LIVRE Illi C H A P. II
Ptolémée, il toiil-à-liiit indilTéieiit, si l'on place cta iteux plaiiôte.Y drçu ou delà le soleil , parcequ'elics sont ellcctivcmcnt tantôt d'un côte tantôt de l’autre. C'est sans doute une des plus tories ubjections contre ce système, qui aurait nécessairement convaincu les anciens astronomes, que le soleil était, au moins le centre des deux orbites intérieures, si l’on avait alors eu les 'moyens de connaître les distances des planètes, que nous avons aujourd'hui.
Si l’on suppose i5.) qu'une planète décrit le cercle l’ p q
dans l’intervalle entre deu.x conjonctions avec le soleil, tandis que le centre C de cet épicycle parcourt le cercle entier AC H A autour de la terre T, dans le tems que la planète emploie à faire une révolution dans l’écliptique; tous tes phénomènes précédées seront expliqués en général. En P la planète ^cst en conjonction avec le soleil, et dans sa plus grande distance îi la terre; de P en p elle est directe. En p sa route coïncide avec la tangente p T, et la planète seiait stationnaire, si l'épicycle était immobile; mais comme il avance suivant l'ordre des signes, la planète sera encore directe, jusqu'au point où son mouvement rétrograde dans l’épicycle, pT-ir, est égal au mosvement direct de l'épicycle, CTc. Dans l’opposition ou la conjonction intérieurc i), la planète est le plus près de la terre, et son mouvement rétrograde est le plus vile, pareeque les deux mouvemens QTk et CTc sont .stiamétralement opposés: en *.q elle redevient stationnaire, et ensuite directe, confurmément anx observations ^§.6^.68.). Ce système sera développé cl-aprëv.
§. q'A. La liaison intime qui existe entre les deux planètes inférieures et le soleil, dont elles ne se séparent jamais, est une preuve frappante, qu’elles sont des satellites du soleil et non pas de la terre : la dernière hypothèse serait aussi absurde, que de supposer que la terre, au lieu de Jupiter, fût le centre des orbites des quatre satellites de cette planète. Plusieurs anciens philosophes étaient convaincus de celte vérité qui est connue sous le nom du sys/éme dcs'T'gjpUens, pareeque les Grecs l’avaient appris en Egypte. Suivant ce système, la lune, le soleil. Mars, Jupiter, et Saturne, tournent autour de la terre, au lieu que Mercure et Vénus se meuvent immédiatement autour du soleil,' et médiatement avec lui autour de la terre, ainsi que suivant le système de Tychun. Elles décriveal l’épicycle Vp(^q autour du soleil C, pendant que
loa ASTRONOMIE R. A T I O N N E L I, E
le soleil parcourt le cercle A CB autour de la teire, en cnttainant l'épicyrle. Ce système se distingue de relui de Ptoléniëe, par ce que le centre C de l'cpicjcle des planètes inférieures est le soleil même qui, suivant Ptolémée, est également toujours dans la ligne TC, vu que la planète, étant en conjonction avec le soleil, se trouve en P ou en Q. Toute la différence se réduit donc à la grandeur de la ligne TC, par rapport au diamètre de l'orbite solaire: et l’on verra ci -après que, même suivant Ptolémée, le point C est effectivement le lieu du soleil; ce dont il ne se douta pas, parcequc le rapport entre les distances planétaires était alors inconnu.
§. 7.1. Tyclio de Brahé, l’un des plus grands astronomes, mais peutêtre plus astronome que philosophe, fut frappé de la beauté du système de Copernic, qui était déjà adopté par un grand nombre d’astronomes. Mais, soit qu'il n'eût pas ossés de force pour se délivrer des préjugés que féducaiion lui avait donnés, soit qu’il fût entraîné par le désir de rendre son nom. immortel par un nouveau système du monde, lequel pouvait compter sur l’approbation des théologiens qui, à cette époque, avaient encore une voix décisive dans les sciences; Tycho ne put se résoudre à adopter le mouvement de la terre. Les objections qu'il 6t contre ce mouvement, ne convainquirent que peu de personnes même dans son tems; aujourd'hui il serait inutile de les réfuter, ce qui a été lait en partie dans le premier Livre de ce Tome. ' La distance immense des étoiles fixes, qu’il faut supposer pour expliquer la petitesse de leur parallaxe annuelle; l'imppobabilité, qu’une masse aussi lourde que la terre ait un mouvement aussi rapide; quelques passages de la sainte écriture, qui semblent supposer le mouvement du soleil, et non de la terre: voilà les principales raisons qui portèrent Tycho, à supposer que la terre était immobile au centre des orbites lunaire et solaire, et que le soleil était le centre de toutes les orbites planétaires, avec cette différence, que les orbites des planètes inférieures seraient plus petites, et celles des planètes supérieures plus grandes, que l’orbite solaire, pour que les dernières fussent ni opposition , quand les premières étaient en conjonction. Comme nous avon.s prouvé (I. $. loi. 102.), que le mouvement apparent du soleil est le même, suit qu’il tourne autour de la terre, soit que celle-ci tourne autour du