‹ Traité d'économie forestièreChapitre 24 sur 46 · æ æ — 144 arbres · texte numérisé non relu

æ æ — 144 arbres

On voit que la détermination du nombre de tiges sur l’hectare de 150 ans équivaut à l'évaluation de la production, car

180 >< 3,800 — 684 mètres cubes.

4 120 hectares de forêt traitée en Jardinage composé avec rotation de 10 ans. — Possibilité : 12 hectares de

ES

coupe annuelle avec 396 tiges à couper çà et là et en jardinant, savoir : 144 arbres de sciage, 48 doubles pannes, 84 pannes simples, 120 chevrons.

Une possibilité ainsi composée ne peut s'établir que d’une manière approximative et par analogie avec les produits qu’on pourrait retirer d’une exploitation en futaie pleine régulièrement disposée. Supposons, pour donner idée du mode de calcul, que les sapins de sciage aient 150 ans, les doubles pannes 120 ans, les pannes 90 ans et les chevrons 60 ans. Si on considère une forêt de 150 hectares en peuplements pleins régulièrement aménagés, on pourra déterminer avec assez d’exactitude le nombre de tiges sur l’hectare exploitable, ainsi que le nombre des tiges à recueillir par suite du déchet naturel à 120, à 90 et à 60 ans. On a calculé, par exemple, que dans cette forêt de 150 hectares, on peut réaliser chaque année 810 tiges, savoir :

A 150 ans 180 tiges, soit 1,2 par hectare.

AS ONE ADI: 5270 ide af es

Mr60e2= 200 1 TO, se 810 5,2

Pour une forêt de 120 hectares, la réalisation proportionnelle fournirait les résultats suivants :

120 hectares >< 1,2 — 144 arbres.

120 — ><0,8 — 96 doubles pannes.

120 — ><1,4— 168 pannes simples.

120 — >x<2 — 240 chevrons.

Les 120 hectares jardinés sont évidemment capables de contenir le même nombre de tiges que la futaie pleine formée de peuplements d’un seul âge méthodiquement disposés sur des contenances égales. Mais rien n'indique qu’ils les contiennent à l’état disponible, car elles sont confusément mélangées, de telle sorte que chaque hectare peut présenter les âges les plus divers. Cet état spécial des forêts jardinées impose une grande modération dans la jouissance, parce que :

1° Il y a des tiges tour à tour dominées et dominantes, et avec des recouvrements de l’une par l’autre, dans une proportion qu'il est impossible de déterminer (fig. 6) ;

2 Il est certain que toutes les tiges de la forêt de peuplement peuvent tenir dans la même contenance de forêt jardinée, mais nul ne sait si la nature produit dans celle-ci les tiges de tous âges dans la même proportion que celle résultant de la conception théorique d’un hectare affecté à chaque âge caractéristique de la futaie pleine.

Il faut donc tenir compte de cette double inconnue en réduisant les résultats du calcul précédent dans une proportion que nul ne connait encore et que nous avons évaluée à moitié dans l'exemple précédent.

144 arbres de sciage. 48 doubles pannes.

84 pannes simples.

120 chevrons.

Cette infériorité du jardinage est plus apparente que réelle : le propriétaire peut toujours réaliser les tiges intermédiaires dont la surabondance viendrait à se manifester, c'est une appréciation culturale qui se rencontre également dans les éclaircies des futaies pleines. L’infériorité ne porte ainsi que sur les produits intermédiaires, et le jardinage présente assez d’avantages par la facilité de sa régénération et par sa résistance aux intempéries des régions montagneuses pour qu'on lui passe ce léger défaut. Celui-ci ne consiste d’ailleurs qu’à observer le sage principe : {a modération est la règle du jardinage.

5° Une forêt de 120 hectares est traitée en futaie étagée à la rotation de 30 ans. — Possibilité : 4 hectares à couper à tire-aire en laissant 390 arbres par hectare (3 gros, 69 moyens, 198 petits et 120 brins).

Cette possibilité qui est réglée par un calcul de différence, indiqué n° 77, ne peut guère s'exprimer que par les catégories habituelles de grosseur.

C’est au propriétaire à observer les règles culturales qui ont pour but de graduer les âges en laissant à la coupe la faculté de se régénérer par semence et au massif étagé celle de se reformer en état convenable en laissant tout ce qui est en bon état de végétation et en ne coupant que les tiges incapables de prospérer jusqu’à la coupe suivante.

