‹ Traité d'astronomie théoriqueChapitre 44 sur 268 · LIVRE II, C H A P. ly · texte numérisé non relu

LIVRE II, C H A P. ly

iiient: d'autres, entièrement semblables aux premières, sont pi us petites de la moitié, et ex-igent des grossissemens plus forts, pour faire reconnaître des étoiles: il y en a d'autres beaucoup plus petites, où Ton ne distingue des étoiles qu'avec la plus grande peine, mais dont la lumière est encore un peu colorée. Mr. Herschel est persiiadé, que les nébuleuses de la première classe sont au moins 600 fois plus éloignées que les étoiles les plus proches; que celles des deux classes suivantes sont deux et quatre fois plus éloignées que les premières; et qu'en général elles ne sont pas moins grandes que notre voye lactée. Les nébuleuses qui ne sont-^as comprises dans ces trois classes, diminuent successivement de grandeur, la couleur de leur lumière se perd, les étoiles qui les composent, dispr.raissent , et aux plus petites il ne reste qu'une blancheur de lait. Mr." Herschei pense que la dislance de ces dernières est 8000 fois plus grande que celle d'une étoile de la première grandeur: d'où il suit, que la lumière que nous voyons au- )ourdh'ui, est partie de ces nébuleuses il y a vingt ou trente mille ans.

g. 69. Le même astronome a encore découvert d'autres nébuleuses, qui ressemblent plutôt à un corps planétaire, qu'à la lumière d'une multitude d'étoiles; il a observé aussi un anneau nébuleux ;, ayant au centre une tache noire et circulaire. Un objet non moins remarquable est ce que Mr. Herschel appelle étoiles nébuleuses proprement diies: elles sont formées par une seule étoile placée dans le centre d'une blancheur presque circulaire de 3' à 5' de diamètre. Il est difficile d'expliquer ce phénomène par la lumière d'une infinité d'étoiles , parcequ'alors l'étoile centrale devrait être d'une grandeur dont on ne peut pas se faire une idée; ou il faudrait supposer, ce qui est très-improbable , que dans tous ces phénomènes le hazard eût placé une étoile précisément dans la direction du centre de la nébuleuse. Mr. Herschel, ayant aperçu des blancheurs semblables, dispersées par -ci- pa'r-là, sans étoile centrale, pense que ces nébuleuses' sont des parties d'une matière lumineuse éparse dans l'immensilé du ciel, qui s'accumule par des attractions mutuelles, ou autour d'une étoile voisine. Il serait possible, que cette matière fût la lumière , qui est . lancée continuellement par une infinité de soleils , et qui, par la réflexion, réfractioiif ou par d'autres opérations de la nature que nous

ne connaissons pas, est rassemblée pour être employée autrement, peut-être pour former de nouveaux soleils, après avoir été condensée (').

Il faut convenir, que la forme splrériqne, et raccroissement de la den= si'é ou de Téclat vers le centre, parait indiquer l'action de forces centrales; et Mr. Herscliel a très-bien développé cette idée (^). Il y joint l'hypothèse, que les éioiles, dans leur état primitif, ont été dispersées irrégulièrement, et que rattraclicii les a forcées de former successivement des groupes sphériques. Quelques objections qu^on" puisse faire contre cette hypothèse, elle mérite notre attention par l'heureuse application qu'en fait cet astronome. Cette origine et foxmatioa successive des diiTérens systèmes et de régularité dans l'univers, nous fournirait le moyen, de juger de l'âge plus ou moins avancé des différens groupes, par leur forme plus ou moins sphérique. Ils nous présenteraient, pour ainsi dire, des végétaux dans toutes les stations de leur vie, des plantes qui commencent à s'épanouir, des arbres en fleurs, des fruits murs, et des fleurs fanées. Nous nous trouverions dans un jardin, où l'art aurait réuni tous les climats et toutes les saisons, pour nous présenter*' à la fois les plantes dans chaque état de leur vé-gétation , ensorte que les observations d'un seul âge renfermeraient l'expérience de milliers d'années (3]. §. 60. Les étoiles changeantes sont un des phénomènes les plus remarquables, que le ciel nous présente. Plusieurs étoiles qui brillaient jadis dans le ciel, ont disparu3 d'autres ont apparu , qu'on n'avait jamais aperçues; il y en a quelques-unes qui disparaissent de tems en tems, ou dont l'éclat éprouve des changemens très-sensibles. Il est donc possible, que celles qui ©nt disparu entièrement, existent encore, quoiqu'invisibles, dans le même endroit, et qu'il y a peut-être dans le ciel, autant d'étoiles fixes opaques qûe'de soleils. La plus remarquable parmi les étoiles changeantes est celle

(xj Voy. le mémoire de Mr. Herschel, On nebulous stars, properlj so called, dans les Philos. Trans. Vol. LXXXT. Part. I.

(a) Catalogue of a second Thousand oj r.tav Nelulae etc. Philos. Trans. Vol. LXXIX. Part. 2.

r3; V(iy. loc. et. pag. 226. ,,By tliis meîhod of viewing the Heavens, we can extend tlie range j,of our expérience lo nt! immense duration. For, is ii not alraost ihe same thing. wliether .,vve iive successively to wiiness ihe germinatiori, blooming, foliage, fecundity , fading, -, Tvitliering, and corruption of a plant, or wlietlier a vast number of spécimens, selecled ironi .,evpry stage thro' ■wïneh-fltfeip'lan't passes in tUc course of its existence, be brouglit at oucc -. to OUI- view? ■•

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