‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 44 sur 291 · L I V R E II, C H A P. IV · texte numérisé non relu

L I V R E II, C H A P. IV

wenl: d’autres, entièrement semblables aux prcuùèrrs, sont plus petites de la uioilië, et exigeiit des grossisscmeiis plus torts, pour taire l'ccunnailve des étoiles; il y en a d’autres beaucoup plus petites, cù l'on ne^dislingue des Sloiles qu’avec la plus grande peine, mais dont la lumière est cncôre un peu colorée. Mr. llerscliel est persuadé, que les nébuleuses de la première classe sont au moins 600 t'ois plus éloignées que les étoiles les plus proches; que celles des deux classes suivantes sont deux et quatre fois plus éloignées que les premières; et qu’en général elles, ne sont pas moins grandes que notre voye lactée. Les nébuleuses qui ne sont pas comprises dans ces trois classes , diminuent successivement de grandeur, la couleur de leur lumière se perd, les étoiles qui les composent, disparaissent, et aux plus petites il ne reste qu'une blaiiclieur de lait. Mr. llerscliel pense que la distance de ces dernières est dooo fois plus grande quo celle d’une ëtoila

de la première grandeur; d’où il suit, que la lumière que nous voyons an-

)ourdh’ui, est partie de ces nébuleuses il y a vingt ou trente mille ans.

$. 5y. Le même astronome a encore découvert d'autres nébuleuses, qui ressemblent plutôt à un corps planétaire, qu’à la lumière d’une multitude , d’étoiles; il a observé aussi un anneau nébuleux, a^ant au centre une tache' noire et circulaire. Un objet non moins remarquable est ce que Mr. Herschel appelle étoilei nébuleuses propremenl dites: elles sont formées par une seule étoile placée dans .le centre d'une blancheur presque circulaire de i' à 3' de diamètre. Il est diliieile d'expliquer ce phénomène par la lumière d’une iiiiiiiilé d'étoiles , parcequ'alors l'étoile centrale devrait être d'une grandeur dont on ne peut pas se faire une idée; ou il faudrait supposer, ce qui est très-improbable, que dans tous ces phénomènes le hazard eût placé une étoile préeiséinent dans la direction du centre de la nél4ftiisc. .Mr. llerscliel, ayant aperçu des blancheurs semblables, dispersées par-ci par-là, sans étoile centrale, pense que ces nébuleuses sont des parties d’une matière lumineuse éparse dans l'immeiisitc du ciel, qui s’accumule par des attractions mutuelles, ou autour d’une étoile voisiné. 11 serait possible, que celte matière fût la lumière, qui est lancée continuellement par une inSnilé de soleils, et qui, par la réflexion, réfraction, ou par d’autres opérations de la nature que nous

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ne connaissons pas, est rassemblc^e pour ôlre employée autrement, peut-être pour former de nouveaux soleils, après avoir été condensée (’).

11 faut^onvenir, tjiie la forme sphérique, et l'accroissement de la densité ou de l'éclat vers le centre, parait indiquer l'action de forces centrales; et Mr. Herscliel a très-bien développé celte idée (®). Il y joint l’hypothèse, que les étoiles, dans leur étal primitif, ont été dispersées irrégulièrement, et que rallraciion les a forcées de former successivement des groupes sphériques. Quelques objections qu’on puisse faire contre cette hypothèse, eH« méiile notre attention par l'heureuse application qu’en fait cet astronome.

Cette orig'ine et formation successive des différens systèmes et de régularité dans l'univers, nous fournirait le moyen, de juger de l’age plus ou moins avancé des dili'érens groupes , par leur forme plus ou moins sphérique. Ils nous présenteraient, pour ainsi dire, des végétaux dans toutes les stations do leur vie, des plantes qui commencent à s’épanouir, des arbres en fleurs, des fruits mûrs, et des fleurs fanées.' Nous nous trouverions dans un jardin, où. l'art aurait réuni tous les climats et toutes les saisons, pour nous présenter à la fois les plantes dans chaque état de leur végétation, ensorte que les observations d'un seul âge renfermeraient l’expérience de milliers d’années (î).

Ç. Go. Les éloiles changeantes sont un des phénomènes les plus remarquables, que le ciel nous présente. Plusieurs éloiles qui brillaient jadis dans le ciel, ont disparu; d’autres ont apparu, qu'on n'avait jamais aperçues; il y eu a quelques-unes qui disparaissent de teros en teins, ou dont l'éclat éprouve des changemeiis très-sensibles. Il est donc possible, que celles qui ent disparu entièrement, existent encore, qnoiqu’invislbtes, dans le même endroit, et qu'il y a peut-être dans te ciel, autant d'étoiles fixes opaques que de soleili. L^iPlus remarquable parmi les étoiles cbangeanles est celle

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qui , en 1S71 , se fit voir subitement dans la constellation de Casslopëe , avec un éclat qui surpassa beaucoup celui de Sirius; cet éclat diminua successivement, elle disparut entièrement dans l'année >574, et depuis celte époque on ne l’a jamais vue. Pendant tout ce teins elle n’avait ni' mouvement propre ni parallaxe; sa distance i/était donc pas moindre que celle des étoiles fi.xes.

Ün a observe depuis longtems un grand nombre d'étoiles, dont la lumière éprouve des cliangcméns périodiquês; il y en à même, qui disparaissent tout-à-l'ait pendant cette période qui est souvent de moins d'une année. Il y a dans la Baleine une étoile qui, dans la période de 333 à 334 jours, éprouve des changemens si considérables, qu’après avoir été de la seconde grandeur, elle devient si petite, qu’on ne la voit qW^vec de bons téléscopes. La courte durée de quelques périodes n'esl pas moins remarquable: l'étoile Algol a une période de deux Jours, 7 Céphée de 5 1 jours, p Lj re de 6 1 jours. Comme ces changemens suivent des périodes régulières, il est évident qu’il I ne peut pas être ljuestion d’une déstruction réelle. Ün èhangement de la distance des étoiles ne sulfit pas non plus pour expliquer ce phénomène, pareeque les variations se l'ont trop vite, et que les étoiles, n'ayant point de mouvement propre, devraient avancer et rétrograder sur une ligne droite passant par la terre. Il est probable, que les changemens de diirérentes étoiles sont produits par dilTéientes causes. Si ces étoiles tournent sur un a.\c, comme le soleil, et que leur' surface n'est pas également brillante dans toute son étendue, ou si' leur surface, comme celle du soleil, est couverte de taches, qui peuvent s'étendre tellement qu'elles rendent l’étoile invisible; ces phénomènes s'expliquent en général, et c’est ainsi que Newton les expliqua U'uprès celte explication, il est possible que notre soleil même est une étoile changeante, à cause des taches qui couvrent sa surface de teins en tems. On peut aussi expliquer ces phénomènes, en supposant que les étoiles font des révolutions autour d’un grand corps opaque qui les éclipse parfois.

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