C) Forêts mixtes d’arbres et de peuplements : 1° 120 hectares sont traités en Zaillis sous futlaie

simple à l’âge de 30 ans. — Possibilité: 4 hectares de coupe à tire-aire avec réserve de 150 baliveaux par hectare, en brins de semence ou, à défaut, en bons sujets de taillis et choisis principalement en chênes.

2° Une forêt de 120 hectares est éraitée en taillis sous futaie composée à l’âge de 30 ans. — Possibilité : 4 hectares de coupe à tire-aire avec réserve de 110 arbres par hectare (60 baliveaux, 40 modernes et 10 anciens) choisis principalement en chênes et en hêtres.

3° Une pineraie de 120 hectares est exploitée à 50 ans avec arbres de réserve destinés à être coupés à l’âge de 100 ans. — Possibilité : coupe de 2 hectares 40 ares à tire-aire avec réserve de 40 pins par hectare choisis parmi les arbres les mieux venants.

N° 108. — On voit que l'expression pratique du revenu ne peut s’opérer que par un petit nombre de types, de sorte que les modes de possibilité sont, ainsi, assez limités.

Une bonne possibilité doit, en effet, satisfaire à plusieurs conditions :

1° Elle doit être simple, facile à appliquer et se prêter ainsi à une administration commode du domaine ;

2° Elle doit réaliser exactement le revenu et fournir la production annuelle de toute la forêt avec approximation que comporte la nature des choses;

3° Elle doit, par l’effet de son seul mécanisme, constituer l’exploitation aménagée sans que le propriétaire ait pour ainsi dire à s’en inquiéter ; pour produire ce résultat, la possibilité doit être naturellement en harmonie avec les éléments constitutifs de l’exploitation.

Ces trois conditions essentielles sont entièrement réalisées par les deux plus anciens modes de possibilité : la contenance et le nombre de pieds d'arbres.

1° Examinez une exploitation de taillis ordinaire qu'on veut

régler à 30 ans. La possibilité est le 1/30 de la contenance. Par le seul fait de la coupe, ayant chaque année le 1/30 de la contenance, l'exploitation se constituera par 30 éléments âgés de 1 à 30 ans et le revenu sera exactement formé de toute la production annuelle comme le montre la figure 25 : la possibilité forme et constitue l'aménagement par son seul mécanisme ;

2° Dans une futaie sur taillis dont le plan de balivage est de 60 baliveaux, 40 modernes et 10 anciens, la possibilité est, comme nous l’avons vu n° 77, de 20 modernes, 30 anciens et 10 bis-anciens par hectare de coupe. Si on pratique régulièrement cette possibilité et si on laisse, par conséquent, sur chaque hectare de coupe le plan de balivage adopté, on recueillera exactement toute la production annuelle des arbres de la forêt et de plus celle-ci se constituera en exploitation aménagée, c'est-à-dire capable de fournir régulièrement dans l’avenir le même revenu annuel ;

3° Il en est de même dans une forêt jardinée : supposons qu'on ait évalué la production moyenne par hectare à 4"c,1/2 par an et qu’on désire régler l'exploitation en arbres de 0,60 de diamètre, fournissant 3"°,800, le revenu par hectare étant égal à la production moyenne (n° 102), la possibilité sera :

4nce 500 2418 3,800

La possibilité d’une forêt de 100 hectares serait de 120 arbres à prendre, par exemple, sur la coupe de 10 hectares de cette forêt, divisée en 10 coupons de 10 hectares. Par le seul fait de la coupe de ces 120 arbres chaque année, il arrivera ceci : si le coupon en {our de coupe est pauvre en bois de tous âges, c’est-à-dire, si le matériel aménagé présente des insuffisances dans sa constitution, les 120 arbres étant de petite dimension n’enlèveront pas les 450% qui forment la production, le coupon s’enrichira de l’économie faite. Si, au contraire, le coupon est riche en matériel, les 120 arbres étant de dimensions plus fortes enlèveront plus que la production et le matériel se réduira en conséquence. Il en résulte que la forêt tendra à se modeler sur le matériel qui correspond à un état régulièrement jardiné et constitué en vue de la dimension adoptée.

La possibilité constituera l'exploitation par son seul mécanisme et la production annuelle sera perçue dans la limite compatible avec la nature de l'exploitation.

