‹ Traité d'astronomie théorique (volume 2)Chapitre 52 sur 291 · LIVRE III, C II A P. II. ,o.î · texte numérisé non relu

LIVRE III, C II A P. II. ,o.î

soleil, il esl clair que, sans rien chanp;er aux pliénom<?nes, on peut ,snbs!il'ier à l'orbile solaire du système de Tyclio, un mouvement de la terre autour du soleil; et' alors ce système ne diffère en rien de celui de Copernic. Tous, les mouvemens et toutes les irrégularités des planètes seront donc c.xplic|ués, dans les deux systèmes, de la meme inanière qui sera développée, quand il sera parlé du système de Copernic: la seule circonstance qui distingue le système de Tycho, savoir l'immobilité de la terre, est une erreur, réfutée par les preuves du mouvement de la terre, développées dans le premier Livre.

J. 74- Ce qui précède, renl'orme les preuves du syxlcme de Copernic. Suivant Ptolémée, les planètes ne tournent pas ell'ectivemcnt autour de la terre, mais elles décrivent un épicycle qui ne comprend point la terre, ensiule qu'elles n’ont que niédiatement un. mouvement autour de la terre, ù la suite du centre de leur épicycle. Ce que c’est proprement que ce eenire, un point géométrique, ou le siège d’une force mouvante, un corps; c'élait cirtièreinenl indëlerminé ou un secret, dans le système do Ptolémée. Comme, sui- 'vant les principes de la physique et de la dynamique, il est impossible qu’un mobile décrive un cercle autour d’un point, dans lequel il ne réside point de force, point de corps; il n’admettait aucun doute, que ce corps devait être le soleil. La seconde inégalité des planètes, ou leur mouvement dans fépicy- •le, ne dépend point de leurs orbites autour de la terre, mais de leurs situations relativement au soleil (§. <>9.): c’est pourquoi Ptolémée était forcé de supposer, que le soleil se trouvait toujours sur la même li.qiie droite avec la terre et le centre de l’épiryclc, ou de chaque orbite planétaire (§. 71.'. Cela suffisait pour prouver d'une manière très-plausible, qu'elfectivement le soleil était le commun cciilro de tous les épiqycles; mais pour le prouver d’une manière sure, il fallait que les observations eussent donné le rapport du rayon TC {Fig. i5.) au demi-diamètre, de l’orbite -solaire, en faisant voir que l'un est égal à l’autre, ainsi qu’on le verra ci-après. On était prcsi[ue forcé par ces réllcxions, de penser que le sotcil était le enmmnn centre des orbites planétaires: d'oi'i il icsiilla le système de.s Egyplisnis, lequel, étant étendu aux planètes supérieures, donna celui do Tyclio. Il ue manqua plus qu un pas pour approciier do la vérité, c’est la connaissam o du mouvement

io4 ASTRONOMIE RATIONNELLE (le la teure, dont les preuves physiques furent trouvées beaucoup plus lard, niais qui a une piobabi1i:é interne si grande, qu'il s'en trouve des traces dans les tems les plus anciens. Le détail avec lequel Plolémée tâche de réfuter le mouvement diurne de la terre (’), sulfit pour prouver, que cette opinion était non-seulement connue, mais très-répandue parmi les anciens. La vraie orbite des planètes est dans chaque système, qui n'attribue pas à la terre un mouvement annuel, une éptcycloide très-compliquée, qui ne présente aucune régularité, aucune économie de l'espace,, aucune loi physique ($. 70.); mais dès qu'on suppose un mouvement annuel de la terre autour du soleil, l'ordre le plus parfait se développe, les phénomènes en découlent de la manière la plus simple, et ce mouvement devient la source des plus belles loix de la nature, découvertes par Kepler et Newton. Cela ne pouvait échapper à U sagacité des anciens philosophes, et l'on sait que nommément Nicélasf*), Philolaua, et Arislarque de Samos, avaient adopté ce système au moins en partie. Il est même probable, qu'il a été le système général de l'antiquité, et peut-être le reste d'une astronomie plus ancienne, dont les preuves étaient ' perdues, tandis que les théorèmes s'étaient conservés jusiprè l'école d'Alexandrie, où Hipparque entreprit une réforme entière de l'astronomie. Ce grand astronome soumit tous les théorèmes è un examen rigoureux, et rejeta tout ce qui n'était pas prouvé par observation, et par conséquent aussi le mouvement de la terre, dont les preuves étaient perdues, ou pas encore trouvées. Copernic, au commencement du seizième siècle, trouva donc presque en entier, dans les écrits des anciens, le système auquel il a donné le nom^ mais il eut le grand mérite, de réduire en système ces idées isolées, de les rétirer des dépôts où elles avaient <ité cachées si longtems, et d'y répandre un nouveau jour; il eut la perspicacité, de voir d'un coup l'ordre beau et simple,

(l) Ahn-'e. Tih. /. Ccf>. 7.

(1') J* Sjfaeiue, qui vtrui environ 400 ani avant J. C. rat celui dea Pytlia^orêena, quia

ena<*i^ité de la lUétttière la plus claire et précise, le aystr-me de Copernic, du moins i l'égard «lu niüuvtnic-ut diurne. CitVeon aVuprimc i cet effél, en de» terme» qui n'admeltcni aucun doute Quatst. jy. 39- ed> Krvêttx): ,.Nicrtaa Syracusius, iil ait Theopbraaiu». coelum,

.. «olt'Sk. iiin.ini, »lelU». »uper% denique omnia« a/«rr ccnael : ocyuc pratfr Itnantyretn uV.am in misn.i'fT worcr’.* qu^e cuoi cirtum oscm té aomma celcritale et lorqueal, cadrit»

.. <"iRcî quaaî Maate terra coclura movcvctDr.^'

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