astronomiques; il est donc un peu supérieur à celui de l'orbile d'Uranus. D'après Auwers, les masses des composantes sont dans le rapport de i à 9., 12 et, par suite, en prenant la masse du Soleil pour unit/', égales à 1 ,0 et 2,2 (* ).
Ce système, sur lequel nous reviendrons plus loin, est fort intéressant, tant pour la façon dont il a été découvert que par sa constitution. Nous avons quelque raison de croire que Sirius est moins dense que le Soleil et ressemble plus que lui à une nébuleuse : si cela est vrai, Faction du compagnon doit provoquer des marées énormes dans l'aspect de Sirius. Les hauteurs de ces marées étant en raison inverse du cube de la distance, leur élévation est environ 80 fois plus grande au périastre qu'à Tapoastre. Il doit donc en résulter dans l'aspect de Sirius un trouble périodique dépendant de la durée de révolution du compagnon, que pourraient peut-être mettre en évidence des mesures photométriques faites à 20 ans de distance.
La différence de grandeur entre l'étoile principale et son compagnon étant 10,0, l'éclat du compagnon serait, avec le coefficient de Pogson, le dix-millième de celui de Sirius. Une aussi grande différence d'éclat ne peut s'expliquer par une différence de densité; on doit donc admettre que ces deux corps ont des éclats intrinsèques très différents : quelques astronomes ont même émis l'idée, d'ailleurs peu vraisemblable, que le compagnon brillerait surtout par la lumière qu'il réfléchit.
Il convient de rappeler en terminant le changement dans la couleur de Sirius constaté depuis les temps anciens.
301. Castor (a Gémeaux). — Castor est le moins serré et le |>lus beau des systèmes binaires de l'hémisphère boréal ; son mouvement anguhiire non équivoque imprima le j)rcmler dans l'esprit du grand Herschel la conviction complète de ses vues
(') La valeur a'.SJ que donne Auwers pour le demi grand axe de Torbile de Sirius se rapporte à Tcllipsc décrite par I étoile principale. Élanl données le< masses des deux étoiles, ce nombre doit être multiplié par 3,i, el devient S'jO^. (/esl le nombre que nous avons adopté.