r18de Tr'éclaircien.-.Me"HaNRr
50 produits annuels de 100 francs, .... 5000 »
La rente brute est par année moyenne DUO une et par hectare : 69° 20 La rente nette est obtenue en défalquant 50 années de charges à 150 francs, soit 7,500 francs.
173000 — 7500 — 165500 Elle est, ainsi, de:
165500 50 ans et par hectare : 66° 20
Il est évident que si la rente de l’exploitation aménagée exprime bien le véritable revenu annuel, celle de l’exploitation périodique ne correspond pas aux profits réels que l’exploitant en retire ; il faudrait, en effet, ajouter aux produits annuels (chasses et menus produits) les intéréts capitalisés et agir de même, mais en sens inverse, pour les charges. Ce sont des annuités qui doivent entrer par le calcul de leur montant dans le produit perçu. Les produits d’éclaircies devraient également être grossis de leurs intérêts si on voulait calculer les sommes réellement produites au propriétaire par l’exploitation périodique : mais il ne s’agit pas d’un pareil calcul, on cherche uniquement la production en argent fournie par année moyenne en produits forestiers et non en résultats de placements. La rente par année moyenne n’a pas d’autre signification, et à cet égard, elle doit être égale à la rente annuelle de exploitation aménagée.
Le calcul de la rente donne lieu à la même observation que celle faite au n° 99, pour la production en matière ; il doit s’effectuer sur la durée de l'exploitation et non sur le temps pendant lequel les produits ont été acquis.
N° 115. — Nous avons vu que la production en matière est à peu près constante dans les forêts, quel que soit l’âge
de l’exploitation. La rente par hectare augmente au contraire toujours avec l’âge, en d’autres termes, la production moyenne en argent va constamment en augmentant à mesure qu'on avance l’âge d’exploitation.
Voici des produits principaux relevés dans des pineraies du centre de la France avec les rentes correspondantes :
20 ans produit 450f » rente 22° 50 30 — — 900 » — 30 »
Cette augmentation graduelle de la rente est la caractéristique des exploitations forestières : plus celles-ci sont intensives, plus elles fabriquent des marchandises meilleures et plus utiles. Cela tient à ce que le prix d’un mètre cube de gros bois fournit des produits plus variés et plus considérables que le même volume en petit bois. La forêt continue à fabriquer tous les ans le même volume de matière, mais ce volume se vend chaque année à un prix plus élevé.
La statistique forestière dressée en 1878 constate que la rente des forêts de l’État est en moyenne de 40 fr. 25 par hectare. Ce chiffre n’est qu’une moyenne composée de toutes les forêts les plus diverses.
La rente dépasse notablement cette moyenne dans les conservations du Nord et de l'Est (Amiens, 89 fr. — ÆEpinal, 71 fr. — Nancy, 58 fr.). Par contre, la rente s’abaisse au-dessous de la moyenne dans les forêts du Midi; elle tombe au-dessous de 5 fr. par hectare et par an dans 6 conservations formant 16 départements (Zowlouse, Pau, Bordeaux, Ajaccio, Chambéry, Nice). Cet abaissement de la rente tient non seulement à ce que les exploitations sont réglées à des âges plus faibles que dans le Nord, mais en outre, à ce que les forêts livrées au
pâturage sont en mauvais état ou situées en des régions mal outillées en moyens de vidange. On voit quel vaste champ d’améliorations s’offre de ce côté aux patriotiques efforts des forestiers.
N° 116. — L’augmentation de la rente avec l’âge n’est vraie, comme loi économique, que lorsque les moyens de vidange et l’outillage industriel de la localité sont capables d'assurer aux produits forestiers toute leur valeur d’utilisation.
En effet, lorsqu'on examine le prix auquel on vend 1 mètre cube de bois, on remarque bien vite que plusieurs éléments interviennent pour le fixer et qu’il y a des lois pour la valeur comme il en existe pour tous les faits économiques.
En principe, plus le bois dont le mètre cube est formé a de fortes dimensions, plus on en retire de marchandises précieuses (grosses poutres, larges planches, etc.) et plus on en obtient de marchandises de débit ordinaire (sabots, merrains, chevrons, etc.), et, enfin, plus les déchets de fabrication sont diminués : c’est la Zoi de l’utilisation.
Or, il s’en faut que celle-ci soit toujours la règle du prix.