Ces trois conditions fondamentales de toute possibilité sont bien moins assurées dans l’expression du revenu par le volume.

Cette possibilité, introduite dans la gestion des forêts par le désir légitime d’obtenir une plus grande exactitude, exige une administration intelligente et soigneuse, des revisions périodiques, des cubages exactement faits et une appréciation du volume futur que notre ignorance des lois de la végétation rend incertaine. Si les affectations sont exactement régénérées dans l’ordre établi, la possibilité constituera l'aménagement, mais ce résultat sera dû bien plutôt à la marche suivie dans l’ordre des affectations qu’au jeu de la possibilité par volume. Ces affectations elles-mêmes formées par une appréciation plus ou moins arbitraire peuvent être composées de telle sorte qu’on ne sera jamais certain si le volume de la coupe représente exactement la production annuelle. Nous reconnaissons que dans les grandes forêts exploitées en futaies pleines la méthode de possibilité par volume est encore la plus simplifiée, et qu’il n’était pas possible de faire mieux à raison des exigences culturales de la régénération : ce n’est pas une raison pour dissimuler les imperfections de cette possibilité,car pour certaines forêts, elle ne paraît pas avoir assuré la constance et l’égalité du revenu plus que tout autre mode.

N° 109. — Le mot possibilité est très ancien ; on le trouve dans l’ordonnance de 1669 et même dans des actes antérieurs. Les articles 65 et 119 du Code forestier en ont fait un terme légal et la règle de jouissance des usagers dans les forêts : la délivrance qui leur est due peut toujours être ramenée à la possibilité de la forêt et ne peut la dépasser, car il lui est interdit de la dégrader : le maximum de son droit est ainsi le revenu ou son expression pratique, la possibilité.

Il est digne de remarque que dans tous les actes réglementaires anciens, que le Code forestier n’a fait que reproduire, la possibilité se trouve toujours précisée par l’état de la forêt : « L’exercice des droits d’usage pourra «toujours être réduit suivant l’état et la possibilité des « foréts » (C. f. 65).

Ces deux mots signifient que selon la nature de l’exploitation, l’expression pratique du revenu sera conforme à son traitement et que la possibilité sera par contenance, par exemple, dans les taillis ordinaires et par pieds d'arbres dans les futaies sur taillis.

L’étymologie du mot possibilité est également digne de remarque : elle indique la capacité de la forêt, le « revenu dont celle-ci est susceptible sans être ni dégradée, ni améliorée, de telle facon qu’elle reste dans le même état et que la végétation répare ce que la jouissance lui enlève. »

Dominés par cette origine, certains auteurs ont défini la possibilité : 724 quantité de matière qu'on peut retirer annuellement d'une forêt sous la condition de la maintenir dans le même état. Cette définition, qui a le tort de prendre l'effet pour la cause, n’est exacte que dans le seul cas où l'expression du revenu a pour but de maintenir la forêt dans le même état et d’en recueillir l’usufruit économique.

L'économie forestière envisage les choses pluslargement et considère la possibilité comme la simple expression pratique du revenu, étant entendu que le revenu demandé à une forêt peut avoir pour but soit de la maintenir dans le même état, soit de l’améliorer, soit enfin,d’en diminuer la valeur.

Lorsqu'on veut rendre une exploitation plus intensive, et que, par exemple, on veut passer d’une exploitation aménagée à 30 ans à une autre réglée à 90 ans, sur le même terrain, il faudra bien faire des économies sur la

production moyenne pour constituer le matériel de 1 à 90 qui est la base de l’exploitation. Dans cet exemple, analysé n° 95, la possibilité de trois hectares se réduit à un hectare et la production fixée à 150 mètres cubes au début s'améliore progressivement jusqu’à atteindre 450 mètres cubes à 90 ans, moment à partir duquel elle se maintiendra constante et fixée à 450 mètres cubes.

Inversement, si on veut adopter un âge plus faible, par exemple passer d’un taillis aménagé à 30 ans à une exploitation aménagée à 25 ans, le revenu sera plus considérable que la production et la possibilité sera temporairement accrue, c’est-à-dire que pendant 25 ans, la forêt coupée par 25° de la contenance, fournira un revenu plus élevé que dans l'avenir.

