‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 18 sur 291 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

‘ Mouvement apparent des étoiles fixes.

§. î'j. I^e lieu des étoiles est déteiininé relativement à l’équaleur et I . à l’écliptique, deux plans qui ne sont pas tout-ù-fait immobiles. Si donc la

longitude, latitude, ascension droite ou déclinaison éprouve des changemens, il faut dire que les étoiles changent de position, ou qu'elles ont un mouvement relativement à ces deux plans; mais il n’en suit pas un mouvement réel des étoiles. Tels sont- peut être tous les mouvemens qu’on observe dans les étoiles; et il n’est pas dilTîcile, de trouver un caractère qui servira il reconnaître, si un mouvement est apparent ou réel. Si le mouvement est commun à toutes les étoiles, s’il ne dépend pas de leur grandeur, mais de leur situation relativement à l’éqUuteur ou à l'écliptique, c’est évidemment un mouvement de ces plans, et non des étoiles; mais si l'on aperçoit un ' mouvement parliculiec dans quelques étoiles, dont d’autres, ayant à peu près

la même position, sont exemples, on ne peut pas douter, que cela ne soit un mouvement réel ou plut^ propre des étoiles. Dans le premier cas, il sera aisé de décider, si l'équatrtir ou l’écliptique est en mouvement. Celui de ces deux plans, à J'égard duquel les étoiles ne changent pas de position, est évidemment en repos; et il est facile de voir, que cela ne s’étend pus à la. longitude et l’ascension droite, mais seulement à la latitude et déclinaison, parccquc les premières se comptent d’un point qui peut être déplacé par le mouvement d’un seul dé ces plans. Si par ex. la latitude des étoiles, ou leur distance au pôle de l’écliptique est invariable, ce pôle est en repos, et par conséquent aussi le plan dont il est le pôle. Chaque déplacement À'uu plan suppose un mouvement de son a^e ou de ses pôles, et tous les

^iSrangomens apparens de» cloiles peuvent cire réduits î/\in inouvcmenf de* pôles de réqiialeur ou de récliplique. Si par c.\. réquateor ou l’a.vc du inoiule esi en mouvement, la latitude des étoiles ne change point, mais leur déclinaison et ascension droite, et même leur longitude cliangcra , pareeque les points d’intersection des deux plans, dont elle est comptée, avancent ou reculent , à moins que le mouvement entier des pôles ne sc fasse dans le plan du coluro des solstices. Il en résulte les caractères suivans. Si l’ascension droite et la déclinaison changent seules, l'écliptique est en repos, et les pôles de l'équateur se meuvent dans le plan du colure des solstices. Si la longitude change aussi, la latitude étant invaiiable, les pôles du monde ont un mouvement autour des pôles de l’écliptique. Si la lalîludo cliange, les pôles de l'écliptique sont en mouvement.

5- ad. Ou connait. jusqu'à présent quatre mouvemens O^parens des étoiles C.xc».

I. La r^trograilatlon des points équinoxiaux (pr^ession des équinoxes), ou le mouvement des étoiles en longitude, sans changement de latitude: c'est donc un mouvement des pôles de l'équaleur auiour. de ceux de l'écliptique.

a. La diminution de Pobliquité de l'écL'ptique, ou le mouvement des étoiles en latitude, sans que la déclinaison soit cliangée: ce qui indique une rotation des pôles de l'éclipllque autour de ceux de l'équateur.

3. La nutation, étant un mouvement des étoiles périodique dans l’espace de i8 à 19 ans, sans que la latitude change: c'est donc le résultat d’un mouvement périodique, ou d'une osscillation de Taxe de la Icéi'cf

4- liaberration, ou la variation annuelle de la position des étoiles relaiirement à l'écliptique, qui résulte du mouvement de la tcrreauluur du soleil: eflêt purement optique.

11 a déjà été fait mention de tou* ces mouvemens apparenr. il faut maintenant exposer les changemens de longitude, latitude, ascension droite, et déclinaison, qui en résultent. Leur mécanisme sera o.vpllqué dans l’astronomie ph^'* ■i<luej mais nous aurons besoiu ici d'une hypothèse, pour faciliter le calcul de cet mouvemens. Que fhypothèse soit juste ou non, cela n'importe pas; pourvu que lee^lcuis, conforines à celle hypothèse, satisfassent aux observation*.

ASTRONOMIE RATIONNELLE

Qiiuml il élail prouvé ^ar dos observa lions, éloignées l'une de l'au> Ire (le 2000 ans, (|ue les longiiudes et latiliules de toutes les étoiles avaient changé sensibleiuent , la quantité nio}ciine de ce muuvcnieiil était d'autant plus iaeitc à délciininor, (jue d'autres observations, faites dans eet intervalle, indiijuaient son wiijtmtilè. L'iidervallc de 9000 uns est si grand, rjuc les mouvemrus pènoditjues (tels que la nutation), qui peuvent avoir eu lieu pendant ce teins, n'} ont aucune influence. l'uur répandre plus de jour sur cet objet, il était naturel, de déconiposei le mouvement des étoiles en deux autres suivant la longitude et lu latitude, et d'examiner séparément chacun de CCS muuvcmcns, quoiqu'un ignorât que c’élaient réellement deux etTèls dill'érens. En calculant, à l'aide do ces deux mouvcniens muvcns, le lieu apparent des étoiles, pour un intervalle de quelques ans, ou trouva entre le calcul ef l'observation , une diU'érence qui parvenait à son maximum tous les neuf ans, et qui s'évanouissait au bout de 18 ans. 11 en résultait, ((u'il n'était pas nécessaire, de changer le mouvement moyen qu'on avait adopté conformément aux observations fort éloignées, mais qu’il suflisait de supposer, outre ce mouvement progressif, encore un mouvement périodique de i8 ans. C’est ainsi qu'on parvint à lu découverte des trois premiers muuvemcus: celle du quatrième a été exposée en détail (§. 12. su/r’.).

79. Le mouvement le plus considérable des étoiles, qui par cette raison n'était pas inconnu aux anciens astronomes, est la rétrogradation des points équinoxiaux. Hipparque (128 ans avant fëre vulgaire), ayant comparé ses olTservations aveq celles de Tiniocharis, plus anciennes de 160 lins, aperçut que la longitude des étoiles avait augmenté, dans cet intervalle, de deux degrés à peu près, l’toléuiéc , en comparant ses observations avec celles d'Hipparque , trouva que, dans cet intervalle do a65 ans, la longitude avait augmenté de 2*40', ce qui donne 'un degré par siècle (’). Ptoléméc Ctdéjà la remarque, qo’il y a deux moyens do décider, si ce dérangement des étoiles dépend d'un mouvement de l'éqnatcur ou de l’écliptique) en examinant, 1) si l'ascension droite ou la longitude de toutes les étoiles augmente de la même quantité, 2) si la déclinaison ou la latitude est invariable. La première

(1) xiliMg, lÀi. yil. Cap. X.

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