Ici, les voies de vidange et les moyens de transport manquent ; les voitures et les attelages du pays ne sont pas assez forts pour sortir les grosses pièces de la forêt. Le mètre cube en arbres de 0",70 ne se paiera pas plus au propriétaire que le même volume en arbres de 0",50 de diamètre ; il deviendra plus coûteux à l’acheteur et parfois même il sera dédaigné : c’est la loi du transport qui agit en sens inverse de la loi d'utilisation.
Ailleurs, les moyens de débiter le bois sont peu perfectionnés ; les scieries ne sont pas disposées pour la fabrication des charpentes équarries à vives arêtes; tous les arbres sont débités en planches de longueur uniforme :
c’est la loi des débouchés qui fait encore obstacle à celle de Putilisation.
Là, enfin, le commerce des bois est mal établi ou exercé par quelques marchands qui s’entendent entre eux. Les forêts sont trop peu importantes dans la région pour donner naissance au grand commerce : c’est la Zoi de la concurrence qui produit encore le même effet, car il est digne de remarque que les bois ont le plus de valeur dans les pays les plus riches en forêts.
Sans doute, ces divers obstacles à 1a loi de l’utilisation économique sont temporaires ; le progrès est en tout, mais le propriétaire doit compter avec tous les faits et régler son exploitation suivant ces données locales, sauf à tenir compte des circonstances qu’il est en sa puissance de modifier, telles que la viabilité et les moyens de transport.
N° 117. — Combien rapportent les forêts dans telle localité ?
Voilà une question qui est posée bien souvent et à laquelle les explications précédentes montrent qu’il est à peu près impossible de répondre si l’âge d’exploitation n’est pas indiqué.
Un forestier exercé, connaissant le terrain et les essences qui peuplent les forêts, pourra toujours dire avec assez d’approximation que les forêts produisent, par exemple, 5 mètres cubes par hectare et par an. L’âge auquel on exploite les forêts influe peu sur la production en matière.
Mais les forêts qui sont capables de produire 5 mètres cubes par hectare peuvent rapporter 15, 20 ou 25 francs par hectare et par an si l’âge d’exploitation ne permet d’obtenir que de la charbonnette et du rondin. De pareilles différences dans la production en argent se manifestent dans les plus modestes taillis qu'un observateur su-
perficiel pourrait considérer comme équivalents ; à plus forte raison, la rente varie-t-elle dans des proportions énormes lorsque l’âge d'exploitation devient considérable, le prix du mêtre cube pouvant varier de 3 à 50 fr. pour les bois dechêne de chauffage ou de service. Il est donc indispensable, quand on veut répondre à la question qui nous occupe, de se rendre un compte exact de la nature des essences et surtout de l’âge auquel les forêts sont habituellement exploitées.
Cette observation montre également que lorsqu'on indique la production d’une forêt, il est inutile de préciser l'âge de l’exploitation, mais l’indication de cet âge est absolument nécessaire pour se rendre compte de la rente et pour comparer entre elles les exploitations dont on veut apprécier la valeur.
N° 118. — Certains auteurs forestiers ont appelé rente la relation qui existe entre le produit et le capital ; ils ont confondu la rente (revenu en argent) avec le {aux de la rente (rapport du revenu au capital).
La valeur capitale des forêts de l’Etat (986,843 hectares) a été estimée, en vertu de la loi de finances du 29. décembre 1873, à la somme approximative de 1,262,000,000 ; il en résulte que la valeur moyenne de l’hectare est de 1,280 francs; si on compare à ce chiffre la rente brute, 40 fr. 25 c., constatée par la statistique de 1878, on voit que le taux de la rente est de 3 fr. 15 c. pour 100 fr.
Le taux de la rente n’est pas autre chose que le {aux de placement des fonds engagés dans l’exploitation (n° 122). Cette confusion entre la rente et le taux du placement a amené les plus grandes erreurs, quand il s’est agi d’apprécier les écrits de ceux qui donnaient à la rente son sens économique. Ainsi, on a souvent mal compris, en France, le conseil donné par certains auteurs allemands d’exploi-
ter les forêts de l’État à l’âge qui fournit la plus grande rente, c’est-à-dire le plus grand revenu annuel possible, ou le plus grandrendement enargent: jamais ces auteurs n’ont engagé à exploiter à l’âge qui assure le plus haut taux de la rente; jamais ils n’ont cherché que la rente absolue et non la relation du revenu au capital : engager les forestiers de l’État à faire produire aux forêts le revenu en matière qui est le plus avantageux par son prix et qui assure ainsi le #4aximum d'utilité est certainement le conseil économique que les forestiers français ont donné euxmêmes; on avait critiqué sans s'être entendu sur la définition de la rente.
