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CHAPITRE XI

Les cinq nouvelles Planètes.

g. i6ft. I3epui« l'origine de l'astronomie on connaissait, outre le soleil et la lune, les cinq planètes principales dont il a été traité dans les chapilies précédons, et l'on croyait probablement connaître toute l’étendue du système solaire: personne ne se doutait, qu’il y eût d'autres planètes qui, sans être aperçues, décrivaient autour du soleil des orbites semblables. Dans les teins modernes, les distances des planètes au soleil, et les lois de leurs mou* / vemens étant mieux connues, on présuma, qu’au delà de Saturne, il y arait peul.élre des planètes, invisibles ou inconnues à cause de leur grande distança. En réfléchissant sur 1^ grand nombre des planètes secondaires qui accompagnent Jupiter et Saturne dans leurs routes autour du soleil , et sur la multiplicité des comètes qui paraissent annuellement, on ne put se persuader, que le nombre des planètes principales fût borné à six. Celte supposition fut confirmée par une des découvertes les plus importantes, que l'astronomie doit à M. Herschel , étant alors occupé à observer la parallaxe des étoiles, à Bath en Angleterre. Le i3 Mars 1781, ayant dirigé son léléscope vers un point de la voie lactée près de l’étoile U des Gémeaux, il aperçut un astre qui , quoiqu’à la vue simple paraissant comme une étoile de la septième grandeur, avait dans le léléscope un diamètre beaucoup plus grand que les étoiles de la première grandeur. Son mouvement propre, qui était sensible dans peu de jours, prouva que ce n’était pas une étoile fixe, et M. Herschel le prit d’abord pour une comète, quoique son extérieur fût très-ditTérenl des comètes ■; ’ ). Ses premières observations lui firent connaître, que cet astre

(I) thUat. t'ai. LXSl. Part IJ. a. 3s.

•6o ASTRONOMIE RATIONNELLE

avait un mouvement direct de a",i5 par heure, que son orbite était peu inclinée sur l'écliptique, que sa vitesse et son diamètre augmentait, et que par conséquent il s’approchait de son périhélie ('). Cet astre occupa bientdt tous les astronomes, qui ne tardèrent pas à voir, que son mouvement, au lieu de ressembler aux orbites excentriques des comètes, était presque circulaire comme celles des planètes. Il fut donc reconnu comme une planète prin- ^cipale du système solaire, et les observations, faites pendant quarante ans, ont mis cela hors de doute, et ont donné les élémens de son orbite avec une grande précision. La plupart des astronomes sont convenus, d’après Mr. Bode, à donner k cette planète le nom à'Vranut et te signe les astronomes anglais l’appellent Georgium SiJtis.

Les méthodes précédentes pour déterminer les orbites planétaires, supposent un grand nombre d’observations, principalement des oppositions dans les différentes parties de l’orbite, et surtout une connaissance exacte de la révolution, d'où l’on conclut le mouvement moyen et la distance; moyenne au soleil, 'dont la comparaison avec le mouvement et le rayon vecteur vrais, est la base de toutes les méthodes précédentes. Mais comme cet élément est trouvé par un grand nombre de révolutions complètes, et que le mouvement de la nouvelle planète est si lent, quelle emploie plus de 8o ans pour faire une révolution, il est aisé de voir, qu’il fallait employer ici de nouvelle» méthodes, et qu’un tems considérable s’écoulera, avant que les élémens de la nouvelle planète soient déterminés avec la même précision que ceux de» anciennes. Cependant la lenteur même du mouvement est très-fàvorable, pour approcher de la vérité k l’aide d’un petit nombre d’observations. En effêt, une demi-année faisant environ la i68me partie, eu a* 9' de l’orbite d’Uranus, qui est peu excentrique, on peut l’observer de deux points diamétralement opposés do l’orbe terrestre, sans que sa distance au soleil ait changé sensiblement} ensorto qu’en r^ardant ce petit arc comme un arç de cercley parcouru d’un mouvement uniforme, on peut déterminer ses élémens d’un» manière approchée, pareeque la base ou la parallaxe annuelle est aussi grande

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