‹ Traité d'astronomie théoriqueChapitre 43 sur 268 · LIVRE II, C H A P. IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, C H A P. IV

passe par le milieu de sa largeur, cet anneau devrait se présenter comme un grand cercle; si l'oeil était hors de ce plan, dans l'axe de l'anneau, il prendrait la forme d'un petit cercle cjui s'écartera d'autant plus d'un grand cercle, que l'oeil est plus éloigné du plan de l'anneau: enfin, si l'oeil n'était, ni dans le plan ni dans l'axe de Tanneau, il se présentera comme une ellipse, d'autant plus alongée que l'oeil est plus éloigné de l'axe. Or comme la voie lactée se présente comme un petit cercle, peu ditlérent d'un grand cercle, que d'ailleurs elle n'est pas tout-à-fait circulaire, mais un peu oblongue; il s'en suit, que notre système étoile n'est situé, ni dans le plan passant par le milieu de la voie lactée ni dans son axe, mais qu'il n'est pas fort loin du centre, ensorte qu'il forme un des systèmes inîérieurs^u inféj'ieurs, 4) î^ pS'' raît résulter du peu de largeur de la voie lactée, que les systèmes étoiles qui la composent;, et qui sont ici ce rue dans le système solaire sont les comètes et les planètes ou les systèmes- de satellites, ne sont pas inclinés l'un à Tautre sous tous les angles possibles, comme les orbites des comètes, mais qu'ils sont presque dans le même plan, comme les orbites planétaires (§. 55.), Cela paraît contraire à l'économie, avec laquelle la nature emploie l'espace, et dont nous voyons un exemple frappant dans la disposition des orbites des comètes. On est presque porté à croire, qu'ainsi que dans le système solaire, Fespace hors de l'anneau occupé par les orbites, semblables à celles des planètes^ est rempli d'orbites qui ressemblent à celles des comètes, étant inclinées au plan de la voie lactée sous tous les angles depuis zéro jusqu'à 90*: alors les étoiles, décrivant ces orbites excentriques et dispersées dans tous les sens, ne se trouveraient jamais assés rapprochées les unes des autres pour produire une lueur semblable à celle de la voie lactée. , Quoiqu'il en soit, il est certain, que la véritable forme de cet amas d'étoiles que nous îiommons voie lactée, n'est pas sphérique mais orbiculaire.

Il sera bon d'observer ici , que Kepler eut déjà, sur la disposition et îa forme de la voie lactée, des idées très-semblables à celles que nous venons de développer {J-).

(î) Epiîome ^:strcn. Copern, LU. /. Pag. 38. . ^

Il est probable que plusieurs des étoiles doubles forment de petits systèmes étoiles (§. 4^.) » composés non de corps opaques qui environnent un corps lumineux, mais de deux ou plusieurs soleils qui circulent autour de leur centre commun de gravité. Une étoile double dans le Cygne, dont M. Bessel a fait l'objet de ses observations, paraît évidemment foinier un pareil système de deux étoiles. Suivant les recherches de cet astronome, ces deux étoiles ont décrit une partie considérable de leurs orbites, depuis que l'on en a des observations exactes, c'est-à-dire depuis soixante ans: le grand axe de ces orbites est vu de la terre sous un angle de aS^'^ elles emploient 4oo ans à faire uîie révolution: leur mouvement propre est d'environ G' par an, et leur parallaxe annuelle de o",l\6; d'où il suit, que le demi-diam.ètre de leurs orbites, ou leur distance au centre commun de gravité, est aa fois plus grand que le rayon de l'orbe terrestre, ou d'un tiers plus grand que le demi-diamètre de l'orbite d'Uranus.

§. 58o En continuant les raisonnemens que nous avons faits au commencement du §. précédent, on peut imaginer pareillement un nombre de voyes lactées qui forment ensemble un système de çoyes lactées. Celle d'entre elles, à laquelle appartient le soleil et notre système étoile, environne tout le ciel comme une ceinture 3 les autres, hors desquelles nous nous trouvons à une distance immense, nous paraîtront très-petites, et elles seront à la notre comme une (étoile est au soleil. Ces petites voyes lactées seront dispersées dans toutes les régions du ciel; leur grandeur et leur figure apparente seront différentes , selon leurs distances et leurs situations relativement à notre voye lactée. C'est en effet l'explication la plus vraisemblable de ce grand nombre de nébuleuses qu'on a découvertes depuis longtems. Dans fespace de sept ans (depuis 1782 jusqu'à 1788) Mr. Herschel a découvert 2000 nébuleuses , et depuis ce tems il en a augmenté le nombre. La grande variété qu'il a observée relativement à leur forme, leur couleur, et l'intensité de leur lumière, prouve qu'ici la nature est aussi inépuisable que partout ailleurs. Suivant les observations de cet astronome, il y a de grandes nébuleuses , dont la lumière jaunâtre ou rougeàtre est décomposée, avec les grands télescopes, en une multitude d'étoiles qu'on distingue ais«-

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