N° 119. — On demande à quel âge il faut exploiter une forêt pour obtenir le plus grand revenu enargent, c’est-àdire la plus grande rente ?
Ce problème sur l’âge d’exploitation a la même solution, qu’il s’agisse d’une forêt aménagée ou d’une exploitation périodique ; car le revenu en matière n’est autre que la production moyenne annuelle ou la production par année moyenne (n° 102). Il en est de même pour le revenu en argent, c’est-à-dire pour la rente forestière.
Or, à mesure que l'arbre et le peuplement avancent en âge, les tiges acquièrent des dimensions plus fortes ; le mètre cube, rendant plus de services, se paye plus cher ; la rente forestière augmente continuellement avec l’âge tant que le bois reste sain.
Exemples : 1° les chênes dont nous avons relevé les volumes (n° 100), ont été estimés dans la même expertise aux prix ci-dessous.
En divisant le prix de l'arbre par son âge, on obtient la rente de l’arbre, abstraction faite du terrain occupé :
30 ans 0f 35 rente 0f 011 60 — 2 60 — 0 043 90 — 134 LS — 0 144
PRODUIT EN ARGENT 243 150 ans 976 » rente 0f 507 180 — 15 ARE HORS RUE 204 » AA TA 7.2 11 298 » 117240
2° Les peuplements de sapin relevés par M. Lorey ont été estimés de la manière suivante, par hectare :
20 ans 90f » rente 450 30 — A0 A CU 40 — 630 » =+:16':5»
L’inspection de ces tableaux montre qu’il n’y a pas de maximum dans la rente et que le revenu le plus considérable en argent correspond à l’âge le plus avancé, tant que le bois reste propre à tous les usages.
Examinons d’abord les forêts de peuplements : il est certain que le #azimuwm de la production en matière ne correspond en aucune façon au #azimuwm du produit en argent. En d’autres termes, la diminution de production ligneuse qu’on à constatée dans les peuplements et qui, dans l’exemple ci-dessus, se manifeste à partir de 120 ans (n° 100) n’est pas assez considérable pour influer sur l’aug- . mentation de qualité et de cherté produite par un âge plus avancé. Mais cette augmentation graduelle de la rente n’existe qu'à une double condition: 1° le prix du mètre cube doit augmenter graduellement et sans soubresauts ; 2° la forêt doit être assez bien outillée en moyens de transport et de débit pour que les gros arbres reçoivent toute leur valeur d'utilisation.
1° Dans les environs d’une mine, les bois de 35 ans se
vendent 15 fr. le mètre cube en étais de mine ; on constate que la dimension la plus favorable pour cette marchandise est obtenue vers 35 ans ; au delà de cet âge, le bois devient trop gros et ne se vend plus que comme chauffage, à 12 fr. le mètre cube.
Une forêt qui rapporte 4 mètres cubes par hectare et par an fournit ainsi, à 39 ans, une rente de 60 fr. par hectare, tandis qu’à 40 ans la rente s’abaisse à 48 fr.
2 Dans certaines localités, l'arbre perd de son prix quand sa dimension ne permet pas de le sortir de la forêt ou quand les modes de débit ne lui assurent pas dans le pays un emploi suffisant. En Algérie, les Arabes n’estiment que l'arbre qu'ils peuvent couper avec leur couteau; dans les Pyrénées, des hêtres magnifiques ont été abandonnés sur le terrain faute de moyen de les utiliser en charbon, et, sans aller jusqu’à ces extrêmes, il n’y a pas bien longtemps que dans le Jura, un sapin de 0®,70 de diamètre se vendait moins cher que celui de 0,60, à raison du mauvais état des scieries.
