‹ Traité d'astronomie théoriqueChapitre 268 sur 268 · LIVRE VIII, C H A P. IV · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, C H A P. IV

distribués par des vents bienfaisans sur des pays fertiles: alors elles découlent en gouttes de pluie, ou elles descendent des montagnes en torrens, pour aider à la végétation des, plantes, et finissent par se changer en matière ter-, reuse. Il doit en résulter, à ce qui paraît, que la terre perdra en parties aqueuses, ce qu'elle gagne en parties solides^ et cette perte pourra être réparée par les comètes. Quand ces corps se sont emparés d'une partie de Fatmospliëre solaire dans le périhélie, il est probable qu'ils en perdent une partie dans leur longue roule, principalement en s'approchant des planètes qui , en attirant à elles ces vapeurs, ramassent des matériaux pour une nouvelle végétation. C'est ainsi que les comètes enricliis^sent les planètes, en s'appauvrissant, jusqu'à ce qu'après avoir achevé une révolution, elles reviennent au soleil, pour lui dérober de nouveaux matériaux avec lesquels elles vont recommencer leur roule bienfaisante. Cette lij'pothèse explique d'une manière satisfaisante l'observation qu'on a faite sur les comètes qui sont revenues plusieurs fois à leur péiiLélie , sous des formes très-diii'érentes , en préseiitant de longues queues dans une révolution, et n en ayant aucune dans la révolution suivante. Une suite nécessaire de cela, ainsi que de l'écoulement continuel de lumière, est la diminution de la masse du soleil qui, selon Newtbn, pourra être réparée de la manière suivante. La résistance de l'atmosphère scolaire, qu'éprouve îa comète, en la traversant auprès de son périhélie, doit nécessairement retarder son mouvement perpendiculaire au rayon vecteur, tandis que le soleil l'attire suivant ce rayon vecteur avec une force qui ne s'alTaiblit jamais. îl en résulte que chaque révolution rapprochera la comèîe du soleil de plus en plus, et que la comète finira par se réunir au soleil, pour réparer la masse qu'elle lui avait dérobée (^^).

On regardera sans doute avec bien de la satisfaction les comètes comme le commun lien qui embrasse tout Ies3vslème sol?àre, et qui établit un rapport plus intime entre les planètes et le soleii, peut-être même entre divers systèmes solaires. Mais il est plus satisfaisant de voir, que les éiémens du sys-

(i) Fhil. Ndt. Frinc. 3îath. Lih. III. Frop. 4a, ,,yroguU« ïevolaùoaibas acceden-o ad soleia, „iHcidet is te-ndejn îa corpus solis.

tème planétaire sont ordonnés de manière qu'il doit jouir de la plus grande stabilité (^). Il est difficile de réfléchir sur la distribution des planètes et des comètes, et sur la disposition de leurs orbites, sans être pénétré de sentimens semblables à ceux par lesquels Newton termine son immortel ouvrage: que l'univers est soumis à l'autorité souveraine d'un seul dominateur., et qu'il a été construit suivant le plan d'un être infiniment sage et puisçant (3).

(2) Expos- du Syst. du Monde par M. Laplace, Trois. Edit. pag. "ègz.

(3) ,, Elegantissima haecce solis, planetarum et cometarum compages nonnisi consilîo et domini» ,.entis intelligentis et potentis orîri potuil. Et si stellae fixae sirit centra -similinm systematum, „ haec omnia simili consilio constructa suberunt Djjiws daminio'-'. (Voy. :Sch&Vium -gentrah à la fia des Fhil. Nai. Prine. Math.).

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