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ASTRONOMIE RATIONNELLE

Les observations les plus importantes, pour corriger les'ëiémeos, sont celles (les oppositions. Au mojen de ces observations, et des méthodes exposées dans le Chap. VIll, chaque année rendra les éléniens plus exacts.

178. Les diamètres des orbites des planètes, connues avant le commencement du siècle présent, sont entre eux à peu près comme les nombres 4i 7i >0, i5, ....Sa, gS, iga. Il est impossible, de ne pas y reconnaître un certain ordre , qui sera exprimé assés exactement par la formule, " étant ain nombre entier qui indique la place occupée par la planète, en partant de Mercure. On aura ainsi les distances au soleil, 4,4-f-^ — 7> 4 3. a — 10, 4 -}- 3.4 = i5, . 4 -|- 3.8 = a8, 44'3-i6 = 5a, 4 + 3.3a = 100, 4 -+-■3.64 = '9^1 4 "h 3. ia8 -j- 388, etc. Quoique cette loi ne puisse pas être la véritable, parcequ’clle n'est ni exacte, ni conforme è la simplicité de la nature, et qu’en général on ne conçoit pas qu'elle puisse avoir une cause physique; cependant la lacune entre i5 et 5a est si frappante, que Kepler soupçonna déjà l'existence d’une planète inconnue entr^Mars et Jupiter. Le terme rg6 ou iga de la série précédente ayant été rempli par la découverte d’üranus, il était naturel de chercher une planète, dont la distance au soleil fût è celle de la terre à peu près comme a8 h 10, ou égale à 3. Cependant c’est également h un pur hasard, qu’on doit la première confii'ination de ce que les astronomes avaient soupçonné depuis longtems. Une. erreur du catalogue de \Yollaston, qui avait placé une étoile, où elle ne se trouve pas, engagea M. Piazzi à PuleAue, & observer plusieurs jours de suite les petites étoiles qu'il voyait h la place indiquée. Le preqiier jour de ce siècle, le i Janvier 1801, il observa dans le Taureau une petite étoile qui avoit un mouvement rétrograde d’environ 5' par jour, lequel devenait direct au bout de onze jours. Le petit nombre d'observations que la disparition de la planète dans les rayons du soleil avait permis à M. Piazzi d'en faire, suffisait cependant, pour déterminer l'orbite, par la méthode de M. Gauss, avec tant d’exactitude, qu’on put la retrouver après sa conjonction. On reconnut dans le nouvel astre, la planète supposée entre Mars et Jupiter, et M. Piazzi lui donna, en l'honneup de l'isle de Sicile, le nom de Cérès avec son attribut, la faux, Celte grande découverte fut encore plus importante par

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«es suites: car les astronomes, ajant dirigé leur attention vers cet objet, découvrirent dans l'espace de sept ans, plusieurs autres plaubtcs dans la même zone du syslcme solaire, qu'on avait crue jusqu'alors vide.

Le 38 Mars 180a, M. Olbers it Bicme aperçut dans une partie de la Vierge, où l'on n'eut jamais observé d'étoiles, un petit astre qui avait un mouvement considérable. Le calcul lui apprit, que c’était une planète, à peu près è la même distance au soleil, que Gérés; et il lui donna le nom de Pallus, en la désignant par l’attribut de la Déesse de la sagesse et des combats, la lance, ^ .

Le 1 Septembre 1804, la troisième planète dans celte partie du système solaire fut découverte par M. Harding à Lilienthal, dans les Poissons: on lui a donné le nom de Junon , et pour attribut le sceptre étoilé de la reine de l’Olympe, J.

Le 39 Mars 1807, M. Olbcrs découvrit encore une planète dans la même constellation , et dans la même partie du système solaire. M. Gauss lui a donné le nom de Festa , et l'a distinguée par le symbole de la mère des Dieux, l'autel sur lequel brûle le feu sacré, j|. Cette planète, le plus petit de tous les corps célestes que nous connaissons, se distingue par l’éclat de sa lumière, et par l'atmosphère lumineuse dont elle est entourée.

On trouva donc plus qu'on ne chercha, quatre planètes au lieu d'une; mais d’un autre côté on trouva moins: car ces planètes sont si petites, qu’elles appartiennent aux astres léléscopiques , et que le volume de toutes les quatre ensemble ne surpasse pas celui de la lune. Leur grandeur les place au dessous des satellites, et cependant la nature les a élevées au rang des planètes. Cette singularité, leur petitesse, et leur grand nombre dans la même distance au soleil, a fait penser à M. Olbers, que ces astéroïdes (nom que M. Herschei leur a donné; sont des fragmens d’une seule planète brisée en éclats, qui occupa jadis cette place. En elTèt, une explosion d'une vitesse vingt fois plus giande que celte d’un boulet de canon, suffirait pour faire décrire aux fragm,ens détachés des orbites semblables à celles de ces planètes. Cette hypothèse sert en même tems, è expliquer les excentricités et inclinaisons considérables, qui distinguent ces planètes des autres: car on conçoit, que l’explosion peut avoir lancé les fragmens dans tous les sens, et avec

aRo ASTRONOMIE RATIONNELLE dis vîlpssos itilVéïPutes. Il en suiviiiit encore, qu’ ii la même distance dn se* leil il pmirrnil y avoir plusieurs autres planètes, ou frajçmeiis d’une planète primitive, dont les orbites auraient un commun point ou noeud, l'origine. de leur mouvement, è laquelle elles devront revenir è chaque révolution, quoique à ditrerentcs époques. Mais il ne faut pas oublier, que l’attraction des autres planètes, principalement celle de Jupiter, y peut produire de grands changeroens. I*a dernière circonstance a été confirmée par les observations, au moins en partie; car les noeuds de Pallas et de Junon coïncident è trèspeu près. La première circonstance sera peut-être confirmée dans la suite, è moins que les autres fragmens ne soient trop petits, pour être aperçus.

§. 1^9. Ces quatre planètes n'ont fait que quatre révolutions, depuis qu’elles sont connues, et Uranus n'a pas encore parcouru la moitié de son orbite. Il est donc visible, que leurs éiémens ne peuvent pas être connus avec la même précision, que ceux des planètes qui ont été observées depuis deux n.ille ans: car l’élément le plus important, qui est la base ‘de tous les autres, le mouvement iqojen, la durée d'une révolution, ou le grand axe, n’esi exactement connu qu'après un grand nombre de révolutions. C'élait donc une idée Irès-lieiirnise de M. Dode, qu’Urenus qui ressemble assés à une étoile de la sixième grandeur, pourrait se trouver dans les catalogues d'étoiles. En edét, il ne trouva plus une étoile, insérée dans les catalogues en ditlérenles places que, d’après le calcul, Uranus avait occupées aux époques de la (onfection des catalogues. Os lieux dans les catalogues peuvent donc remplacer une observation qui auiail été faite è cette époque, et l'on sVn est servi pour corriger l's éiémens d'Uranus. Mais avec ce secours même, les olrservations ne renfermcnl qu'une seule lévolulion; el la piëcisiun avic laquelle nous connaissons les éiémens, est due au perfectionnement des n étliodcs, et surtout aux recherches pénibles de M. Delambre relativement à Uranus, et de M. Gauss à l’égard des quatre nouvelles planètes. Mais il y a encore une autre circonstance, qui influe singulièrement sur ces quatre planètes. I.a proximité de la plus giande de toutes les planètes, Jupiter, leurs grandes cxcentiieilés, lu manière dont leurs çrbiles sont enlacées l’une dans l'aulre, suumciltnt leur mouvement è des perlurbalious cousidéiables.

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