‹ Traité d'astronomie stellaireChapitre 83 sur 281 · I. — Historique · texte numérisé non relu

I. — Historique

328. Notions préliminaires, — Une étoile qui n'est soumise à aucune force extérieure est fixe dans Tespace ou se transporte en ligne droite avec une vitesse constante : par conséquent, pour un observateur placé au centre de gravité de notre système, elle conserverait la même position sur la sphère céleste, ou elle se déplacerait d'un mouvement uniforme sur le grand cercle de la sphère qui correspond à la direction de sa vitesse.

De même, le centre de gravité d'un système binaire, c'est-à-dire (le deux étoiles dont les distances réciproques sont petites par rapport à celles qui séparent, en général, les autres étoiles aura aussi un mouvement propre invariable tant qu'une force extérieure à ce système et au nôtre n'agira pas sur lui : chacune des composantes de ce système aura, au contraire, un mouvement propre variable, puis((u'il se composera du mouvement uniforme commun du centre de gravilé combiné avec le mouvement orbital de la composante autour de ce point.

D'un autre côté, si le centre de gravité du système solaire est animé d'un mouvement de translation uniforme, il n'en est pas rigoureusement de même des différentes planètes, pas plus que du centre même du Soleil, par suite des actions attractives de ces dernières; cependant, celles-ci étant invisibles pour lui, nos instruments montreraient à un observateur placé sur une étoile quelconque le Soleil comme une étoile simple; et, si la masse de l'une des planètes devenait comparable à celle du Soleil, le mou-

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vemenl propre de cet astre cesserait de paraître uniforme ponr le même observateur, sans que le Soleil cessât d'êlre pour lui une étoile optiquement simple. Un système binaire dont l'une des composantes est d'éclat très faible relativement a l'autre peut donc nous être révélé par l'étude de son mouvement propre.

329. Bessel. — Or, au cours des observations et des discus> sions qui ont conduit Bessel à des positions si précises pour un certain nombre d'étoiles fondamentales, cet astronome remarqua, entre les mouvements propres de Sirius et de Procyon déduits d'observalions faites à des époques successives, des différences qui ne lui parurent pas pouvoir s'expliquer par des erreurs d'observation. En i844î après avoir serré le problème de plus près et, afin d'éliminer les corrections systématiques des Catalogues, comparé seulement les différences des positions de chacune de ces deux, étoiles avec un certain nombre d'étoiles voisines, il arriva à la conclusion que ces variations de leurs mouvements propres sont bien réelles, et, en cherchant à en déterminer la cause, il fut conduit à l'un de ses plus beaux travaux, la démonstration complète de l'existence d'une étoile invisible pour lui et ses contemporains, et l'indication approché*! de sa position (•).

Telle est l'origine d'une espèce d'Astronomie qui a reçu depuis de grands développements et qu'on a appelée Astronomie de l'Invisible,

II. — Variabilité des mouvements propres de Sirius et de Procyon.

330. yisccnslons droites de Sirius. — Les étoiles repères choisies par Bessel pour Sirius sont : j3 Orion, a Orion et Procyon^ et la comparaison d'une série fort nombreuse de différences d'ascension droite observées et discutées soigneusement, avec les diiférenccs déduites des Tabulœ re^iomontanœy a eu pour ré-

(') Hkssrl, L'eber Veràndlichkeit der eigencn liewegung der Fixsterne ( Astronomischc Aachrichten, n** 514, 515 et 510, i8'|.^ ).

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