Cet état de variation en plus ou en moins dans le revenu de la forêt, selon qu’on voudra rendre l'exploitation plus extensive ou plus intensive, ne sera toutefois que temporaire et Subsistera pendant la durée de lâge adopté pour l’exploitation. Après cette durée, la possibilité reprendra le caractère indiqué par létymologie et deviendra l’expression du revenu constant dont la forêt est capable.

On a cru devoir différencier, par les mots, ces diverses phases de l’expression pratique du revenu : A la possibilité temporaire recueillie pendant la durée de la constitution de l'aménagement, on a opposé la possibilité définitive qui sera recueillie après cette constitution. D’autres ont proposé les mots {axe ou laxation de l'aménagement pour exprimer cet état temporaire et ont réservé le terme de possibilité pour le cas où il faut déterminer le revenu sans changer la valeur de la forêt.

Nous pensons qu’on peut se dispenser de ce mot nouveau, puisqu'il s’agit d’un simple but assigné au revenu et non d’une modification dans l’idée même. La possibilité n’est que l’expression pratique du revenu et il suffit de la

caractériser en opposant la possibilité de l'aménagement à la possibilité ordinaire qui à pour but de laisser la forêt dans le même état.

N° 110. — Des possibilités par contenance, par pieds d’arbres et par volume ne fournissent pas des résultats comparables. Or, quand on veut comparer les exploitations entre elles, ou établir la comptabilité d’une forêt pour en raisonner en connaissance de cause, on est obligé d’appliquer à la possibilité une commune mesure qui est le volume en mètres cubes pleins. On préfère naturellement cette évaluation du volume au stère qui exprime une marchandise et au mèêtre cube au quart ou au cinquième qui sont des manières conventionnelles et commerciales de mesurer, en certaines localités, les bois de service.

Exemples : 1° 30 hectares de taillis ordinaire, aménagés à 30 ans, ont pour possibilité un hectare de 30 ans. Cette coupe produisant 300 stères de rondin et de charbonnette à 2 stères pour 1 mètre cube, la mesure de la possibilité est 150 mètres cubes.

2 30 hectares de taillis sous futaie ont une possibilité de 1 hectare de 30 ans avec réserve de 60 baliveaux, 40 modernes et 10 anciens. La mesure de la possibilité sera 169 mètres cubes, ainsi détaillés :

20 modernes A410 300. E0 Ts. ômc 30/anciens à 0, 100 20 0m one 21 ggme 10 bis-anciens à 1200 PAU 12

LV UUE MANN RE ARE PAPCRGUES + + AAPRRSS CS CIE Le à . 87190

169mc

Il est souvent utile de rapporter à l’hectare la mesure de la possibilité, on obtient ainsi la production réelle dans les limites où la possibilité peut l’exprimer.

Dans les exemples ci-dessus la production de l'exploitation en taillis est, par hectare :

— me

PRODUIT EN MATIÈRE aa

Celle du taillis sous futaie

a — me à 30 — once 633

On peut distinguer la production due à la possibilité principale et celle provenant des produits intermédiaires dans les fo-

rêts qui comportent des éclaircies.

N° 111. — Le chiffre de la production par hectare est la note caractéristique de l’exploitation que le propriétaire doit avoir toujours sous les yeux pour se rendre compte de sa gestion et pour se décider en connaissance de cause aux améliorations qu’il y a lieu d'introduire, aux épargnes qu'on veut entreprendre et aux anticipations qu’on peut se permettre sans trop compromettre l’avenir.

Mais il importe de se rendre un compte exact de la signification de ce produit par hectare.

Nous avons vu qu’il y a lieu de distinguer la possibilité ordinaire, laissant l’immeuble dans le même état, de la possibilité de l'aménagement, qui a pour but de modifier l'intensité de l'exploitation. La même distinction doit être faite dans la production à l’hectare.

On veut, par exemple, rendre plus intensive l’exploitation ; ) P

du taillis sous futaie précédent ; on ne coupe que 5 anciens au lieu de 10 pour avoir dans l’avenir 5 antiques à réaliser. La possibilité temporaire de cet aménagement sera un hectare de taillis avec réserve de 115 arbres (60 baliveaux, 40 modernes, 10 anciens et 5 bis-anciens) et abandon de 55 arbres (20 modernes, 30 anciens, 5 bis-anciens). La mesure de cette possibilité

sera 163 mètres cubes.

