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LIVRE lîl, C H A P. XI

ses suites: car les astronomes, ayant dirigé leur attention vers cet objet, découvrirent dans l'espace de sept ans, plusieurs autres planètes dans la même zone du système solaire, qu'on avait crue jusqu'alors vide.

Le 28 Mars 1802, M. Olbers à Brème aperçut dans une partie de la Vierge, où l'on n'eut jamais observé d'étoiles, un petit astre qui avait un mouvement considérable. Le calcul lui apprit, que c'était une planète, à peu près à la même distance au soleil, queCérès^ et il lui donna le nom de Palias, en îa désignant par l'attribut de la Déesse de la sagesse et des combats, la lance, ^ .

Le I Septembre i8o4^ la troisième planète dans cette partie du système solaire fut découverte par M. Harding à Lilienthal, dans les Poissons; on lui a donné le nom de Junon^ et pour attribut le sceptre étoile de lareine de l'Olympe, 3^.

Le 29 Mars 1807, M. Olbers découvrit encore une planète dans ïa même constellation , et dans la même partie du système solaire. M. Gauss lui a donné le nom de Vesta^ et l'a distinguée par le symbole de la mère des Dieux, l'autel sur lequel brûle le feu sacré, ^. Cette planète, le plus petit de tous les corps célestes que nous connaissons, se distingue par l'éclat de sa lumière, et par l'atmosphère lumineuse dont elle est entourée.

On trouva donc plus qu'on ne chercha, quatre planètes au lieu d'unej mais d'un autre côté on trouva moins: car ces planètes sont si petites, qu'elles appartiennent aux astres téléscopiques , et que le volume de toutes les quatre ensemble ne surpasse pas celui de la lune. Leur grandeur les place au dessous des satellites, et cependant la nature les a élevées au rang desr planètes. Celte singularité^ leur petitesse, et leur grand nombre dans la même distance au soleil, a fait penser à M. Olbers y que ces astéroïdes (nom que M. Herschel leur a donné; sont à^s fragmens d'une seule planète brisée en éclats, qui occupa jadis cette place.. En effèt^ une explosion d'une vitesse vingt fois plus grande que celle d'un boulet de canon, suffirait pour faire décrire aux fragmens détachés des orbites semblables à celles de ces planètes. Cette hypothèse sert en même tems, à expliquer les excentricités et inclinaisons considérables, qui distinguent ces planètes des autres: car on conçoit, que l'explosion peut avoir lancé les fragmens dans tous les sens^ et avee

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des Vitesses différentes, il en suivrait encore, qu' à la même distance du soleil il pourrait y avoir plusieurs autres planètes, ou fragmens d'une planète primitive, dont les orbites auraient un commua point ou noeud, l'origine de leur mouvement, à laquelle elles devront revenir à chaque révolution, quoique à différentes époques. Mais il ne faut pas oublier, que l'attraction des autres planètes, principalement celle de Jupiter, y peut produire de grands thangemens. La dernière circonstance a été confirmée par les observations, au moins en partie: car les noeuds de Pallas et de Junon coïncident à trèspeu près. La première circonstance sera peut-être confirmée dans la suite, à moins que les autres fragmens ne soient trop petits, pour être aperçus,

§. i'jQ. Ces quatre planètes n'ont fait que quatre révolutions, depuis «ju'elles sont connues, et Uranus n'a pas encore parcouru Id moitié de son «rbite. Il est donc visible, que leurs élémens ne peuvent pas être connus avec la même précision, que ceux des planètes qui ont été observées depuis dcnx mille ans: car l'élément le plus important, qui est la base de tous les autres, le mouvement moyen, la durée d'une révolution, ou le grand axe, a'esl exactement connu qu'après un gra^d nombre de révolutions. C'était donc une idée trèsheureuse de M. Bode, qu'Uranus qui ressemble assés à une étoile de la sixième grandeur, pourrait se trouver dans les catalogues d'étoiles. En effet, il ne trouva plus une étoile, insérée dans les catalogues en diflërenies places que, d'iiprès le calcul, Uranus avait occupées aux époques (de la confeclion des calalogues. Ces lieux dans les catalogues peuvent donc remplacer une observation qui auiait été faite k cette époque, et l'on s'en est servi pour corriger l's éiémens d'Uranus. Mais avec ce secours même, les observations ne renferment qu'une seule révolution j et la précision avec laquelle nous connaissons les élémens, est due au perfectionnement des méthodes, et surtout aux recherches pénibles de M. Delambre reîali'ement à Uranus, et de M. Gauss à l'égard des quatre nouvelles planètes. Mais il y a encore une autre circonstance, qui influe singulièrement sur. ces quatre planètes. La- proximité de la plus grande de toutes les planètes, Jupiter, leurs grandes excentricités, la manière dont leurs orbites sont enlacées l'une dans l'autre, soumettent leur mouvement à des perturbations considérables,

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