CHAPITRE XV. — ASTRONOMIE DE l'iNVISIBLR. l3y
nulle part, pas plus avec l'objectif de o™,66 de l'observatoire de Washington qu'avec celui plus puissant (o",9i) de l'observatoire Lick (*); la distance indiquée était d'ailleurs trop forte pour cadrer avec l'orbite théorique.
L'honneur de la découverte du compagnon de Procyon revient à J. Schaeberle; elle a été faite le i4 novembre 1896 avec l'équatorial de o™,9i de l'observatoire Lick. C'est, d'après lui, une étoile de i3* grandeur, de couleur jaunâtre et passablement intense, qui se trouvait alors à 4"')^9 de distance de Procjon et dans l'angle de position de 318*^45' (^), assez voisin de celui (2-5**) indiqué par l'orbite d'A.uwers.
Depuis, ce compagnon a été observé fréquemment; jusqu'au printemps de 1898 nous en possédons, en effet,- huit déterminalions nouvelles, dues à Aiken, Hussey, Schaeberle, See, Boothroyd, Barnard et Lewis (^).
L'une de ces observations, celle de MM. Lewis et Malotte, est particulièrement intéressante : ils ont remarqué que la même nuit le compagnon de Sirius était complètement éclipsé par le fil du micromètre, tandis que celui de Procyon débordait visiblement de chaque côté du fil. Il y aurait donc une différence sensible entre ces deux compagnons puisque l'éclat du premier est certainement beaucoup plus grand que celui du second; cette différence est encore accusée par ce fait que, pour eux, le compagnon de Procyon, qu'ils estiment de i/\*^ grandeur, est franchement pourpre.
Ces mesures micrométriques, jointes aux observations méridiennes différentielles de O. Struve (^), ont permis à M. See
( ' ) Avec cet objectif, Burnbam trouva, en effet, tout aussi bien à la fin de i88« qu'à la fin de 1890, Procyon comme une « large étoile unique sans le moindre compagnon rapproché ».
(•) Publications of the astronomical Society of Pacific (n« 33, p. 3i4, 1896).
(^) See, 28 et 29 octobre 1897, avec l'objectif de o",6i de l'observatoire Lowell à la station de Flagstaff (Arizona) {Astronomische Nachrichten, n" 3496).
Barnard, 2 novembre 1897, ^^^^ l'objectif de i",02 de l'observatoire Yerkes ( Astronomical Journal, n«» 135 ) .
Lewis et Malotte, les 20 et 21 mars et 4 avril 1896, à Greenwich, avec le nouvel objectif de o'»,7i {Afonthly Notices of the Royal Astronomical Society, Vol. LVIII, p. 355).
(*) Annales de V observatoire de Poulkova, Vol. X.
l38 TRAITÉ d'astronomie STBLLAIRB.
de calculer les éléments de l'orbite relative du compagnon, qui
sont (M :
n — -h9°,o, ii = 108.3,
a =5", 84, Tw ii = 106.35,
ainsi que le demi grand axe de l'orbite de Procyon autour du centre de gravité qu'il trouve égal à
Si bien que les axes des orbites de Procyon et de son compagnon autour du centre de gravité commun sont, en valeur angulaire,
o',94 et 4', 80,
et, par suite, le rapport des masses de ces deux corps égal à
Avec la valeur o", 27 trouvée par Ëikin pour la parallaxe de Procyon, on conclut que :
r' Le demi grand axe de Torbite relative du compagnon est, en unité astronomique, de 21,2 et, par suite, à fort peu près égal à celui de l'orbite d'Uranus, tandis que celui de l'orbite de Procyon autour du centre de gravité serait de 3,3, à peu près la moyenne des distances au Soleil des planètes d'entre Mars et Jupiter. .
2° La masse totale du système est six fois celle du Soleil et de la Terre, de sorte que la masse du compagnon est précisément égale à celle du Soleil et celle de Procyon en est le quintuple.
Sll. Conclusion. — Les distances de Sirius et de Procyon à leurs compagnons sont donc inférieures à celles qui séparent du Soleil les dernières planètes de notre système, et leurs masses sont comparables à la sienne. Or il est certain que ces étoiles n<constituent point une exception dans le monde slellaire, qu'au contraire un grand nombre, peut-être la majeure partie, des étoiles qui peuplent le firmament nous auraient conduits au\
(•) J. Sek, Reseai-ches on the system of Procyon {Astronomical Journal,