2Dmodernes 4030000 re Lee: Ge anciens a 0.170022. 2.20. 21 5 5 nd 5 bis-anciens à 1,200............ 6 TS ts dau SMS dune aa Ne ee 8 à 130 163mc et par hectare "TEE omc 433

Après 30 ans, l'exploitation, rendue plus intensive, aura une

228 s PRODUIT DE L'EXPLOITATION

possibilité de 1 hectare de taillis avec réserve de 115 arbres (60 baliveaux, 40 modernes, 10 anciens, 5 bis-anciens) et abandon de 60 arbres (20 modernes, 30 anciens, 5 bis-anciens, 5 antiques).

La mesure de la possibilité sera 170 mètres cubes.

20 modernes à 0,300............ Gne 20 ancions 4 DHUU:7.. si RutE ee 21 Aer Bbis-anciens 41200. 12.40 :2mes 6 D'antiques:42,400..,..:02327e 12 L LÉ CI ITR pda D tape c fe in Te er ture à de ee NE 170mc La production par hectare :

Sue pnc 666

Cet exemple appelle une double observation :

La première est que l’économie à faire pour passer à une exploitation plus intensive est de

Dnc,633 — 5,433 — 0,200.

Il faut épargner par hectare et chaque année un cinquième de mètre cube pendant 30 ans pour constituer la nouvelle exploitation.

La seconde est que l’exploitation étant montée et établie à un revenu de 5 classes d’âge, la production par hectare ne sera pas sensiblement différente de celle qui était fournie par l’ancienne exploitation (n° 110) à 4 classes d'âge (5,666 et 5,633). C’est par la qualité des produits et par le revenu en argent que se manifestera l’amélioration de l’exploitation.

La raison en est fort simple : le bois est le produit des agents naturels ; ceux-ci n’ayant pas changé et le développement foliacé étant à peu près le même sur un terrain complètement garni de tiges, il est fort probable que la production ne varie pas sensiblement avec l’âge et la disposition des peuplements tant que la vie végétale se maintient dans ses conditions habituelles.

Cette double observation faite, on conçoit combien il

est utile que le propriétaire ait constamment sous les yeux pour se guider dans sa gestion les 3 chiffres suivants ramenés à l’hectare :

La production possible ;

La production de aménagement ;

Le produit réalisé.

La production possible est la mesure ramenée à l’hectare de la possibilité que comporte le mode de traitement de l'exploitation forestière sur le terrain et avec les essences de la forêt. On la calculera en appliquant la conception théorique de l’exploitation aux données locales et en s’éclairant de l’expérience des forêts voisines. Malheureusement, le peu de renseignements que nous possédons sur la marche de la végétation donnera toujours à cette détermination un caractère plus expérimental que scientifique. Peu importe, au surplus, puisqu'il ne s’agit que d’un renseignement destiné à éclairer la gestion. Il est des cas où le chiffre de la production possible devient un renseignement indispensable pour la bonne conduite d’une exploitation de forêt: dans les grandes futaies pleines où l'affectation des bois mûrs peut être formée par des parties plus ou moins riches en matériel, il est nécessaire de mettre la production possible en regard de la production de l'aménagement pour qu’on puisse savoir si la possibilité, telle qu’elle a été réglée pour celui-ci, demande trop ou trop peu à la forêt.

La production de aménagement est celle qui résulte de la mesure de la possibilité calculée en vue d’un but à atteindre, c’est-à-dire d’un aménagement projeté. Son caractère temporaire durera jusqu’à ce que le but poursuivi soit atteint et que l’exploitation soit constituée pour l’âge choisi. Cet état dure fort longtemps et la production de l'aménagement ne se confond avec la production possible que quand : ]° le but est atteint ; 2° on veut maintenir la forêt dans le même état.

Le produit réalisé est le résultat rapporté à l’hectare de toutes les coupes faites pendant l’année, coupes qui peuvent varier avec les besoins du propriétaire, les accidents et les circonstances imprévues.

Dans l'exemple précédent, la production possible peut être

fixée auchifire de: 27722 283 SR EEE bmc 633 La production de l'aménagement est de.,....... pme 433 La production réalisée varie chaque année ...... Mémoire.

Les deux premiers chiffres résultent d'évaluations et de calculs; ils figurent en tête des papiers de la gestion et de la comptabilité que doit tenir tout propriétaire soucieux de sa fortune, et désireux de s’intéresser à sa forêt. L’étude de cette comptabilité doit être un chapitre important de application de la théorie à la forêt réelle.

