CHAPITRE î
Détermination générale de Vorhite apparente du Soleil,
§. Ç)Q. \^umid on se propose de passer de la reclierclie du mou- Tement commun à tout le ciel étoile, à celle des corps particuliers, il n'y en a aucun, qui attire Tattention autant que ce corps de feu, dont la lumière, la chaleur, et la force centrale, éclaire^ échauffe, et conduit des millions de planètes et de comètes , et qui distribue la vie , la sensation^ et le bonheur, à l'infinité de créatures tlont chacun de ces corps est peuplé; ce corps qui est la grande horloge de l'histoire du monde, d'après laquelle nous comptons avec la même précision, des siècles et des secondes j ce corps qui le premier apprit aux hommes,, à intr^^Ljire l'ordre dans les occupations de la vie, et à les régler d'après un plan fixe; à qui nous devons la conservation et chaque jouissance de la vie; qui a été adoré par des hordes sauvages et par des peuples cultivés,, pour reconnaître ses innombrables bienfaits. Le mouvement diurne, commun à tous les corps célestes, et la succession de jours et nuits, qui en dépend^ fut le premier
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objet de l'astronomie^ le second pas de cette science fut^ de passer du mouvement diurne au mouvement propre du soleil , des tems du jour aux saisons de l'année. Ces phénomènes sont si frappans que leur détermination générale demande peu de réflexion et d'attention ^ mais une parfaite précisioa a tant de ditficaltés , et est tellement liée avec la connaissance du système entier, que même aujourd'hui on ne peut la regarder comme finie, et que, dès que ce grand pas avait été fait, le troisième, la recherche du mouvement des planètes, n'avait plus aucune difSculté, Après la première détermination générale il s'écoula des milliers d'années, employées à observer , à calculer, et à faire des hypothèses, pour préparer une détermination exacte. Un calendrier, à un ou deux jours près, aurait pu être l'ouvrage de peu d'années } mais il faut avoir suivi toutes ces recherches pas à pas, pour se faire une idée de tout ce qui était encore nécessaire , pour déterminer la longueur de l'année à quelques secondes prés. Les premières déterminations générales, desquelles se sont développées nos connaissances plus exactes, sont le sujet de ce chapitre.
§. 67. Si Ton remarque après le coucher du soleil, les premières étoiles qui paraissent du côté oriental de l'horison , et qu'on continue ces observations pendant un an , on s'apercevra que ces étoiles , dans le moment où le crépuscule permet de les voir, sont de jour en jour plus élevées sur l'horizon , et plus proches du méridien. Au bout d'environ trois mois on les verra le soir à l'occident du méridien, elles seront chaque jour plus avancées vers l'Ouest ou le soleil, et au bout de cinq mois elles seront si près du soleil , qu'elles se coucheront bientôt après lui. Aloi's elles sont invisibles pendant longtems, ensuite on les voit paraître du côté oriental de l'horison , peu avant le lever du soleil. La durée de leur visibilité fiugmente d'un jour à l'autre, parce qu'elles s'éloignent du soleil vers l'occident: au bout de quelque tems on les voit le matin dans le méridien, ensuite à l'occident , et au bout d'un an elles recommencent à paraître le soir du côté oriental de l'horison.
Comme ces phénomènes simples, et connus du peuple même, reviennent chaque année dans le même ordre, suivant les différentes saisons, ils peuvent
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servir, et ils ont en effet servi de calendrier. L'apparition et la disparition périodiques de Sinus, la plur belle des étoiles, était très-célèbre dans l'antiquité. Les anciens Egyptiens, à qui la première apparition de Sirius avant le lever du soleil annonça le débordement du Nil, événement si important pour les habitan& de ce pays, commençaient leur année par cette époque
La plupart des observations des plus anciens astronomes , qui sont parvenues, jusqu'à nos tems, ont pour objet ces apparitions périodiques des étoiles, qui leur servirent à déterminer les saisons et le lieu du soleil. Us distinguaient tous ces phénomènes par des termes techniques, qu'il faut connaître pour comprendre les anciens, astronomes et poètes. Une étoile , étant près du soleil, est effacée par sa lumière, et 5e ^ève awc le soleil {ortus cosmicus). Bientôt après le soleil en est si éloigné vers l'orient ,. que l' étoile se lève assés de tems avant le soleil ^ pour être visible du côté oriental de l'horison, dans le crépuscule du matin r elle s'est détaekée des rayons du soleil {ortus heliacus). Au bout de six mois, le soleil en étant éloigné de i8o degrés^ l'étoile— se couche au lever du soleil ioccasus cosmicus); à la même époque à peu près elle se lève au coucher du soleil [ortus acronyctus)^ Ensuite îe soleil s'en rapproche, au point que l' étoile est effacée par sa lumière: elle disparaît daiis les rayons du soleil (occasus heliacus). Au bout d'un an le soleil l'a atteinte ^ et l'étoile se lève et se couche avec le soleil ,. comme au commencement (occasus acronyctus\
§. 68, Il est évident que tous ces phénomènes arrivent précisément , comme si le soleil avait, outre le mouvement commun et diurne d'orient en occident, un mouvement propre et annuel qui lui fait parcourir le ciel suivant la. direction opposée d'occident en orient. Que cette orbite apparente du soleil soit un cercle ou une autre courbe^ qu'elle soit un grand ou petit cercle , parallèle à l'équaleur ou non 5 ce sont des questions qui ne Cuvent être décidées par les e:xpérîences, dont il a été parlé jusqu'à présent, elles demandent dqs.. observations plus exactes. Si l'on observe l'azimut du soleil à son lever ou coucher,, on apercevra qu'il n'y a que- deux jours de Tannée, îe premier du printems et de l'automne ^ où Tazimut est un angle droil j, de sorte que le soleil se lève et s.e couche atix points justes d'Est et