Il est certain que le maximum de la rente sera obtenu dans ces deux exemples à une époque bien antérieure à la maturité des peuplements; mais cet état ne sera que {emporaire et cessera, soit par le seul effet du temps, soit par la création d’un bon outillage forestier. Qu’on laisse vieillir, en effet, la forêt qui produit un si bon rendement en étais de mine, le prix du mètre cube, après avoir fléchi un instant, ne tardera pas à augmenter quand les arbres seront capables de fournir d’autres marchandises recherchées (échalas, traverses, merrains, etc.) et le véritable maximum de la rente finira par se rencontrer à l’âge le plus avancé. Qu'on améliore les accès de la forêt de montagne pour permettre aux solides chariots d’aborder les . coupes, qu’on installe dans les vallées des industries à débiter le bois et les gros arbres dédaignés à cause de leur poids prendront vite toute la valeur dont ils sont susceptibles ; le maximum de la rente sera ainsi reculé à l’âge de la maturité des arbres et la règle générale que nous aurons posée recevra Sa confirmation.
En ce qui concerne les exploitations d'arbres isolés, le
maximum de la rente n’apparaît aussi qu'à l’âge le plus avancé, quand les conditions de la végétation sont régulières et quand les accidents temporaires ne viennent pas y faire obstacle.
Il est évident qu’une exploitation d’arbres réglée à 240 ans, fournissant une production par année moyenne de 1 fr. 24, est plus avantageuse que celle qui permettrait de couper l'arbre de 60 ans 4 fois en 240 ans, car on n’aurait jamais qu’une production de 0,04 par année moyenne. En d’autres termes, celui qui laisse vivre un chêne pendant 240 ans percoit 298 fr. ; celui, au contraire qui abat l’arbre 4 fois en 240 ans ne recueille dans le même laps de temps que 2 fr. 60 >< 4 — 10'40.
Entre de pareils extrêmes, la différence de rente est trop considérable pour qu’il y ait le moindre doute à l’égard de l’âge qui assure le produit pécuniaire le plus considérable ; mais si on considère des époques voisines dans la vie de l’arbre, par exemple 210 ans, où la rente est de 0 fr. 97 et 240 ans, où elle est de 1 fr. 24, on peut se demander s’il n’arrive pas un moment où la couche concentrique annuellement fabriquée diminue assez d’épaisseur pour que l’augmentation de prix ne suffise pas à compenser l’abaissement de production ligneuse. Il y aurait alors un maximum de rente avant l’âge de la complète maturité de l’arbre. Nous pensons que ce cas est plus théorique que pratique, c’est-à-dire que la couche annuelle devrait être réduite à une épaisseur extrémement faible etque le plus habituellement, pour ne pas dire toujours, la rente augmente constamment avec l’âge dans les exploitations d’arbres isolés chaque fois que la végétation suit sa marche naturelle.
Si on se reporte à l’exemple des chênes ci-dessus, il faut noter qu’on fait abstraction du sol occupé et que le terrain ne leur est jamais ménagé.En rapportant à l’hectare la production argent,on est certain que quatre suites aménagées de 1 à 60 ans occupent une surface bien moindre qu’une suite de 1 à 240 ans; mais si on connaissait ces surfaces,
c’est-à-dire si on possédait des données expérimentales sur le couvert des arbres, il est très probable qu’on constaterait que les choses se passent comme pour les peuplements et que le maximum du produit-argent n’arrive qu’à la maturité, c’est-à-dire à l’âge le plus avancé où le bois de l’arbre reste sain. Cette maturité est l’époque de la plus grande rente, sauf les cas exceptionnels où le maximum est atteint {emporairement avant qu’elle soit arrivée.
N° 120. — Ilest très naturel qu’une commune ou un particulier règle son exploitation à l’âge qui lui assure en fait la rente la plus élevée, soit que ce maximum de la rente provienne de la plus-value notable et temporaire d’une marchandise spéciale, soit qu’il soit dû à un défaut de l'outillage de la localité, comme cela arrive dans les deux exemples du numéro précédent. Le propriétaire particulier aurait bien tort de reculer le terme de son exploitation et d’attendre de l’avenir des prix aussi avantageux que ceux qu'il trouve à un âge plus faible. Il n’est pas maître d’améliorer les conditions de viabilité du pays où sa forêt est située ; il sera encore temps de modifier l’âge d'exploitation quand les conditions du marché ou de la viabilité auront changé.