N° 112. — La production possible est-elle la même que la production réelle du sol? En d’autres termes, la production résultant de la possibilité spéciale à un mode d’exploitation atteint-elle un chiffre égal à la quantité de matière ligneuse réellement produite par tous les éléments de la forêt ? Cette question est très digne d'intérêt, elle a occupé et occupera, longtemps encore, l'attention des forestiers désireux de savoir si les procédés actuels de possibilité sont de nature à réaliser entièrement la production du sol quand l’exploitation est régulièrement constituée.

Il est certain que plusieurs modes de possibilité sont de nature à fournir au propriétaire {oute la production du sol et que la production possible est ainsi égale à celle de la forêt.

Quand on règle un taillis ordinaire à 30 ans, il est manifeste que la coupe du trentième de la surface assure chaque année au propriétaire tout l'accroissement annuel du matériel sans en rien excepter et qu'ainsi cette coupe réalise toute la

production réelle. La figure 25 démontre cet effet mieux que tout raisonnement.

Il en est de même quand on constitue une exploitation aménagée d'arbres sur taillis. La disposition de la figure 25 s'applique aussi bien à l'arbre qu’à l’hectare de coupe, car le sol occupé par les arbres est une surface constante prise sur la partie affectée à la coupe du taillis et dont il est facile d’évaluer la mesure.

Dans les exploitations de taillis ordinaire, de taillis sous futaie, de futaies étagées, et en général dans toutes celles où les arbres sont isolés par la main de l’homme, la production possible est bien égale à la production réelle; mais il n’en est pas de même dans les exploitations d’arbres isolés par la sélection naturelle, telle que le jardinage et le furetage; il y a un remplissage nécessaire qui grandit et s'accroît chaque année et dont les produits doivent être réalisés d’une manière plus ou moins approximative. La possibilité par pieds d’arbres, spéciale à ces forêts, ne permet que d’approcher plus ou moins de la production réelle, même quand lexploitation est composée, attendu qu’on est loin de connaître la marche de la végétation et notamment la loi du nombre des tiges naturellement produites.

Il en est de même des forêts de futaie pleine : la possibilité principale réalise assez exactement la production réelle des produits principaux, si le quartier qui leur est affecté est convenablement peuplé et déterminé ; mais la possibilité des éclaircies n’étant réglée que par contenance, il en résulte que les produits intermédiaires ne sont recueillis qu’au point de vue cultural et suivant des règles de pure appréciation.

La possibilité de ces coupes ne fournit donc la production réelle que d’une manière approchée et arbitraire ; on n’est jamais certain de recueillir le déchet normal causé par l’âge dans le nombre des tiges. La production due à la possibilité ne représente la production réelle que suivant des inspirations culturales toujours incertaines.

N° 113. — On s’est ingénié à remédier à l’imperfection des méthodes pour les forêts jardinées et même pour les forêts de peuplements plus ou moins irréguliers. De nombreux auteurs mus par un sentiment très louable ont cherché des procédés pour déterminer la possibilité dans le but de faire réaliser au propriétaire toute la production réelle de la forêt.

Nous ne pouvons entrer dans l’examen détaillé des différentes méthodes qui ont été proposées; il n’est pas inutile cependant d’en apprécier le système.

Naturellement c’est par une possibilité exprimée en volume que ces auteurs ont cherché la solution du problème. Ils se sont appliqués à déterminer exactement la quantité de mètres cubes qu’on doit exploiter pour réaliser complètement la production réelle.

Les différents systèmes qui ont été présentés avec plus ou moins d'art se résument dans une prescription dont voici le caractère général :

Comptez et cubez toutes les tiges de la forêt ; évaluez la quantité dont elle s’accroit chaque année, par exemple 1,000 mètres cubes (cette évaluation se fait, à titre provisoire, suivant les uns d’après le volume du matériel nécessaire à l’exploitation, suivant les autres d’après l'accroissement probable des arbres). Ce chiffre de 1,000 mètres cubes obtenu ainsi par une simple appréciation sera exploité chaque année suivant les indications culturales, mais au bout de 10 ans, par exemple, on compte et on cube de nouveau tous les arbres de la forêt; en réunissant le volume du début au volume exploité, et en lui comparant le volume de ce deuxième cubage, on déduit le taux de l'accroissement, on constate si la forêt est restée dans le même état, si elle s’est améliorée ou amoindrie.

