LIVRE VIII, C H A P. IV
pesanteur s'approche du soîei) : les vapeurs plus élevées s'éloigneront donc plutôt du soleil que de la comète. Il doit en résulter, que la comète sera entourée à une petite distance de couches sphériques de vapeurs qui, à une plus grande distance, formeront une queue dirigée vers le côté opposé au soleil.. Il en suit, encore, que les comètes qui n'approchent pas assés du soleil,. n'auront point de queue , et qu'elle sera, plus grande après le passage par le périliélie >. par. la même maison qui. fait que la plus grande chaleur SUE la terre arrive ordinairement: quelques heures après midi. Tout cela est eonforme aux observations. Kepler pensa que la queue était formée par les; parties, de l'atmosphèi'e solaire^ que la comète attire a elle, et qui sont poussées vers, le côté, opposé par les rayons de lumière qui partent du soleil avec une vitesse excessive.. Il résulte de ces deux hypothèses, qu'il est imprimée aux vapeurs, de lai queue une vitesse, suivant, la. prolongation, de la. droite qui passe par le soleil et. la. comète».
Cette vitesse est combinée avec celle que^ les vapeurs ont dé commun: avec la ccunète, et qui, dans, le périhélie, est perpendiculaire à la- première^: Ikine et l'autre étant dans le plan, de Forbiteo. SL la. comète> se: trouve plongée dans: l'atmosphère solaire , sa. résistance ne peut pas; altérer: la directions du. premicE mouvement qui, faitmonter les vapeurs; suivant les; loix. de l'hydrostatique; mais le second mouvement sera diminué par cette résistance, d'autant plus que les vapeurs sont moins denses, ou plus loin de la comète. Si. donc le soleil est en S {fig. io3.), et que la comète se meuve de C en c, pendant que les vapeurs s'élèvent de C à D, E, etc. en avançant en même tems suivant Dd, Ee, F/, parallèlement à Ce; on vient de voir, que Bd sera plus petit que Ce, Ee nUis petit que D d, et, ainsi de suite,. La queue prendra, donc la forme de la courbe c d e f, qui est concave du côté d'où rient la comète, et dont la convexité: est dirigée vers la droite Sc5 (\\\\ joint: le soleil et la comète.. Si l'observateur en T se trouve dans le plan de l'orbite de la comète ,, la queue lui pajaitra comme la ligne^ droite es; mais dès que la terre T sort de ce plan, ou que la comète sort de l'écliptique, la. saurbura de la queue sera visible.. Il s'en suit que: la. queue paraîtra. comm.€^
une droite opposée au soîeil , si la comète passe par le noeud près du nénhéile; et qiren d'autres cas elle paraîtra d'autara plus courbée, que la latitude de la comète est plus grande. La courbure étant rciTet de la résistance qu'éprouve le mouvement Bd, JLe, elle serait nulle, si Ce coïncidait avec CSd'où il suit que la courbure augmentera avec l'angle SCc, et qu'elle sera la plus grande là où SCc est un angle droit, c'est-à-dire clans le périhélie. Comme la,.résistance agit suivant cIJ), eK, etc. elle serrera les parties antérieures ou extérieures du côté convexe de la queue cdef, qui par conséquent seront plus denses et brillantes que celles du côté concave. Ces résultats sont confirmés par les observations.
Mais il est moins facile d'expliquer d'autres phénomènes. Tels sont la séparation de ia queue en plusieurs branches,- et les changemens qui s'y font de tems en lems avec une rapidité inconcevable, etc. Ce qui est le plus frappant, c'est l'immense étendue de l'atmosphère des comètes, comparée à la petitesse extrême du noyeau. Peut-être aucun astronome n'est encore parvenu à observer exactement le véritable noyeau, et l'on est porté à croire que la comète entière n'est composée que de vapeurs , du moins auprès du périhélie: car on aperçoit sans difficulté les plus petites étoiles à travers le milieu de la masse de la comète, qu'on avait prise pour le noyeau. Il est probable que les vapeurs, après avoir été décomposées par les rayons du soleil, se condensent de nouveau , à mesure que la comète retourne à son aphélie. Du reste, il semble que ces vapeurs ont une lumière propre, parce qu"cn n'a jamais ou très-rarement vu de phases dans les comètes.
§. 3to. Les comètes qui , après s'être plongées dans l'atmosphère dû soleil, s'en éloignent jusqu'aux limites extrêmes, et peut-être au-delà du système solaire, en traversant successivement les orbites de toutes les planètes, sont, selon Newton, le moyen qui maintient la circulation éternelle de la nature. Les idées d'un philosophe comme Newton méritent toujours nôtre attention, quand-même nous ne les approuverions pas. Les mers de la terre étant échauffées par le soleil, leurs eaux se transforment en vapeurs qui seièvent aux régions plus froides, où elles s'amassent en nuages qui sont