L'État propriétaire de forêt aurait peut-être tort d’agir comme le particulier et d’arrêter son exploitation au terme d’un maximum accidentel de la rente. S'il possède, en effet, une forêt dans une région de mines où les bois d’étais se vendent plus cher que le bois de chauffage, les forêts de particuliers fourniront le plus souvent lapprovisionnement nécessaire à la mine. Les bois de plus fortes dimensions que l’État fabriquera, en reculant le terme de l’exploitation jusqu’à l’âge le plus avancé, sont susceptibles d'utilisations plus variées et plus nécessaires à ensemble de la population. Il n’est pas naturel que la forêt doma-
niale, destinée par sa nature aux besoins généraux du travail national, soit affectée, en quelque sorte, à aider les besoins particuliers d’une industrie locale; alors surtout que la production de bois plus âgés fournit une rente plus élevée à la bourse commune. Des exemples pourraient être cités dans des départements où l’industrie du fer au bois donnait une forte valeur à la charbonnette. L'État a pu se laisser entraîner à favoriser ces forges et à profiter lui-même de cette plus-value en exploitant ses forêts en taillis à courts termes. Aujourd’hui que les forges au bois ont disparu, les produits de ces forêts ne se vendent plus et 11 faut les exploiter à un âge plus avancé. On aura ainsi perdu sur les taillis et il faudra se résigner à de longues épargnes pour avoir favorisé une industrie locale et avoir cherché un maximum accidentel de rente. Celui-ci n’a amené qu’un préjudice à la bourse commune et aux intérêts du travail général.
Quant aux forêts des régions inabordables où le manque de chemins empêche la valeur de se créer, l’État a les ressources nécessaires pour développer la viabilité; son devoir social l’y oblige en quelque sorte. Il aurait tort d’abaisser l’âge d’exploitation et de sacrifier des ressourses précieuses en gros bois par la raison qu’on ne peut en tirer pour le moment toute l'utilité possible. C’est à lui à créer la valeur là où elle n’existe pas encore et à régler ses exploitations de bois en vue de cet état futur, qui seul assurera au public lutilité et le prix dont les produits forestiers sont susceptibles.
Concluons donc, qu’à moins de circonstances tout à fait exceptionnelles, le terme d’exploitation qui convient à l’État est celui de l’âge le plus avancé tant que le bois reste sain, parce que cet âge lui fournira le maximum de la rente, sinon immédiatement, au moins dans l'avenir. En principe, l’État doit exploiter ses forêts à l’âge qui fournit la plus grande rente ; ce maximum de la rente est
en général atteint à la maturité des arbres, c’est-à-dire à l’âge le plus avancé où le bois reste sain. Quand cet âge ne fournit pas ce maximum de rente, il ny a qu'à développer dans la localité les moyens d'assurer aux produits forestiers leur plus grande utilisation, pour que le prix qui en résulte assure à l'exploitation le revenu pécuniaire le plus élevé, et par suite la plus grande utilité au pays.
N° 121. — Le chiffre de la rente produite chaque année par l’exploitation forme un renseignement très utile au propriétaire et indispensable à la gestion d’un ensemble de forêts.Il permet les comparaisons d’une année à l’autre, il éclaire sur les améliorations à introduire, indique leurs effets et montre les progrès de l’exploitation.
Ramenée à l’hectare,la rente devient le meilleur élément d’information pour le contrôle de la régie d’un vaste domaine forestier.
Que la comptabilité tenue par l’agent régisseur d’une forêt se termine chaque année par le produit par hectare en matière et en argent, par exemple :
Que ces chiffres soient chaque année envoyés à la direction chargée de la gestion générale et, immédiatement, sans aucune hésitation, on se rendra compte des écarts dans le rendement et des points où il faut porter les dépenses: celles-ci doivent aller de préférence aux forêts les plus mal rentées et non à celles où la valeur est bien assise.
Le produit en matière indiquera si on ne demande pas trop à la forêt, si les prévisions d’un aménagement qu’on veut rendre plus intensif sont exactement suivies et dans quelles limites les écarts sont tolérables, Le produit en argent fournira des renseignements sur les prix
obtenus par la gestion et sur les effets des améliorations faites dans l'outillage de la forêt. Dans les papiers de la gestion, c’est-à-dire dans les plans d'exploitation, on trouvera,pour éclairer le contrôle, le chiffre de la production réelle et celui de la production due à la possibilité qui à été établie en vue d’un aménagement déterminé et ordonné. Les mêmes actes contiendront également le rendement pécuniaire espéré de l’aménagement. C’est à ces documents que seront comparés les produits réalisés en matière et en argent par les agents de la gestion. C’est par ces chiffres que la direction du domaine aura le meilleur et le plus sûr élément de sa vérification.
Nos 122