On règle alors, mais cette fois en connaissance de cause, le volume de la coupe annuelle. On le réduit (soit 900 mètres cubes) ou on l’augmente (1,200 mètres cubes) selon qu’on veut améliorer l'exploitation ou la maintenir dans le même état. Chaque dix ans on recommence le même cubage de toute la forêt et on est ainsi en mesure d’apprécier exactement le but

poursuivi, à la condition toutefois de tenir une exacte comptabilité de tout ce que l’on coupe entre chaque inventaire.

Que des procédés de cette nature soient exacts et rationnels, nous ne saurions le méconnaïître, mais il est permis den relever les imperfections économiques :

1° Cette exactitude, cette sûreté de direction vers le but assigné à une exploitation ne sont acquises qu’au prix de coûteux inventaires, difficiles à pratiquer dans une grande gestion de forêt et à la condition d’une comptabilité difficile à tenir avec l’esprit de suite nécessaire. La simplicité désirable dans toute méthode de gestion n’est certainement pas réalisée ;

2° Cette possibilité par volume ne satisfait pas à la condition essentielle et nécessaire d’une bonne méthode; celle-ci doit constituer l’aménagement par son seul mécanisme ; elle doit, en d’autres termes, disposer les peuplements de telle sorte que, par le seul fait de la coupe régulièrement pratiquée, l'exploitation aménagée se trouve constituée ;

Qu'un propriétaire faisant ses coupes d’après ses seules inspirations soit désireux de se renseigner au bout d’un certain temps, sur l'effet de ces coupes, au moyen du cubage général de sa forêt, qu’il puise dans ce cubage des renseignements sur l’état de sa fortune et des appréciations pour l’avenir, rien de mieux ni de plus naturel! Mais on conviendra qu’il n’y a dans cette manière d’opérer qu'un procédé et non une méthode d'aménagement !

3° Il ne suffit pas de déterminer le volume dont la forêt s’est exactement accrue, il faut encore indiquer de quelle manière on le prendra, c’est-à-dire en quelles dimensions d'arbres le volume sera fourni et en quelle proportion il sera composé en bois des divers âges qui peuplent la forêt. Théoriquement, si tous les âges existent convenablement échelonnés suivant leur loi naturelle, il faudrait prendre la possibilité en bois de chaque âge et pour une fraction correspondante au nombre de tiges de chaque catégorie. Comme il est impossible d'arriver à cette exactitude théo-

rique, on est obligé de faire une hypothèse sur la proportion qui existe entre le volume des petits arbres, des moyens et des gros, par exemple :

50 pour 0/0 de gros bois,

30 — de bois moyens,

30 — de petitsbois, et de prescrire qu’on prendra chaque année la possibilité fixée (900 mètres cubes) autant que possible suivant cette proportion, sauf à la rectifier d’après les indications fournies par les inventaires ultérieurs.

Ainsi, voilà le résultat de tant de peines : on a fixé exactement l'accroissement, c’est-à-dire la production réelle, mais pour appliquer la possibilité qui en résulte, il faut substituer aux appréciations culturales des anciennes méthodes, une autre appréciation de la manière dont les arbres sont associés dans la nature. C’est déplacer la difficulté et non la résoudre. À chaque inventaire, en effet, Paccroissement pourra être modifié ; on aura trop ou pas assez perçu et, en fin de compte, on n’aura pas réalisé davantage la production réelle, ce qui était cependant le but du procédé.

On s’épuisera en efforts pour chercher la perfection sans jamais l’atteindre. Dans toute exploitation de forêts, il ya, en effet, la considération culturale qui ne peut s’évaluer mathbématiquement, car elle résulte seulement de l’observation des faits. Il faut laisser à la sylviculture la place qui lui convient, et limiter les écarts de sa pratique; on peut modifier aspect sous lequel on envisage les exigences culturales, on ne saurait jamais s’en affranchir et on ne s’écarte jamais sans péril des règles tracées par la longue expérience du passé. Il est donc bien probable que de longtemps encore les vieilles méthodes dictées par cette expérience resteront la règle des exploitations de forêts. Nous ne saurions toutefois blâmer des recherches conseillées par une légitime aspiration vers le mieux ;

elles seront toujours un intéressant sujet d’études pour les propriétaires ayant l’amour de la forêt.

ARTICLE 2, Produit en argent.

Nos114. — Rente de la forêt, définition.

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