INTRODUCTION
nivers devait èïre produit, et tâchaient de pénétrer i'essence des premiers élémens ou atomes qui devaient le composer. Une philosophie plus solide, et une connaissance plus parfaite du système du monde, fit disparaître ces rêveries; et peu de tems après que Copernic eut découvert le vrai système, on commença à faire des recherches sur la partie physique ou mécanique des mouveraens célestes, h'ostronomie physique est une de ces sciences qui doivent leur existence au dix-septième siècle", si riche en découvertes, et qui font le plus grand honneur à l'esprit humain. Elle a produit les plus grandes découvertes, et même la science entière de la dynamique. Jamais peut-être l'esprit humain ne s'est montré plus grand, que lorsqu'il développa les premières propriétés essentielles de la matière; lorsqu'il remonta à la première source de cette variété infinie de mouvemens qus la nature présente aux êtres pensans; lorsqu'il déchiffra l'essence de ces substances intellectuelles qui, selon les anciens, conduisent chaque planète dans son orbite curviligne, et la retiennent dans une distance convenable au soleil; lorsqu'il osa concevoir des êtres invisibles et jamais conçus; lorsque, sans se perdre dans des spéculations métaphysiques sur la nature àes Jvrces , il les soumit aux mesures géométriques les plus exactes, comme si c'étaient des corps, et réduisit les lois de leurs actions en un système qui, par rapport à la solidité et l'étendue, n'est point inférieur aux autres sciences mathématiques; en un mot, lorsque Nev^-ton entra dans sa brillante carrière.
Il était aisé de prévoir, que les premières hypothèses physiques seraient aussi peu satisfaisantes que celles de l'astronomie rationnelle, et que l'on raffinerait longtems, avant de revenir à l'hypothèse la plus simple; cependant les choses allèrent beaucoup plus vite dans l'astronomie physique. Des Cartes est sans doute le premier qui ait composé un système complet, pour expliquer le mécanisme des mouvemens célestes; mais il lui manque cette simplicité, dont la nature ne s'écarte jamais, et les connaissances astronomiques plus exactes ont brisé les tourbillons Cartésiens depuis longtems. Plusieurs ans auparavant Kepler émit des idées relativement à l'astronomie physique, qui sont peu différentes de celles qui font encore aujourd'hui la base de cette" science ; et il paraît qu'on n'a pas assés reconnu les mérites que
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ce grand génie a aussi de cette partie de Tastronomie. On trouvera dans îa suite de ce livre, plusieurs passages de ses.ouvrages, qui pouvaient aisément conduire un génie tel que Nev\'lon à ses sublimes idées. On peut dire, sans être injuste, que Newton a été instruit par Kepler, non -seulement parce qu'il a déduit toute sa théorie, comme une conséquence immédiate, des lois de Kepler, sans lesquelles cette théorie n'existerait pas, mais encore à cause de ces passages si clairs et si solides, que Mewion ne les aurait pas désavoués. Les connaisseurs ne penseront pas, que cette remarque soit préjudiciable au mérite de Newton. Il y a toute apparence, que Kepler lui-même aurait tiré de ses propres découvertes , toutes les conclusions de Newton, si cela n^avait exigé encore beaucoup d'autres découvertes mathématiques qui, en partie, furent faites peu de tems avant Newton, mais principalement par îui-mêm-e. Conriaissant profondement toutes les observalions astronomiques et toutes les découvertes des grands géomètres de son tems,. animé par un. génie ardent, éclairé par une saine philosophie, et libre de la manie de fair© àes hypothèses. Newton fraya lui-même la route, dans laquelle il a fait une suite de découvertes, dont une seule aurait immortalisé son nom. La théorie Nes^'tonienne fut bientôt reconnue de tous les aslronomes pour une vérité démontrée, et les recherches et calculs astronomiques les plus importans depuis Newton , ne sont qu'une application de cette théorie à un cas particulier. U astronomie physique est le sj^stème des découvertes de Newton..
Les Dremîères propriétés fondamentales de la matière, et les lois générales des forces mouvantes, spécialement des forces centrales qui sont la base de Fastronomîe physique, auraient pu être supposées ici. Mais pour que ce tome ne fût pas un fragment, mais un traité complet , il était nécessaire de faire précéder les premiers principes des meuvemens de translation et de rotation {Lii^. L et ZzV. //'"» Chap. I. st. 3.). Au moyen de ces principes , Newton conclut de la théorie Kepléviensie des mouvemens planétaires, l'existence d'une Jbrce centrale, dirigée çers le soleil^ et la loi suivant laquelle cette forée agit à .différentes distancés (Liv. 11. Ch. k). Cette loi étant connue, les mouvemens des planètes suivant les lois de Kepler en étaient une suite nécessaire , et k force qui retient éternellement les planètes dans leuxs orbites, était décou-